REPLAY. Départementales 2021 : ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats du canton d'Arles

Cinq binômes vont s'affronter au premier tour des élections départementales dans le canton d'Arles le 20 juin prochain. Aucune liste de la majorité actuelle n'est représentée, deux listes de gauche et une du centre sont face au Rassemblement National et une liste écologiste.

Quatre des cinq représentants des listes du premier tour des départementales pour le canton d'Arles se sont opposés lors de ce débat.
Quatre des cinq représentants des listes du premier tour des départementales pour le canton d'Arles se sont opposés lors de ce débat. © FTV

Le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône est composé de 58 élus répartis sur 29 cantons. Martine Vassal (LR) a été élue le 2 avril 2015 à la présidence du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône. Elle se présente en 2021 dans le Canton Marseille 10.

Focus aujourd'hui sur le canton d'Arles. 

En 2015, Martine Vassal obtenait 30,65 % des suffrages au premier tour avec la liste UMP. De son coté, le parti socialiste emmené par Frédéric Vigouroux rassemblait 24,86 % des voix derrière le Front National crédité de 33,51 % des suffrages.

A l'issue du second tour, le Parti communiste obtient 4,2% des voix et remporte 4 sièges, 7,7% pour le Parti socialiste avec 8 sièges, 6,2% pour l'Union de la gauche avec 6 sièges, 4,7% pour Divers gauche avec 6 sièges, 38,0% pour l'Union de la droite avec 32 sièges, 39,2% pour le Front national avec 2 sièges. 

Les candidats

Cinq binômes se présentent aux départementales dans le canton d'Arles :

Actuellement, sont élus au département, Nicolas Koukas et Aurore Raoux, étiquetés PCF sous cette mandature.

Ils se présentent à leur propre succession sous la bannière du Rassemblement de la gauche avec 12 formations politiques différentes, dont EELV.

Au début du débat, Mme Aurore Raoux (UG) est revenue sur le fait que sa liste d'Union de la gauche, un rassemblement de 12 mouvements et partis politigue de gauche et écologiste n'englobe pas la France Insoumise.

Conseillère départementale sortante, Aurore Raoux assure avec son binôme Nicolas Koukas, les forces en présence à gauche. "Il y a eu une volonté de se rassembler pour se donner le plus de chances possibles de réaliser la bascule à gauche du département et de pouvoir mener d'autres politiques publiques, nous n'avons pas d'autres adversaires à gauche."

Des propos qui ont fait bondir en face d'elle, son adversaire politique, Laurent Roussel (FI) qui préfère le terme de concurrent à adversaire.

"On a des idées un peu plus marquées. Du point de vue de la campagne, on voulait faire campagne commune sur les régionales et les départementales, mais les appels concernant l'union de la gauche, venant de toutes parts tout sauf la France Insoumise, a produit ses effets." 

La candidate du centre, Mandy Graillon a déjà annoncé le soutien du centre à Martine Vassal.

"C'est une candidature de proximité que nous portons, avec les trois maires des communes qui composent ce canton, Martial Alvarez, maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Patrick de Carolis, maire d'Arles et Christelle Aillet maire des Saintes-Maries-de-la-Mer, nous voulons être élus au conseil départemental pour porter les dossiers de notre territoire quelque soit le ou la présidente."

Elle a ajouté ne pas être encartée ni son binôme Martial Alvarez chez Les Républicains mais "ils saluent le travail effectué par la mandature actuelle pour les territoires qu'ils représentent."

Et avant de partir dans les débats d'idées, le candidat du Rassemblement National, Enzo Alias-Blanes est revenu sur l'agression dont lui et un de ses colleurs d'affiche ont été victimes alors qu'ils tractaient dans un quartier sensible le 11 juin dernier. Le candidat RN a eu un traumatisme crânien, tandis que le jeune militant a eu un tibia cassé ainsi qu’une commotion cérébrale.

"Cela fait sept ans que je suis au RN et que je milite et j'ai déjà été victime d'au moins une vingtaine d'agressions, même à mon domicile, me forçant à déménager. C'est assez récurrent mais on sent que cela monte crescendo. Il y a clairement un problème de sécurité", selon le candidat du RN dans le canton d'Arles. 

Les candidats sur le plateau du débat ont tous condamné unanimement cette agression, et certains comme le candidat (FI) ont même ajouté être la cible de menaces de mort.

Le ton est ensuite un peu monté, les deux candidates du centre et de l'union de la gauche, reprochant au candidat du RN, des propos jugés mensongers lors de la campagne.

Solidarité et aides financières

Le débat s'est ensuite ouvert sur la thématique du social, principale compétence du département.

Aurore Raoux est revenue sur l'idée d'un revenu minimum pour les jeunes les plus précaires "on sait que les jeunes n'ont pas été épargnés par les conséquences de la crise, aujourd'hui il y a une urgence à répondre à leurs difficultés." 

Le candidat Laurent Roussel (FI) est allé dans son sens, rappelant que cela existe déjà pour les femmes, mères isolées et précaires.

La candidate du centre, Mandy Graillon s'est prononcée pour une révision du RSA et revoir ses conditions d'attribution. Arles étant "dix points au dessus du niveau national en terme de pauvreté". 

Dans un autre temps, elle a attaqué les politiques de gauche sortants, à la mairie d'Arles d'abord, puis les élus départementaux sortants, les accusant "de n'avoir pas su porter les gens qui sont dans la précarité sur notre territoire."

Des propos totalement réfutés par Aurore Raoux, conseillère départementale sortante. 

Le candidat du RN est lui revenu sur l'importance de l'emploi en proposant "des maisons provençales de l'emploi, pour les aider, les accompagner pour trouver un emploi. Car vivre d'aides toute sa vie ce n'est pas gratifiant." Il a annoncé également se pencher sur des aides pour les séniors, "avec une ligne directe accesible 24/24h et 7/7j."

De son côté, le candidat de la France Insoumise s'est prononcé en faveur du retour de la prime de Noël. Cette aide financière entre 160 et 465 euros à destination des plus précaires, qui avait été mise en place sous l'ère Guerini au département et supprimée et remplacée par des chèques cadeaux de 50 euros avec la mandature actuelle.

"Au niveau départemental, les budgets sont contraints, mais de fait ce serait très intéressant de revenir à cette sorte de prime qui permet d'apporter un soutien à la consommation. Car les plus bas salaires dépensent toutes leurs aides pour vivre au jour le jour, il faut le soutenir un maximum."

Arles est la plus grande ville de France en terme de superficie, même si son canton est aussi très étendu, il n'est pour autant pas le plus vaste. Cette spécificité en fait un territoire disparate en terme de population et les candidats ont tous rappelé le caractère impératif de garder les services publics au plus près des citoyens.

Aurore Raoux (UG) a regretté que "Martine Vassal et sa majorité aient baissé les subventions aux associations de 20%, rappelant que le département doit mieux accompagner les partenaires de la solidarité présent sur le territoire."

Transports et environnement

Les candidats sont revenus sur le projet de pont qui enjamberait le Rhône permettant de désenclaver certaines communes de la Camargue notamment.

Seuls candidats favorables à ce pont, le binôme du centre. "Il est impensable qu'en 2021, il y ait encore des gens qui soient enclavés d'un bassin d'emploi à seulement quleques kilomètres de leur lieu d'habitation, sans pouvoir y accéder". Ils proposent un projet réalisé en 2028, tout en respectant l'environnement, et installer un accès à péage.

Le candidat de la France Insoumise se prononce plutôt en faveur de l'ouvrage existant, les bacs de Bacarin, qui proposent des traversées.

"C'est très trouristique, il faudrait qu'il marche un peu mieux et qu'il y ait plus de budget pour le maintenir et le développer."

Aurore Raoux a insisté sur le fait de ne pas faire de promesses aux habitants qui ne seraient pas tenues. "On entend parler de ce pont depuis les années 1980, si cela ne s'est pas fait c'est qu'il y a une raison."

"Nous avons demandé avec Nicolas Koukas des études, et pour ne pas promettre pour rien nous voulons attendre le résultat des études car il faut prendre en compte que cela concerne un milieu naturel sensible". Elle a insisté sur le fait de remettre à niveau le service public des traversées. 

A ce sujet, le candidat du Rassemblement national, propose "un réferendum d'initiatives citoyennes, consulter les habitants qui sont les premiers concernés, ça ferait du bien à la population".

Une proposition du RN qui "a déjà eu lieu en 2003", a soufflé Mandy Graillon, indiquant que "la population s'était déjà prononcée en faveur de ce pont et que ce référendum n'a pas fait avancer pour autant de projet ."

A présent les candidats devront surtout convaincre les électeurs de se rendre aux urnes, car le taux d'abstention risque d'être très élevé pour cette élection boudée par les citoyens et pourtant très importante.

Le budget du département des Bouches-du-Rhône est de plus de 2,5 milliards d'euros alors que celui de la région Paca est de 2,3 milliards pour un territoire bien plus vaste.

En 2015, au second tour, le taux d'abstention dans les Bouches-du-Rhône était de 41,15%. Au premier tour, il avait été de 50,18%.

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