COVID-19 : reprise modérée des cas à Marseille selon la mairie, qui met en place une cellule de veille

Les autorités sont vigilantes mais pas inquiètes face à la hausse des cas dépistés à Marseille alors qu'un groupe de médecins des quartiers nord a annoncé un doublement des personnes positives toutes les 48 heures dans la cité phocéenne. La mairie annonce des mesures.

Le nombre des dépistages a augmenté à l'IHU de Marseille depuis le début de l'été.
Le nombre des dépistages a augmenté à l'IHU de Marseille depuis le début de l'été. © Nicolas VALLAURI/MaxPPP
Face à l'inquiétude grandissante à Marseille sur les risques d'une reprise de l'épidémie, la mairie de Marseille a annoncé ce jeudi avoir fait un état des lieux avec l'Agence régionale de Santé et le préfet de région. 

Un dispositif renforcé de suivi

"Contrairement à certaines annonces de ces derniers jours, c'est seulement une reprise modérée du Covid-19 qui est constatée", écrit la mairie dans un communiqué. "Une légère hausse des cas de contamination et d'hospitalisation a été enregistrée, reconnaît-elle, ainsi qu'une augmentation des cas contacts avérés. Ces éléments confirme que le virus circule toujours et que le risque épidémique demeure."

La mairie annonce la mise en place d'un dispositif de suivi renforcé et de prévention. Une cellule de veille va être créée pour suivre l'évolution de la situation, deux fois par semaine.

La Ville va également rouvrir les centres de dépistage et distribuer des bons de dépistage. 

Enfin, la préfecture va mettre à disposition des lieux d'hébergements pour isoler les personnes positives et contacts.

30.000 tests effectués depuis 8 jours

Le directeur de l'ARS Paca, Philippe de Mestre, avait indiqué ces derniers jours : "des petits signaux doivent attirer l'attention, mais qui sont encore relativment faibles".

Le dernier bilan hebdomaire de l'ARS fait état de 244 cas supplémentaires.

On a une légère augmentation du nombre de personnes positives mais on augmente aussi considérablement le nombre de personnes testées.

Philippe de Mestre, ARS Paca

"Depuis huit jours, on a fait 30.000 tests dans la région," avait-il souligné. "La plupart des personnes que nous avons testées positives, sont des personnes qui reviennent de voyage, essentiellement de zones où les pays sont encore en phase épidémique," a précisé pour sa part le Pr. Parola de l'IHU Méditerranée, interrogé sur CNews.

"Des cas d'importation"

Le professeur estime qu'il n'y a pas pour l'heure matière à s'inquiéter.

"On a la même chose, avec la grippe, nous avons des cas d'importation l'été et pourtant derrière il n'y a pas d'épidémie, ça ne reflambe pas, donc pour l'instant, on surveille", ajoute-il.

En début de semaine, l'ex-conseillère municipale PS Annie Lévy-Mozziconacci a tiré la sonnette d'alarme en annonçant un doublement des cas tous les deux jours à Marseille. 

"Avec mes collègues du parcours norcovid, nous alertons et proposons la mise en place d’une cellule de vigilance covid à la ville de ⁦
Marseille : inquiétudes à Marseille, où le nombre de cas double toutes les 48h",
a posté sur Twitter Annie Lévy-Mozziconacci, médecin à l'hôpital Nord, un schéma de l'IHU à l'appui. 

Une reprise inquiétante en juillet

Ces médecins de Norcovid, un dispositif de dépistage et d’accompagnement des cas Covid dans les quartiers nord, constatent une reprise inquiétante. 

"Ces chiffres sont faibles fort heureusement mais ils augmentent de façon significative depuis une dizaine de jours.

Annie Lévy-Mozziconacci

Le schéma de l'institut du professeur Raoult sur la "proportion de personnes positives parmi celles nouvellement testées" relève que le nombre de personnes testées positives est passé de 2 le 4 juillet, à 5 le 8 juillet avant de redescendre à 3 le 12 juillet.

"Ces chiffres sont faibles fort heureusement, concède Annie Lévy-Mozziconacci, mais ils augmentent de façon significative depuis une dizaine de jours, à savoir une multiplication par deux toutes les 48 heures."

Serait-ce le début d'une nouvelle courbe exponentielle ? Est-ce à cause d'un relâchement depuis la fin du confinement ou d'une arrivée de vacanciers à Marseille ?

"Ce sont peut-être des cas sporadiques qui proviennent de zones rouges qui n'ont pas été correctement contrôlés, suggère Annie Lévy-Mozziconacci.
Annie Lévy-Mozziconaci redoute une situation "cataclysmique" en août si rien n'est fait à Marseille.
Annie Lévy-Mozziconaci redoute une situation "cataclysmique" en août si rien n'est fait à Marseille. © Roger Gasc/ FTV
"C'est le moment de faire une évaluation. Est-ce que les gestes barrières sont bien respectés ? est-ce qu'il ne faudrait pas les renforcer par la prévention ?", questionne le médecin réclament des brigades sanitaires  et des contrôles dans les aéroports et les gares maritimes.

Des tests aux ports et à l'aéroport

Le directeur de l'ARS a indiqué que des brigades existent déjà qui font le "contact tracing" dans l'entourage des malades Covid. Il a précisé aussi que des tests sont déjà faits à l'arrivée des voyageurs au port de Marseille et qu'ils vont être mis en place à l'aéroport Marseille Provence, "parce qu'il y a une reprise progressive du trafic".

"Marseille attire beaucoup de monde, beaucoup de touristes, insiste Annie Lévy-Mozziconacci, et il y a une envie de se déconfiner, de recevoir des amis, de profiter des vacances et c'est tout à fait normal."

Annie Lévy-Mozziconacci avait également interpelé la ville de Marseille sur la mise en place d' une "cellule de crise" afin d'éviter une situation "cataclysmique en plein mois d'août".

Inciter au port du masque au maximum

Ce 14 juillet, à l'occasion de la cérémonie de la fête nationale au parc Borély, la nouvelle maire de Marseille a réagi.

"J’ai vu que les gens sont contents, ils se retrouvent, ils font la fête, ils sortent, mais il faut vraiment respecter les gestes barrières parce qu’on s’achemine vers une recrudescence", a estimé Michèle Rubirola, qui avant d'être élue maire était médecin prévention, affectée à la cellule Covid au centre de la CPAM à La Rose (13e).

"Ce n’est pas aussi important que cela a été dit sur les réseaux sociaux, mais la courbe augmente, donc "précaution" si on veut à vivre libres", a-t-elle ajouté.

Dans son dernier bilan hebdomadaire du 7 juillet, l'Agence Régionale de Santé Paca a elle aussi noté une légère hausse des cas dépistés (+ 159 cas) dans l'ensemble de la région.

L'ARS a précisé cependant que pour l'heure, "il n'y a pas pour l'heure de rebond" tout en soulignant que le "virus circule encore". 

Le prochain bulletin régional de l'ARS sera publié ce mercredi 15 juillet.

Dans son discours du 14 juillet, le président a souhaité que le port du masque soit "obligatoire dans tous les lieux publics clos" à partir du 1er août, suggérant aux Français de "porter le masque au maximum quand ils sont dehors et, a fortiori, quand ils sont dans un lieu clos", parce que "nous avons des signes que (l'épidémie) repart quand même un peu."

Annie Lévy-Mozziconacci approuve la mesure, à adapter dans chaque ville selon elle. Mais elle s'interroge :"on est le 14 juillet, pourquoi attendre le 1er août ?".
 
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