Implants mammaires Allergan: une plainte déposée à Marseille

Illustration - En 2010, un scandale de prothèses mammaires défectueuses avait obligé les autorités sanitaires à renforcer les normes sur les dispositifs. / © GERARD JULIEN / AFP
Illustration - En 2010, un scandale de prothèses mammaires défectueuses avait obligé les autorités sanitaires à renforcer les normes sur les dispositifs. / © GERARD JULIEN / AFP

Une plainte contre X va être déposée jeudi devant le pôle spécialisé de santé publique du tribunal de grande instance de Marseille, après qu'une femme de 42 ans, domiciliée dans le Gard, a été victime d'un lymphome anaplasique à grandes cellules, suite à la rupture de sa prothèse mammaire.

Par GB avec AFP / France 3 Provence-Alpes

Une plainte pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" va être déposée ce jeudi matin auprès du pôle santé publique du TGI de Marseille, selon son avocat Me Emmanuel Molina.

Le 9 octobre 2016, une femme de 42 ans, domiciliée dans le Gard, a été victime d'un accident sur son lieu de travail lors d'une opération de déchargement. Une caisse a heurté son sein gauche, déformant sa poitrine.

Deux mois plus tard, elle était informée que sa prothèse s'était rompue. Une fuite de silicone a imprégné "des ganglions de la chaîne mammaire interne". Malgré une opération en janvier 2017, son état s'est empiré. Selon son avocat, elle souffre aujourd'hui "d'un lymphome anaplasique à grandes cellules".

"Elle a été victime dans sa chair de dommages irréversibles", indique Me Molina, "et nous avons des éléments qui attestent le lien de causalité entre les prothèses et le déclenchement de ce cancer très agressif".

Une autre plainte déposée au TGI de paris

Cette plainte fait suite à celle déposée mercredi par deux autres plaignantes auprès du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, par Me Laurent Gaudon. L'avocat, qui avait défendu des victimes des implants PIP, a vu "plus d'une cliente sur 4 se faire poser des prothèses Allergan après PIP".

"Dès 2015, il y a eu des doutes sérieux sur ces implants, l'Inca (Institut national du cancer), alors dirigé par (la ministre de la Santé) Agnès Buzyn, a rapporté que sur 18 cas de lymphome suite à la pose d'implants, 14 étaient de marque Allergan", dénonce-t-il.

Les deux plaintes visent "à la fois le laboratoire, l'organisme de certification et les autorités sanitaires", assure Me Molina, ajoutant "redouter un scandale sanitaire de grande ampleur".

Une cinquantaine de cas d'une forme rare de cancer

Sur environ 500.000 femmes porteuses d'implants mammaires en France, une cinquantaine de cas d'une forme rare de cancer, le lymphome anaplasique à grandes cellules (LGAC), a été recensée depuis 2011, principalement concernant des implants à enveloppe texturée.

Ce type d'implants mammaires représente 85% du marché français et Allergan est l'un des acteurs majeurs de ce segment dans le pays.

Mi-décembre, le géant pharmaceutique avait défendu dans un communiqué le profil de "bénéfice-risque" de ses implants mammaires texturés.

Allergan avait perdu quelques jours plus tôt le marquage CE pour ses implants mammaires à enveloppe texturée parce qu'il n'avait pas pu présenter des données additionnelles sur ces produits dans les délais impartis, a-t-il expliqué.

Interview d'Emmanuel Molina, avocat d'une plaignante marseillaise porteuse d'une prothèse Allergan

 

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