Quatre jeunes condamnés pour avoir roué de coups un homme sur un point de vente de drogue à Marseille

La cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône a condamné vendredi quatre jeunes à des peines de cinq et six ans de prison pour avoir roué de coups un homme sur un point de vente de drogue à Marseille, pensant qu'il avait parlé à la police.

Le 18 septembre 2018, Mathieu, alors âgé de 23 ans, avait été frappé par un groupe d'une vingtaine de jeunes au pied d'une tour de la cité Air Bel dans les quartiers Est de Marseille.            

Pris sous une avalanche de coups de pied et de poing, le jeune homme avait également reçu une dizaine de coups de couteau qui lui ont valu de subir une amputation de la jambe sous le genou.            

Originaire de l'Oise, Mathieu était venu quatre mois plus tôt à Marseille pour travailler dans un supermarché. Mais, le jour même de son arrivée, il avait été interpellé sur un point de vente de drogue par des policiers alors qu'il fumait un joint au côté d'un charbonneur (revendeur) qui avait réussi à prendre la fuite. Sur place, était retrouvé une sacoche contenant 440 grammes de résine de cannabis, huit pochons de cocaïne et 160 euros.            

Si Mathieu arrivait à convaincre les enquêteurs qu'il ne faisait pas partie du réseau et ressortait au bout de quelques heures seulement de garde à vue muni d'une convocation chez un délégué du procureur, il n'en était pas de même dans la cité.            

Retournant sur le point de deal pour assurer les gérants du réseau de son silence, il avait été entouré par une vingtaine de jeunes mettant en doute ses dires. "C'est un gros mytho, comment il peut ressortir quatre heures après, avec une sacoche", lançait un garçon qui comptait parmi les cinq accusés .

N'ayant pas pris part au déferlement de violences, il a été acquitté.             

Mathieu avait dû son salut à l'arrivée des marins-pompiers alertés par des riverains.            

Les avocats des cinq accusés, âgés au moment des faits de 16 à 19 ans, ont pointé "les déclarations évolutives" de la victime, dénonçant une enquête lacunaire.            

"Il n'y a aucune constatation réalisée sur place, aucune trace ADN relevée, aucune analyse des traces de sang. C'est une enquête bâclée", a estimé Me Pierre Bruno, défenseur du plus jeunes des accusés, désigné comme ayant donné trois coups de couteau.            

Représentant la victime qui, toujours terrorisée, n'a pas assisté aux débats Me Thibault Laforcade a souligné que Mathieu vit depuis sa sortie d'hôpital dans un appartement non équipé pour son handicap, alors qu'il n'a toujours pas pu être convenablement appareillé.

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