REPLAY. Départementales 2021 : ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats du canton d'Aix 2

Gauche et droite arrivent en ordre dispersé pour le canton d'Aix 2 (Bouches-du-Rhône). 7 binômes sont en lice, de la France insoumise au Rassemblement national, espérant remporter les deux sièges mis en jeu dans le sud de la ville. Transports et politique sociale sont au menu de ce débat.

Sept listes sont en lice pour cette élection dans le canton d'Aix 2, qui englobe les quartiers sud de la ville
Sept listes sont en lice pour cette élection dans le canton d'Aix 2, qui englobe les quartiers sud de la ville © FTV

De la France insoumise au Rassemblement national, toutes les couleurs politiques sont représentées dans le canton d'Aix 2, dans lequel sont inscrits plus de 40.000 électeurs. Les candidats qui remporteront l'élection siègeront au conseil départemental des Bouches-du-Rhône, composé de 58 élus répartis sur 29 cantons.

Sa présidente actuelle Martine Vassal (LR), également à la tête de la Métropole d'Aix-Marseille, a été élue en 2015 et se présente cette année dans le canton Marseille 10. Bien implantée localement, elle s'est fait challenger lors des élections municipales 2020, qu'elle a perdu au profit de la coalition de gauche du Printemps marseillais. 

En 2015, c'est le binôme composé de Danièle Brunet (UDI) et Jean-Marc Perrin (LR) pour l'union de la droite qui l'avait emporté avec 68,91% des voix dans ce canton, situé au sud d'Aix-en-Provence. Il se représente cette année avec une nouvelle alliance, qu'il a formée avec une colisitère de la République en marche.  

Qui sont les candidats ?

Jean-Marc Perrin, conseiller général sortant toujours encarté chez les Républicains, a donc constitué un binôme avec Laurence Angeletti, qui fait partie de LREM. A l'image de certains candidats sur la liste de Renaud Muselier pour les élections régionales, elle pourrait rejoindre une majorité départementale ancrée à droite. 

Francis Taulan et Karima Zerkani-Raynal, absents pour ce débat, représentent de leur côté une union du centre et de la droite, investie par la tête de liste départementale Martine Vassal. De quoi rajouter de la confusion pour les électeurs de droite, d'autant que Jean-Marc Perrin revendique ses "liens d'amitié" avec la présidente sortante. 

Pour compléter l'échiquier politique à droite, Nathalie Chevillard et Yannick Decara ont été investis par le Rassemblement national, qui assume ne pas chercher d'alliances pour ces élections mais plutôt de "l'action". 

A gauche, Pierre Spano et Eva Talha portent une union de plusieurs partis, rassemblant PS, PCF, EELV ou encore Génération.s. "Avec les écologistes, on a une chance de gagner ce canton et de faire basculer le département à gauche", espère Eva Talha, regrettant cependant que la gauche se présente en ordre dispersé. 

Pour LFI, Guillaume Dalla Costa et Anne-Sophie Herrewyn, font en effet cavaliers seuls hors de cette alliance. Ce que regrette le candidat du tandem : "Il y avait une démarche unitaire large [...] mais à un moment donné, la négociatrice nationale d'EELV a considéré que la France insoumise était trop à gauche pour discuter", justifie-t-il. 

Outre ces binômes, on retrouve aussi Odile Miribel et Dominique Sassoon, qui mènent une candidature dissidente pour les écologistes, comme ce fut déjà le cas lors des élections municipales. Rodolphe Castel et Nadine Lemoine complètent enfin le panel de candidats, portant une liste estampillée "divers". 

Politique sociale dans les quartiers sud d'Aix

Les dépenses liées aux politiques sociales (allocations sociales, handicap, vieillesse...) représentent plus de la moitié du budget du département des Bouches-du-Rhône.

Jean-Marc Perrin, candidat du binôme LR-LREM, s'appuie sur son bilan de conseiller général, expliquant avoir "sorti 8.000 personnes du RSA avec des dispositifs accélérateurs d'emploi", qu'il veut encore renforcer. 

Eva Talha, de la gauche écologiste et citoyenne, estime au contraire que tous les moyens ne sont pas mis en oeuvre au niveau du département."Il y a 6.000 demandes de logements sociaux en attente [...] seulement quatre éducateurs spécialisés, alors que les problèmes de délinquance ne cessent d'augmenter", déplore-t-elle 

Les "quartiers oubliés de la République" existent aussi dans le canton d'Aix 2, rappelle Guillaume Dalla Costa (LFI), malgré l'image de ville bourgeoise qui existe dans les imaginaires. Il ambitionne de "ramener de l'humain" dans ces lieux, et propose notamment de réinstaurer la gratuité des transports publics pour les allocataires du RSA.

Yannick Decara (RN), enfin, insiste sur deux points de son programme : l'insertion des personnes handicapées dans les politiques sociales, avec la création de cliniques spécialisées pour les personnes atteintes de "maladies mentales" et la suppression des allocations pour les familles d'enfants délinquants. Une mesure que la candidate de gauche qualifie de "discrimination".

Transports et mobilités

Un autre sujet mobilise tout particulièrement les candidats d'Aix 2 : les transports, et notamment l'encombrement routier sur la RD9, qui relie le centre d'Aix, la zone des Milles, la Duranne et la gare TGV. Un axe fréquenté par 100.000 véhicules par jour, et fortement encombré aux heures de pointe. 

"Différents quartiers se sont construits et raccordés à cet axe, mais les réseaux de transport qui auraient dû être bâtis n'ont pas été mis en place", déplore Guillaume Dalla Costa (LFI).

Peu importe leur couleur politique, tous les candidats ont reconnu la nécessité de sortir du "tout voiture", et de proposer un plan de transports en commun efficace pour désengorger cet axe. Le sortant Jean-Marc Perrin pour LR-LREM revendique ainsi la création de voies de bus sur cette départementale, qu'il veut encore compléter avec un service de bus à haut niveau de service (BHNS) ou de tramway-train. 

Eva Talha, de son côté, propose de renforcer la ligne de train Aix-Rognac, tout en accélérant le développement de parcs relais aux abords des villes. 

Comme elle, Yannick Decara (RN) regrette ce qu'il qualifie "d'abandon" du plan vélo adopté par la municipalité, qui était revenue sur le tracé de 13 kilomètres de pistes cyclables à la sortie du confinement au printemps 2020.

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