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Marseille : 300 réfugiés vivent dans la caserne Masséna

Les conditions de vie sont très dures pour ces réfugiés dans ces bâtiments insalubres : pas d'eau ni d'électricité, seule la solidarité leur permet de survivre. / © SC / France 3 Provence-Alpes
Les conditions de vie sont très dures pour ces réfugiés dans ces bâtiments insalubres : pas d'eau ni d'électricité, seule la solidarité leur permet de survivre. / © SC / France 3 Provence-Alpes

Ils viennent d'Afrique Sub-Saharienne et se sont installés dans cette caserne militaire abandonnée depuis leur arrivée à Marseille. Mais le bâtiment doit être évacué car frappé depuis plusieurs années par un arrêté de péril. Aucune solution de relogement n'est proposée aux 300 réfugiés.

 

Par Sidonie Canetto

Difficile d'imaginer que des êtres humains puissent vivre dans ce bâtiment du 3ème arrondissement de Marseille près de la Belle de Mai tant il semble délabré. Et pourtant, ils sont près de 300 réfugiés à se partager quelques mètres carrés. Il n'y a ni vitre aux fenêtres, ni eau courante ni électricité. Issa (dont le prénom a été modifié pour préserver son anonymat) montre les installations électriques qu'ils avaient réalisé avec des câbles achetés par leurs soins et raccordé à l'éclairage publique. " La police est venue et nous a coupé le courant, pas ici sur nos câbles mais sur le lampadaire directement" nous explique-t-il dépité.

Une de nos équipes a pu rentrer dans la caserne et discuter avec les réfugiés, ils nous ont expliqué leurs conditions de vie, leurs espoirs et leurs parcours:
Réfugiés de la caserne Masséna

Conditions de vie très difficiles



En effet, lorsque l'on regarde à l'extérieur, on peut distinguer quatre lampadaires éteints dans la rue. Parce que les réfugiés ont répété plusieurs fois leurs installations et à chaque fois la police est venue couper l'alimentation. La dernière coupure date d'une semaine. A présent, ils s'éclairent à la bougie. Et dans un coin de la cour de la Caserne, un feu est allumé où se réchauffent un groupe de réfugiés.

Un peu plus loin, un tuyau a même le sol est l'unique source d'approvisionnement en eau. Est-elle potable? Ils en doutent vu les maux de ventre récurrents. Il ne savent d'ailleurs pas trop d'où provient cette eau et elle sort d'une sorte de bouche béante où l'eau semble stagner.

Dans le bâtiment d'en face, les toilettes, un seul pour 300. L'odeur est à peine supportable et pourtant, tout est fait pour que le lieu soit le plus entretenu possible.

Pour monter dans les étages, il faut faire très attention, entre les marches absentes, les rambardes écroulées et l'obscurité se rendre dans les "chambres" relèvent d'un parcours d'obstacle. Le lieu de nuit est divisé en plusieurs chambres fabriquées avec des planches de bois de récupération et fermées par des cadenas de fortune où dorment beaucoup trop de personnes dans si peu d'espace.

 

Solidarité du quartier



Dans le quartier le plus pauvre de Marseille, de France et d'europe, la solidarité s'est pourtant organisée, avec des habitants qui sont venus spontanément apporter des habits de saison, des couvertures, de la nourriture ou encore des bouteilles d'eau. 

Un collectif d'habitants s'est aussi crée, il souhaite alerter sur les conditions de vie indignes de ces réfugiés. Et surtout alerter les pouvoirs publics pour que ces personnes soient relogées dans un endroit décent. En face, il y a la caserne du Muy, elle aussi vide, mais bien entretenue et gardée  par une société de sécurité. Les réfugiés en rient amèrement "même le chien de garde est mieux lotis que nous". 

L'expulsion à venir


Ce dimanche à 22h, la rue Masséna va être fermée à la circulation. La caserne doit être évacuée. Les réfugiés ne savent pas où aller et refusent de se retrouver à la rue. 
Ils espèrent que la ville leur proposera une solution d'hébergement. "Nous sommes des êtres humains, considérez-nous comme des êtres humains, nous demandons d'être traiter avec justice" nous a expliqué un des réfugiés en Anglais. 







 

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