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La Ciotat : elle pose avec sa poche intestinale sur les réseaux sociaux pour briser les tabous

Charlène a appris à s'aimer telle qu'elle est et veut aider les autres à en faire autant. / © Kangouroo Girl
Charlène a appris à s'aimer telle qu'elle est et veut aider les autres à en faire autant. / © Kangouroo Girl

Charlène avait 19 ans quand elle a été opérée pour une rectocolite hémorragique. A cause d'une erreur chirurgicale, elle vit sans côlon ni rectum, remplacés par une poche intestinale qu'elle affiche sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Lovemybag. Son but : changer le regard des autres. 

Par Annie Vergnenegre

Elle pose fièrement aux couleurs de la France. En plein mondial, Charlène est devenue "Kangouroo Girl". Huit mois plus tard, elle compte plus de 12 000 abonnés sur sa page. La Ciotadine de 25 ans vit avec une poche intestinale depuis qu'elle a 19 ans.

Le poids du regard des autres

La jeune femme a décidé de ne plus cacher ni la cicatrice qui lui barre le ventre du nombril à la poitrine, ni cette poche qui lui sert à évacuer les selles.
"J'en ai énormément souffert au lycée, de ce regard d'incompréhension, de pitié et de rejet", explique Charlène, j'ai eu envie d'agir, et d'aider ceux qui en souffrent aussi. 

Je me suis découverte avec cette maladie

C'est ainsi que Charlène pose, en pull court ou en maillot. Souriante. Décomplexée. Charlène fait preuve d'une incroyable résilience pour son âge. "Je ne sais pas si j'ai toujours eu cette force de caractère, dit-elle, je me suis découverte avec cette maladie".

Elle a témoigné à visage découvert de son vécu dans cette vidéo diffusée sur les réseaux sociaux : 
Sa vie d'adolescente a basculé à la suite d'une rectocolite hémorragique. A cause d'une erreur chirurgicale, irréparable. 

Une poche à caca sur le ventre, il y en a qui trouvent ça dégueu

"Je n'ai plus de colon, plus d'appendice, plus de rectum, détaille Charlène ma vie entière a changé." 

Depuis, les jours de Charlène ne sont plus comme avant. Ses nuits non plus. 15 heures sur 24, elle doit être perfusée pour s'alimenter et s'hydrater. 

Le syndrome du grêle court

Accepter son nouveau corps a été difficile. Difficile et long. Maintenant qu'elle y est parvenu, Charlène mène un autre combat : changer le regard des autres. "Une poche à caca sur le ventre, il y en a qui trouvent ça dégueu, y en a qui ne peuvent pas regarder, ou qui s'en foutent alors qu'en fait, ça fait obligatoirement quelque chose". 

J'aurais aimé que quelqu'un me tienne la main, mais j'étais toute seule

Avec "Kangouroo Girl", la jeune femme "s'adresse à toutes les personnes qui souffrent de la même pathologie, le syndrome du grêle court et qui ont souvent honte."

"Je leur donne une force supplémentaire, se réjouit Charlène, je me mets à leur place il y a quelques années en arrière, j'étais terrifiée et j'aurais aimé que quelqu'un me tienne la main, mais j'étais toute seule à vivre avec une poche, je me sentais différente et personne n'en avait".

Heureusement souligne-t-elle "j'ai toujours été accompagnée, entourée et soutenue par mes parents et mon frère".

#Lovemy bag

Avec le hashtag #Lovemybag, elle a lancé un mouvement sur les réseaux sociaux pour les inviter à se prendre en photo.
"J'ai reçu des milliers de photos, s'étonne-t-elle, soit ils me l'envoient en privé, ou ils acceptent de publier mais anonymement, on voit que leur ventre pas leur visage, d'autres c'est en entier. Peu importe l'échelle, un petit geste c'est un pas immense."



 

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