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Marseille : les salariés de l'AP-HM condamnent un “chantage” de l'Etat

Les salariés de l'AP-HM ont lancé une pétition de soutien auprès des patients / © France 3 Provence-Alpes
Les salariés de l'AP-HM ont lancé une pétition de soutien auprès des patients / © France 3 Provence-Alpes

Avec un milliard d'euros de dettes et 550 millions d'euros de déficit, l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille doit faire des efforts. Mais les salariés refusent que la promesse d'aide de l'Etat soit soumise à la suppression d'emplois

Par Ludovic Moreau

L'hôpital public est gravement malade. A Marseille, avec un milliard d'euros de dettes et 550 millions d'euros de déficit, l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) est un des centres hospitaliers les plus endettés de France.
L'Etat propose une aide de 300 millions d'euros pour moderniser les hôpitaux marseillais, mais en échange, l'AP-HM doit montrer sa capacité à "mieux gérer". Selon le Syndicat FO rencontré ce matin, ça veut dire deux choses ; sur le plan logistique, c'est supprimer 230 lits et sur le plan humain, c'est supprimer 800 postes, dont 400 personnels soignants.

Une pétition de soutien

Ce matin, dans le hall de l'hôpital de la Timone, le personnel invitait les patients à signer une pétition de soutien, ils sont, eux aussi, victimes du manque de moyen.

Il n'y a pas de douche dans les chambres, pas de portes aux placards, les murs sont sales, il n'y a pas de d'eau chaude...

raconte Christian Cazauran, un patient.

Les personnels veulent bien faire, mais ils sont dépassés, alors si on parle de suppression de postes, c'est n'importe quoi...

ajoute Lisa Guttierrez, une patiente.

Il faut que l'Etat comprenne qu'on ne peut plus supprimer de postes. Si on supprime encore des emplois, c'est la fermeture claire et définitive de plusieurs hôpitaux marseillais

affirme Audrey Jolibois, secrétaire générale Force Ouvrière de l'AP-HM.
L'AP-HM est reconnue pour l'excellence de ses soins et de son personnel, mais ce n'est pas une entreprise privée. Si certains centres hospitaliers privés peuvent sélectionner les soins les plus rentables, l'hôpital public accepte tous les patients qui se présentent, sans distinction. Il lui est donc difficile d'être rentable.
Le ministère de la Santé annoncera dans quelques semaines, s'il soutient le projet de modernisation proposé par l'AP-HM.

Reportage : Jean-Louis Boudart et Alban Poitevin

 

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