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La fondation Luma expose à Arles 12 maisons de Jean Prouvé, architecte des jours meilleurs

Les maisons démontables de Jean Prouvé
La fondation Luma à Arles présente une exposition des maisons démontables de l'architecte Jean Prouvé.  - Hélène Bouyé et Melior Mouamma

La fondation Luma à Arles expose douze maisons préfabriquées et démontables, créées entre 1939 et 1969 par Jean Prouvé qui rêvait de construire des maisons à grand échelle pour résoudre le problème des mal-logés. 

Par avec AFP

Douze maisons préfabriquées et démontables, créées par Jean Prouvé entre 1939 et 1969, sont exposées à la fondation Luma à Arles, ce qui en fait la plus importante présentation en un même lieu de ces constructions provisoires.

Habitat d'urgence


Jean Prouvé, qui préférait se définir comme un "constructeur" plutôt qu' un architecte,  voulait bâtir "des maisons en grande série comme Citröen l'a fait pour l'automobile"  afin de loger, disait-il, les "millions de sans logis" de l'après Seconde guerre mondiale.
Au moment où "l'Europe fait face à une crise migratoire majeure, la notion d'habitat d'urgence relève d'une grande actualité", dit Maja Hoffmann, fondatrice et présidente de la fondation Luma, à Arles.
Baraquement militaire, école, habitation, station service...les maisons de Jean Prouvé étaient destinées à être construites à échelle industrielle, à 2.000 ou 3.000 exemplaires.

Construites à deux en quelques heures


Elles obéissaient à trois impératifs : une construction rapide en quelques heures, effectuées par une ou deux personnes, démontable et transportable. "Elles sont toutes sur le même modèle. Quand vous en avez compris un, vous les avez compris tous", dit l'architecte américain Mark Wigley, spécialiste de Jean Prouvé.

Prouvé "fait le contraire d'une maison normale : au lieu de monter d'abord le mur puis faire le toit, on n'a pas de murs", précise M. Wigley. La maison s'ordonne autour d'un support central métallique, les murs "sont juste des panneaux pour protéger des intempéries", explique l'architecte. 

Un prototype pour l'abbé Pierre


A la fondation Luma, deux maisons sont à l'extérieur, à proximité" de la tour en construction de l'architecte Franck Gehry : le prototype créé pour Ferembal, une entreprise d'emballage de Nancy datant de 1948 et l'école de Villejuif construite en 1957. Dix autres sont présentées à l'intérieur de la grande halle de la fondation, dont la célèbre "maison des jours meilleurs", commandée par l'abbé Pierre pour abriter des sans-abris après le terrible hiver 1954.

La maison n'a jamais été construite, restant à l'état de prototype. Une cheminée servait à la fois pour extraire les vapeurs de l'espace salle de bains, situé au milieu de l'habitation, et les fumées de la cuisine qui lui est contigüe. Non conforme diront les services d'homologation qui la refuseront.

Prouvé "ne cherchait pas à ce que son nom soit cité dans les magazines, mais que son expérimentation perdure", précise encore M. Wigley pour lequel Prouvé "a la signature esthétique la plus forte de tous les designers du XXe siècle".

Exposition "Jean Prouvé architecte des jours meilleurs", Fondation Luma, Arles, jusqu'au printemps 2018.

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