Sur le grand port Maritime de Marseille, les ouvriers viennent de fabriquer le dixième bloc de béton. Au total, il en faudra dix-huit pour agrandir Monaco.Chaque bloc de béton pèse 10.000 tonnes. Le plus impressionnant, c'est de les voir flotter sur la mer. Ces caissons serviront à construire la digue du nouveau terrain sur la mer imaginé par la principauté de Monaco. Six hectares supplémentaires, gagnés sur la mer, et destinés à accueillir un nouvel écoquartier. Ce chantier est gigantesque. A Marseille, il est possible grâce à un outil unique en France.


Marco Polo, un engin unique

Pour s'adapter aux contraintes du littoral, chaque caisson est réalisé sur mesure, l'un après l'autre et surtout dans une machine spécialement conçue pour travailler sur l'eau mais aussi dans l'eau. Le Marco Polo est un caissonnier blanc et immense qui mesure 56 mètres de long, 50 mètres de large et 27 mètres de hauteur. Son poids : 4600 tonnes.

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Au coeur du Marco Polo, avec les ouvriers qui coulent le béton du 11e caisson, sur le port de Marseille. Estelle Mathieu/France 3 Provence-Alpes

L'outil a été construit en Pologne puis acheminé sur le grand port maritime de Marseille via le détroit de Gibraltar. Sans Marco Polo, ces caissons n'auraient pas pu voir le jour. Pour les construire, l'immense machine utilise une technique particulière.


La technique du coffrage glissant 

Plus le caisson qu'il construit s'élève, plus le Marco Polo s'enfonce dans la mer. Jusqu'à une vingtaine de mètres précise le directeur des travaux de Bouygues Construction.
Les caissons  sont construits selon la méthode du coffrage glissant. Les murs sont faits en premier, puis le béton coule en continu. Pour garantir la bonne étancheité du caisson impossible d'arrêter le travail.

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Sur le chantier du grand port maritime deMarseille, 500 ouvriers se relaient 7 jours sur 7. Le béton utilisé est un béton spécial, résistant au sel marin et imperméable aux chlorures. Son radier achevé, le caisson est ensuite libéré grâce au phénomène physique baptisé la poussée d'archimède. Reste alors à terminer sa partie supérieure.


Un premier départ prévu en juillet

Les caissons achevés sont sagement alignés dans les eaux du grand port maritime de Marseille. Celui qui est tiré par deux bateaux remorqueurs vers la terre doit être amarré. Il vient juste d'être terminé et les ouvriers du chantier ont pour mission de le contrôler. C'est d'ailleurs le dixième caisson fabriqué. La grosse machine Marco Polo ne s'arrête jamais, à Monaco, les livraisons sont prévues  tout au long du second semestre. Si la météo le permet, le départ du premier caisson est progranné le 18 juillet prochain. Tiré par plusieurs bateaux remorqueurs, le voyage d'un caisson durera 4 jours environ. Une fois arrivés à Monaco, les caissons seront assemblés les uns aux autres pour former une ceinture destinée à protéger contre la houle et les éléments les six hectares supplémentaires de Monaco. L'ensemble des caissons doit former un ouvrage harmonieux. C'était l'exigence de la principauté de Monaco qui une nouvelle fois va gagner des hectares sur la mer.