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Marseille : une habitante filme de l'eau marron se déversant sur la plage de la Verrerie

Mercredi 3 juillet, en fin de matinée, de l'eau marron s'est déversée sur la plage de la Verrerie à Marseille. / © P. GUIGOU / FTV
Mercredi 3 juillet, en fin de matinée, de l'eau marron s'est déversée sur la plage de la Verrerie à Marseille. / © P. GUIGOU / FTV

Mercredi 3 juillet, en fin de matinée, de l'eau marron s'est déversée sur la plage de la Verrerie à Marseille, sous les yeux stupéfaits des baigneurs et des habitants. Par ailleurs, trois plages du sud de la cité phocéenne sont interdites à la baignade.

Par Ludovic Moreau

En fin de matinée, les vacanciers installés sur la plage de la Verrerie à Marseille ont assisté à un spectacle stupéfiant. De l'eau marron s'est déversée le long de la falaise et sur la plage. Le bord du rivage était visiblement contaminé, les baigneurs sont tous sortis de l'eau, plutôt inquiets.

Une "surverse" des eaux du canal de Marseille

Pas de panique, cet évènement n'est pas une pollution. Il s'agit d'une "surverse" des eaux du canal de Marseille. Pour une raison encore inconnue dans le détail, mais probablement liée à une opération de maintenance, l'eau du canal de Marseille a été détournée et le surplus s'est déversé dans le réseau pluvial.

"Une fois dans le réseau pluvial, cette eau propre s'est chargée de sable et de terre, ce qui lui donne cette couleur marron. C'est impressionnant, mais ça n'a aucun rapport avec les eaux usées" explique Yves Fagherazzi, directeur général de Seramm, la société d'assainissement Marseille métropole.

L'exutoire de ce réseau pluvial se situe au niveau de la plage de la Verrerie. Rien à voir donc avec les épisodes de pollution à répétition que connaissent les plages marseillaises ces dernières semaines. 

Les plages de Bonneveinne, Prado-Sud du Prophète, interdites à la baignade

Ce mercredi matin, les plages de Bonneveine, Prado-Sud et du prophète ont été provisoirement interdites à la baignade. Pour la ville de Marseille, il s'agit avant tout d'un "principe de précaution", en attendant d'avoir les résultats définitifs des analyses de l'eau. Cette interdiction a été levée dans l'après-midi pour les plages de Bonneveine et de Prado-Sud. La plage du Prophète reste interdite à la baignade.

Comme chaque matin depuis le début de la saison estivale, des inspecteurs prélèvent un échantillon d'eau sur les 21 plages de la ville de Marseille. Après un test rapide de recherche de la présence d'eschericha Coli et d'entérocoques, deux bactéries issues de déjections humaines ou animales les plages dont les taux de ces bactéries dépassent les seuils de la réglementation sont déclarées interdites de baignade.

Lundi, le pavillon violet était encore hissé sur la plage de Bonneveine, indiquant l'interdiction de baignade toute la matinée. Le drapeau vert a été replacé dans l'après-midi. Hier, mardi, les plages de Prado-Nord et du Prophète étaient également interdites de baignade le matin, puis autorisées en milieu d'après-midi.

21 interdictions de baignade depuis début juin

Depuis début juin, le pavillon violet a été hissé 21 fois sur les plages de Marseille. Avec l'épisode de canicule, les vacanciers souffrent de la chaleur et ne peuvent pas se rafraîchir. Conséquence, ils fuient les plages polluées et les commerçants font grise mine. "Ces fermetures de plage, c'est de la pipothérapie !", s'était insurgée Céline, responsable du Bistingo Beach sur la plage de Bonneveine à Marseille, hier, au micro de France Bleu Provence. 

"Je comprend les commerçants et les vacanciers", rétorque Monique Daubet, conseillère municipale, déléguée à l'hygiène publique, "mais ils devraient au contraire être content, ces contrôles permettent de garantir une bonne qualité de l'eau de baignade".

Une pollution provoquée par des déjections animales

L'Agence Régionale de Santé (ARS Paca) réalise des prélèvements hebdomadaires des eaux de baignade, conformément aux recommandations européennes, mais à Marseille, la municipalité veut aller plus loin. Chaque matin, des inspecteurs prélèvent un échantillon d'eau, sur les 21 plages de la ville.

Ces contrôleurs recherchent la présence d'eschericha Coli et d'entérocoques, deux bactéries issues de déjections humaines ou animales. 

Pour Monique Daubet, les principales causes de ces pollutions sont dues, en dehors des orages, aux déversements des piscines privées, aux chantiers en cours et aux déjections animales. "La semaine dernière, une pelleteuse sur un chantier a cassé une canalisation et les eaux usées se sont rerouvées dans la mer". 

La plage de Bonneveine polluée par les déjections des chevaux

L'élue déléguée à l'hygiène publique accuse notamment l'hippodrome de Borély de négligence : "On a constaté qu'au niveau de son exutoire, toutes les déjections de chevaux avaient été envoyées dans le ruisseau de Bonneveine avant de finir à la mer". Elle précise que la veille, une réunion hippique avait eu lieu à l'hippodrome. 

Dans les colonnes de La Provence, le directeur du site hippique, Jérôme Charpentier, se défend, il indique que les eaux de ruissellement se déversent dans une cuve et reconnaît : "il peut y avoir un trop-plein qui tombe dans le ruisseau, mais c'est extrêmement rare..."

Il précise par ailleurs que depuis l'annonce du projet d'extension du parc Borély, jusqu'à la mer, "les relations avec la mairie ne sont pas au beau fixe".

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