Marseille : le CSA saisi après les propos d'Eric Zemmour sur les personnes trans

Une soixantaine d'élus et citoyens de Marseille ont saisi le CSA suite aux propos d'Éric Zemmour tenus sur les enfants transgenres. Des propos qui, selon les signataires, "amalgament les actes d'un tortionnaire nazi avec une démarche (...) à la protection des enfants".

"C'est criminel". Invité sur Europe 1 le 6 octobre dernier, Éric Zemmour a commenté la circulaire de l'Éducation nationale visant à assurer une meilleure prise en charge des élèves transgenres. 

L'éditorialiste a comparé les directives du ministère aux méthodes de Joseph Mengele, médecin dans le camp d'extermination d'Auschwitz. 

En réponse à ces propos, plus de soixante élus, représentants et citoyens marseillais ont saisi le Conseil supérieur de l'Audiovisuel lundi.

Théo Challande Névoret, adjoint au maire EELV en charge de la démocratie locale et de la lutte contre les discriminations fait partie des signataires et partage leur lettre sur Twitter. 

"Les propos offensants tenus par Monsieur Zemmour sur le plateau d'Europe 1 pourraient largement être qualifiés d'injures publiques en cela qu'ils portent atteinte à l'honneur de personnes sur le fondement de leur identité de genre (...) et inconstitutionnels en cela qu'ils contreviennent à la liberté proclamée dans la Constitution française", assurent les signataires.

"Ces propos, qui amalgament les actes d'un tortionnaire nazi (...) avec une démarche d'accompagnement au bien-être, à la protection des enfants contre les violences systémiques (...) nous indignent", soulignent-ils.

Jean Castex a lui-même réagi aux propos d'Éric Zemmour sur Europe 1 : "La comparaison ne mérite même pas une réponse tellement elle est absurde et dégradante pour celui qui la formule. Mais surtout, on voit bien qu'il est entré en campagne et que, du coup, la caricature et le mensonge ne l'effraient pas".

"Cette circulaire est une abomination"

Mardi 5 octobre, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi visant à interdire les "thérapies de conversion". Un texte qui prévoit notamment un délit spécifique contre ceux qui se disent "thérapeutes" ou les religieux qui prétendent "guérir" l'homosexualité.

C'est le contexte dressé par Laurence Ferrari lors de l'interview en question d'Éric Zemmour sur Europe 1. "Est-il important de prendre en compte la diversité des élèves en matière de genre ?", a demandé la journaliste.

"Je ne connais pas ce jargon", a-t-il déclaré en préambule. "Moi je connais les filles et les garçons, les hommes et les femmes. Je suis quelqu'un de simpliste et je ne connais pas les fumeuses théories du genre et les dysphories de genre, surtout avec des enfants". 

"Cette histoire de circulaire est une abomination.(...) Pour cette histoire de transsexualité, il dit que les professeurs doivent se soumettre à cette nouvelle idéologie. Si un enfant se présente et dit "non je ne suis pas une fille je suis un garçon", on doit le prendre en compte, on doit ne plus l'appeler "elle" on doit admettre son nouveau prénom... Et puis quoi encore ? C'est criminel". 

Eric Zemmour fait allusion aux inhibiteurs d'hormones, des "bloqueurs de puberté" autorisés par exemple aux États-Unis.

"On va bloquer par des piqûres la puberté de ces enfants pour qu'ils décident après quel est leur genre. Vous vous rendez compte ? On est vraiment dans le docteur Mengele. C'est des expériences scandaleuses". 

Pour les enfants qui ne se sentent pas bien dans le genre qui leur a été assigné à la naissance, la solution est simple pour Éric Zemmour. "Il faut leur dire : 'Ça passera'".

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique homophobie société