Un collectif de médecins réclame le traitement du Pr Raoult pour accompagner le déconfinement

Le collectif "Laissons les médecins prescrire" réclame le traitement préconisé par le Pr Raoult à Marseille, pour lutter contre le Covid-19, alors que se rapproche la date du déconfinement. L'infectiologue marseillais pour sa part reste confiant, et voit "arriver la fin de l'épidémie".

Le professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection
Le professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection © Photo Gérard Julien/AFP
Nombreux ont été les médecins de ville choqués par l'interdiction de prescrire le traitement de leur choix dans la lutte contre le Covid-19.

Depuis fin mars, deux décrets leur interdisent en effet d'utiliser l'hydroxychloroquine, un antiviral préconisé au stade précoce de la maladie par les équipes de l'IHU Infection Méditerranée, à Marseille, dirigées par le Pr Didier Raoult.

"Laissons les médecins prescrire"

Pour répondre à "cette atteinte à la liberté de soigner", un collectif s'est créé sous le nom "Laissons les médecins prescrire".

Le collectif s'interroge sur la polémique qui fait rage autour de l'hydroxychloriquine, une molécule vieille de 50 ans, "que l'on trouvait en libre service dans les pharmacies jusqu'en janvier dernier" sous le nom de Plaquenil, avant que le gouvernement ne leur en interdise la vente, excepté pour des patients atteints de maladies chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde.

"La mise à l’écart et d’une façon si brutale d’une molécule préconisée par une équipe française de renommée mondiale a suscité les plus vives interrogations", expliquent les membres de "Laissons les médecins prescrire".

D'autant que les  médecins de terrain connaissent parfaitement cette molécule qu'ils prescrivent depuis de nombreuses années notamment en prévention du paludisme. Certains d'entre eux, atteints du Covid-19, ont commencé à se traiter eux-mêmes ainsi que leurs familles avec ce médicament, au tout début de l'épidémie, avant qu'il ne soit interdit.

De cette expérience de terrain, le collectif en a tiré une étude rétrospective basée sur les observations recueillies. Elle intègre "les données cliniques, thérapeutiques et évolutives de 88 patients" (médecins, soignants et leurs familles).

L'étude prend en compte le traitement précoce des patients, répartis en trois groupes. Un tiers a suivi le traitement standart à base de paracétamol;  un tiers a pris de l'hyxodrychloriquine; un tiers a suivi le protocole du Pr Raoult associant l'hydroxychloroquine à l'antibiotique azithromycine.

"La date de guérison, avec zéro symptôme, est passée en moyenne de 25,8 jours pour le patient au traitement standart, à 9,2 jours seulement pour celui traité avec l'antiviral associé à l'antibiotique."

"l n'y a eu aucun problème majeur de tolérance pour les 88 patients traités"
, expliquait ce matin en conférence de presse le Dr Violaine Guérin, épidémiologiste et membre du collectif.

On ne peut pas dire aujourd'hui qu'il n'y a aucun traitement à proposer.

Le collectif donne sa confiance au protocole de soins du Pr Raoult, préconnisé au stade précoce de la maladie. Et appelle le gouvernement à "changer en urgence la stratégie thérapeutique".

Un traitement pour accompagner le déconfinement

Le collectif "Laissons les médecins prescrire" souhaite accompagner les Français dans l'étape délicate du déconfinement.

Il rappelle que "sans traitement précoce, l'état de santé des patients malades reste susceptible de s'aggraver et de les conduire à l'hôpital".

Les médecins de ville réclament donc l'annulation des décrets les empêchant de prescrire le Plaquenil,  et demandent "la remise à disposition dans les pharmacies de ce médicament et de l'azithromycine dont "les stocks sont au plus bas à ce jour dans certaines régions".

Le collectif va encore plus loin et souhaite l'utilisation de l'hydroxychloroquine en prévention dans les zones rouges de la cartographie.

Il se base pour cela sur "les résultats de l'étude de l'IHU de Marseille démontrant la chute de la charge virale" lors de la prise de cet antiviral au stade précoce. Et argue du fait qu'avec les précautions qui s'imposent, cette molécule peut être administrée sur de longues périodes comme cela est déjà le cas dans certaines maladies chroniques.

La députée LREM Martine Wonner (la seule de son groupe à ne pas avoir voté le plan de déconfinement présenté mardi à l'Assemblée nationale) est également membre du collectif. Ce médecin psychiatre se montre "préoccupée de la santé de l'ensemble de la population".

Elle rajoute :

Ce qui me choque, c'est que le gouvernement a fait fausse route en confondant le temps de la recherche qui est un temps long (...) à un temps court qui est le temps du soin".

Le Pr Didier Raoult doit être satisfait de ce soutien corporatiste. Il a toujours revendiqué une "médecine de guerre" en réponse à l'urgence de cette crise sanitaire.

Et se considère comme un homme de terrain :

"Mon métier, c’est de trouver des traitements. J’en ai inventé douze, sans jamais collaborer avec l’industrie pharmaceutique, à partir de recyclage uniquement", confie-t-il ce mercredi à Paris match.

"Vers la fin de l'épidémie"

Malgré la polémique dont il fait l'objet, il reste serein, continue à communiquer par les réseaux sociaux, et avance à contre courant.

Dans sa dernière vidéo datée du 28 avril, l'infectiologue marseillais rappelle le chiffre de 25000 personnes dépistées à son IHU. Et du suivi de 4000 personnes infectées, toutes traitées selon son protocole de soin, "ce qui en fait l'une des plus grosses séries mondiales", souligne-t-il.

A partir d'une étude mathématique asiatique, indiquant une courbe descendante, il annonce également que l'épidémie retombe, et qu'il n'y aura pas de seconde vague.

"Cette courbe en forme de cloche, c'est la courbe typique des épidémies. Le rebond, je ne sais pas d’où ça sort" … explique-t-il. "Le fait qu’il faut 70 % d’une population immunisée pour la contrôler non plus… Ce sont des chiffres entièrement virtuels. C’est pas comme ça que ça se passe"...

Pour cet éminent spécialiste des virus, l'explication des épidémies reste encore un mystère.

 "Les épidémies commencent, s’accélèrent, elles culminent, c’est le moment maximal de transmissibilité, et elles diminuent, et elles disparaissent. On ne sait pas pourquoi. Cette maladie, on ne savait pas du tout comment elle se comportait. Mais on voit qu'elle se comporte comme ça".

S'appuyant sur l'étude asiatique, l'infectiologue marseillais estime que le virus perd dorénavant de sa transmissibilité dans tous les pays sauf en Inde "qui a commencé un peu en retard".

Tout en précisant "que les prévisions sont à prendre avec précaution", il estime que les dates de déconfinement "fournies par le président ne sont pas extravagantes dans le sens où cette étude prédit que 97% des cas auront eu lieu aux alentours du 7 mai".

La date du 11 mai se rapproche... L'avenir parlera de lui-même...




 

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