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Évacuation du squat de Saint-Just à Marseille : l'audience reportée au 27 juin

Le foyer Saint-Just, à Marseille, grande bâtisse désaffectée appartenant au diocèse, squattée par des migrants depuis le 18 décembre 2018. / © Collectif 59 / Facebook
Le foyer Saint-Just, à Marseille, grande bâtisse désaffectée appartenant au diocèse, squattée par des migrants depuis le 18 décembre 2018. / © Collectif 59 / Facebook

Le dossier concernant l'évacuation du squat avenue Saint-Just à Marseille a été renvoyé jeudi par le tribunal d'instance au 27 juin. Il concerne l'expulsion de 146 migrants occupant un bâtiment appartenant au diocèse. 

Par E.E avec AFP

Aucune décision prise ce jeudi en ce qui concerne le squat de l'avenue Saint-Just. Le TGI a décidé de reporter l'audience au 27 juin prochain. 

Depuis mi-décembre, un bâtiment appartenant au diocèse de Marseille, est occupé par des migrants. Après avoir apporté son concours en reprenant les contrats d'eau, d'électricité et de gaz, le diocèse souhaitait récupérer ses locaux le 31 mars. 
 

Il considère désormais que "l'occupation de cet immeuble n'est plus directement liée à l'urgence et à la détresse des personnes qui y ont trouvé refuge, mais devient le moyen d'interpeller les pouvoirs publics sur la situation des réfugiés de façon générale", lit-on dans l'assignation délivrée à une quarantaine d'occupants des lieux et à plusieurs bénévoles qui organisent et font vivre le squat Saint-Just.

Le diocèse qui se qualifie "d'otage" rappelle qu'il a déboursé 15.000 euros chaque mois pour les consommations d'eau, d'électricité.


La colère des associations


Derrière de grandes banderoles "Non aux expulsions" ou "We need Saint-Just" tendues au pied des marches du palais de justice, le collectif 59 Saint-Just a déploré "la volte-face opérée par le diocèse". Au mégaphone, une bénévole a cependant rappelé que "ce n'est pas forcément une lutte contre le diocèse, mais plutôt contre la préfecture, le conseil départemental et l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui sont responsables de la mise à l'abri de ces personnes". 
 

Selon Me Frédérique Chartier, présidente de la commission Etrangers mineurs du barreau de Marseille, les associations et bénévoles du squat se sont pendant cinq mois occupés des questions qui sont normalement à la charge de l'Etat et du conseil départemental (nourriture, logement...), ce qui "démontre bien que leur prise en charge est possible".

Début avril, le département et l'Etat avaient mis en œuvre l'hébergement des occupants. Au total, 178 mineurs étrangers non accompagnés et une vingtaine de familles avec enfants en demande d'asile. Des nuits d'hôtel avaient notamment été proposées, "le temps de pouvoir leur proposer un hébergement plus pérenne", indiquait la préfecture.
 
 

40 enfants âgés de moins de 11 ans


Ceci étant, certaines familles avaient fait le choix de rester sur place, notamment face à l'incertitude de la durée de relogement. Aujourd'hui 146 personnes vivent au squat dont quarante enfants âgés de mois de onze ans. Il s'agit également de nouvelles familles qui vivaient dans la rue et de mineurs qui ne sont plus pris en charge par le département, leur minorité n'ayant pas été reconnue. 

C'est dans ce squat que vivent les parents du petit Osnachi, l'enfant âgé de deux ans, enlevé le 5 mai sur la Canebière et retrouvé sain et sauf dans un hôtel de Valence où l'avait conduit son ravisseur, grâce au déclenchement d'une "Alerte enlèvement". 
 

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