Bouches-du-Rhône : un collectif offre des protections hygiéniques aux femmes démunies

Les femmes en grande précarité n'ont pas toujours les moyens de s'acheter des protections périodiques. Elles ont également du mal à en parler, même à une autre femme. A Aubagne, le collectif "Action Nouvelle 13" collecte ces produits d'hygiène et les distribue. 

Annie Bodino et Micky, deux bénévoles apportent leur soutien à Aurélie
Annie Bodino et Micky, deux bénévoles apportent leur soutien à Aurélie © Ghislaine Milliet-Bouquet / France 3 Provence-Alpes
Quand Annie Bodino voit une femme en train de faire la manche dans la rue, elle se gare et lui tend un sac rempli de produits d'hygiène. Shampoing, savon, lessive et... protections hygiéniques.

Les bénévoles réalisent à quel point les femmes ont besoin de ces produits

Annie Bodino fait des maraudes depuis 40 ans. Après l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne, elle réalise l'importance de ces produits pour les femmes en grande précarité.

Jusque-là, la priorité consiste à manger, boire et habiller les enfants. Au mois de novembre, les associations caritatives demandent aux sinistrés de la rue d'Aubagne des listes précises de leurs besoins. L'hygiène arrive très souvent en tête.

Un collectif dédié à l’hygiène

Annie Bodino et son amie Nathalie Martineau créent alors le collectif  "Action Nouvelle 13". Elles collectent et distribuent ces protections hygiéniques, puis créent un partenariat avec des pharmaciens.  
 
Distribution de produits d'hygiène dans la rue, à une jeune Syrienne
Distribution de produits d'hygiène dans la rue, à une jeune Syrienne © Ghislaine Milliet-Bouquet / France 3 Provence-Alpes


Aurélie

Aurélie a 26 ans, elle est mère de trois enfants et totalement privée de revenus depuis 10 mois.

La jeune femme reçoit le soutien de Micky, une bénévole très sensible à sa situation. Micky lui demande régulièrement quels sont ses besoins, sans penser à celui-ci. Un jour, elle lui pose la question, avec délicatesse « Je ne savais pas trop comment lui présenter la chose sans la vexer. Elle était un peu gênée et puis elle a dit oui. Son système D, ça n’était pas du tout l’idéal. »

Le système D d’Aurélie consiste à découper des couches de ses enfants pour en faire des serviettes hygiéniques.  Les paquets de 5 euros sont trop chers pour elle.

Dans ce reportage, Anne Bodino vient à Marseille pour rencontrer la jeune femme et lui lui apporter son aide.
 
La précarité menstruelle

La conseillère d'état et la précarité menstruelle

Mardi 28 mai, Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité hommes-femmes, annonce qu'elle veut lutter contre la précarité menstruelle car trop de femmes n'ont pas les moyens de se payer ce type de produits.

Marlène Schiappa réunit plusieurs ministres, parlementaires, associations et industriels pour mettre en place une stratégie de lutte et étudier un projet d'expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques.
 
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