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Marseille : le Théâtre de la Comédie pourrait bientôt tirer le rideau

Le théatre de la Comédie jouera-t-il bientôt son dernier acte ? / © TCM
Le théatre de la Comédie jouera-t-il bientôt son dernier acte ? / © TCM

L'archevêché de Marseille, propriétaire des lieux, réclame au gérant du théâtre de la Comédie, 130 000 euros de loyers impayés. L'affaire, portée devant la justice, sera jugée le 25 avril prochain.

Par Pauline Guigou

La messe est-elle bientôt dite pour le Théâtre de la Comédie à Marseille ? Le lieu pourrait bientôt fermer ses portes. C'est ce que redoute son fondateur, Jean-Pascal Mouthier. Son propriétaire, l'archevêché de Marseille, lui réclame la somme de 130 000 euros, pour loyers impayés. C'est le tribunal de Grande Instance de Marseille qui tranchera le 25 avril prochain. Une situation dramatique pour le théâtre, qui s'est envenimée au fil des années. 

En 1999, l'archevêché accorde à Jean-Pascal Mouthier, une exonération de loyers pour 12 ans. En contrepartie, l'homme de théâtre s'engage à faire des travaux. Et en 2013, le Théâtre de la Comédie ouvre ses portes, 250 fauteuils, sur le Boulevard Jeanne D'Arc dans le 5ème arrondissement. 

Mais très vite, le loyer de 1600 euros par mois à l'époque, est trop élevé, et les retards de versement s'accumulent. Alors en 2015, après deux assignations et des menaces de fermeture, Bruno Gilles, maire des 4èmes et 5ème arrondissements, se serait engagé à sauver le TCM : "Il m'a dit que le théâtre allait être municipalisé, que je n'avais plus à m'occuper de rien. J'allais désormais devoir un loyer d'1 euro symbolique à la mairie, comme une subvention en nature" se souvient Jean-Pascal Mouthier. 

"Des promesses non tenues" ? 


D'après le directeur du TCM, Bruno Gilles aurait également précisé que la mairie avait trouvé un accord avec le Diocèse, pour baisser le loyer à 400 euros. La dette, étant à l'époque de 81 000 euros, serait également abaissée à 30000 euros. Bruno Gilles verse alors au TCM, une subvention parlementaire de 30 000 euros, somme qui devait être ensuite reversée au diocèse, pour effacer la dette. 

Maître Camille Tapin-Reboul, avocate du diocèse, le confirme : " un bail emphytéotique de 18 ans était préparé, mais pour une raison que j'ignore, les négociations n'ont pas abouti."

De son côté Jean-Pascal l'assume : "Le TCM a bien reçu ces 30 000 euros. A cette époque, une rencontre était prévue pour signer le bail, et que je reverse la subvention au propriétaire, mais le rendez-vous a été annulé. Ensuite, plus aucune rencontre n'a été programmée. Aujourd'hui, je réitère cette proposition, signons un accord, et je signe ce chèque. Mais on me dit que c'est trop tard". 

"une forme d'ingratitude"


Le 25 avril prochain, le Tribunal de Grande Instance devra se pencher sur le dossier. L'avocate de l'archevêché précise, que désormais, le diocèse souhaite l'expulsion du TCM, et une mise à disposition des locaux : 

Il y a une forme d'ingratitude sur ce dossier. Le diocèse a quand même mis à disposition ce lieu gratuitement pendant 12 ans. Et simplement réclamé un loyer qui n'est pas si exorbitant pour un théâtre.

Même sentiment du côté du sénateur Bruno Gilles. A l'époque maire des 4èmes et 5èmes arrondissement, Bruno Gilles a vite été séduit par le projet du TCM : "on a tout fait pour l'aider, sur le plan des autorisations, des accès handicapés". 

Je n'ai été qu'un intermédiaire dans cette affaire. Si ni le diocèse ni M.Mouthier n'ont pas signé leur accord, qui suis-je pour le faire respecter ? 
Aujourd'hui je me sens trahi, et insulté pour rien. J'ai tout fait pour l'aider, dire que je ne tient pas mes promesses c'est fort de café.

continue Bruno Gilles. 


Aujourd'hui, à un mois de son audience devant le tribunal, Jean-Pascal Mouthier lui, se sent désormais "condamné à mort" : 


Mon espoir est aujourd'hui très mince. On signe ma mise à mort matérielle devant le tribunal. Je vais perdre l'ouvrage de ma vie, que j'ai mis 12 ans à bâtir. Et je vais probablement perdre aussi ma maison. Aujourd'hui je n'ai plus rien à perdre

L'homme de théâtre tente le tout pour le tout. Une soirée de soutien est prévue vendredi 29 mars. Il espère y voir tous les amis du lieux, les amoureux de la scène et pourquoi pas quelques soutiens politiques, avant de peut-être jouer son dernier acte. 


 


 

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