Grève des éboueurs à Marseille : la direction dénonce un dialogue impossible

La cathédrale de la Major à Marseille. / © F 3
La cathédrale de la Major à Marseille. / © F 3

Le bras de fer continue à Marseille entre les éboueurs grévistes de la société Derichebourg et la direction. La grève entamée mercredi s'est durcie dimanche et les trois centres de transfert de déchets sont eux aussi bloqués. 

Par avec AFP

De la porte d'Aix au parvis de la cathédrale de la Major, les ordures s'accumulent et les poubelles débordent.  Le spectale est désormais le même dans plusieurs quartiers de Marseille. Les éboueurs en grève ont reconduit leur mouvement entamé mercredi tandis que la direction du groupe Derichebourg "déplore que toutes ses tentatives de dialogue (...) soient restées sans effet".

Les 200 grévistes n'assurent plus la collecte de déchets sur 3 arrondissements de la ville (2e, 15e et 16e), mais ils bloquent aussi les trois centres de transfert de la ville, empêchant la collecte dans tout Marseille. Ces salariés, récemment transférés à la société Derichebourg demandent le maintien d'une prime qui, selon eux, a été diminuée par leur nouvelle direction quand elle a obtenu le contrat du ramassage d'ordures dans ces arrondissements.

Dialogue de sourds


"Les revendications des salariés portent sur le maintien d'avantages dont ils bénéficiaient chez leurs anciens employeurs, alors même que les dispositions appliquées par le groupe Derichebourg leur sont plus favorables en termes de pouvoir d'achat", affirme de son côté le groupe dans un communiqué.

 La société dénonce des revendications qui "évoluent au fil des négociations" et l'intervention "de représentants syndicaux extérieurs à l'entreprise, salariés de sociétés concurrentes" qui "empêchent le dialogue, surenchérissent en permanence et s'expriment dans la presse en alimentant le conflit par de fausses informations".

"Les délégués syndicaux ont empêché la tenue de 2 référendums sur la reprise du travail, organisés à la demande des salariés et sous contrôle de deux huissiers de justice"
, indique-t-elle encore. 

Le temps de travail effectif en question


Selon l'entreprise, "depuis la reprise des contrats par le groupe Derichebourg, la direction a constaté que le temps de travail des personnels transférés des sociétés précédemment délégataires des contrats, dépasse rarement 4 heures par jour pour un salaire moyen mensuel de 2250 euros brut pour un équipier de collecte à 2530 euros brut pour un chauffeur", ajoutant :

"Certains salariés quittent leur poste à minuit alors même qu'ils sont payés jusqu'à 04h00 du matin, obligeant, de ce fait, à engager quotidiennement des moyens supplémentaires de rattrapage".

En 2007, suite à un rapport de la chambre régionale des comptes établissant à 3 heures 30 le temps de travail effectif des éboueurs marseillais, la mairie avait décidé de mettre fin au "fini-parti", un système où les agents pouvaient quitter leurs postes une fois leur travail accompli. L'accord avait aussitôt été décrié, car il laissait la possibilité
d'un départ anticipé de l'agent sous certaines conditions.

Reportage de Sylvie Depierre et Alban Poitevin : 
Grève des éboueurs à Marseille


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