• L'actu en vidéos
  • SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS

Méditerranée : comment Emmanuel Macron espère relancer le dialogue entre le Maghreb et l'Europe

Les représentants des 10 pays euro-méditerranéens réunis une dernière fois à Tunis, le 12 juin 2019, avant de se retrouver au Sommet des deux Rives à Marseille. / © Nathalie Layani - FTV
Les représentants des 10 pays euro-méditerranéens réunis une dernière fois à Tunis, le 12 juin 2019, avant de se retrouver au Sommet des deux Rives à Marseille. / © Nathalie Layani - FTV

Les 23 et 24 juin 2019, Marseille accueille le Sommet des deux rives. Une initiative d’E.Macron pour tenter de relancer la coopération entre l’Europe du Sud et l'Afrique du Nord. Après l’échec de ses prédécesseurs, sa stratégie sera-t-elle payante ? Décryptage en 5 questions.

Par Nathalie Layani

Il a promis une méthode nouvelle et innovante pour renouer le dialogue entre les deux rives de la Méditerrannée. Partir de la base, faire émerger les solutions de la société civile : c'est la "méthode Macron" appliquée au dialogue entre l'Afrique et l'Europe. On vous explique pourquoi et comment le Président de la République, qui viendra clôturer le Sommet des deux rives lundi prochain à Marseille, compte relever ce défi. 

1 - Pourquoi un nouveau sommet? 

Ces dernières années, le dialogue euro-méditerranéen tournait au ralenti. Il faut dire que le dernier grand chantier initié par la France date de ... 2008. 
A l'époque, Nicolas Sarkozy met toute son énergie à créer l'Union pour la Méditerrannée (UPM). L'organisation réunit 43 pays d'Europe et d'Afrique autour d'une volonté commune de développer des projets de coopération. Une grande ambition, rapidement balayée par les printemps arabes de 2011. 

Non sans ironie, Elisabeth Guigou se souvient de la photo de famille inaugurale de l'UPM, réunissant autour de Nicolas Sarkozy une brochette de dictateurs et d'autocrates africains : Hosni Moubarak pour l'Egypte, Ben Ali pour la Tunisie ou encore Bachar El-Assad pour la Syrie.
 
La poignée de main de Nicolas Sarkozy à Bachar El-Assad, en présence de Hosni Moubarak, lors du Sommet de Paris pour l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet 2008. / © Awaad Ochlik/MAXPPP
La poignée de main de Nicolas Sarkozy à Bachar El-Assad, en présence de Hosni Moubarak, lors du Sommet de Paris pour l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet 2008. / © Awaad Ochlik/MAXPPP

Pour l'ancienne Garde des sceaux socialiste, aujourd'hui Présidente de la Fondation Anna Lindh et  partenaire du Sommet des deux rives, il est temps de changer de méthode, en s'appuyant sur la société civile. 
 

2 - Qui sera présent à Marseille? 

Au Palais du Pharo, lundi à Marseille, c'est donc un casting inédit qui est attendu : pour chacun des 10 pays présents, 10  citoyens "qualifiés", réunis dans  "L'assemblée des Cent", seront chargés de porter les projets de coopération.
 

Une nouvelle coopération qui met la société civile au coeur des discussions entre 5 pays d'Europe du Sud (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte) et 5 pays d'Afrique (Tunisie, Algérie,  Maroc, Lybie et Mauritanie), comme on peut le voir sur cette carte :
 

A Alger, Malte, Palerme, Tunis, au Maroc et en France (à Montpellier), des réunions thématiques ont réuni ces personnalités selon leurs compétences pour préparer le  Sommet des deux rives. 

La chef de file de la délégation française est originaire du Var. Patricia Ricard est Présidente de l'Institut océanographique Paul Ricard. Pour elle, ce sommet doit avant tout répondre à l'urgence environnementale. C'est ce qu'elle a déclaré lors de l'Assemblée des Cent à Tunis, le 11 juin dernier.  
 

3 - Quels types de projets seront retenus? 

Au fil des rencontres thématiques, plus de 270 projets ont émergé. Les chefs de file ont décidé de privilégier quelques thématiques fortes, comme l'environnement, l'investissement dans la jeunesse, ou encore l'économie circulaire.  

A Marseille, devrait être annoncée la quinzaine de projets retenus, certains regroupant  plusieurs initiatives convergentes, autour par exemple des métiers de la mer, ou de l'artisanat local. 

Souvent, il s'agit de dupliquer dans d'autres pays de la Méditerranée des recettes qui marchent, comme par exemple, l'initiative de cette architecte designer qui remet au goût du jour l'artisanat local de Tunisie à travers d'objets de décoration contemporaine, et qui l'expose sur un site internet. Pour elle c'est une question de survie pour de nombreux savoir-faire locaux. 
 

4 - Qui va financer les projets ?

C'est évidemment une question essentielle. Depuis le début du processus, plusieurs bailleurs de fonds sont associés à la démarche : organisations publiques ou fondations privées. 
A Tunis, lors du dernier sommet préparatoire, une réunion était organisée entre les chefs de file des 10 pays et ces finançeurs, pour les convaincre de l'utilité de chaque projet. 
 

5 – Ce dont on ne parlera pas à Marseille

On ne parlera pas, ou très peu, des sujets qui fâchent. En s'appuyant sur des initiatives locales qui fonctionnent, et en tentant de les étendre à tout le bassin méditérrannéen, les initiateurs du Sommet des deux Rives ont un objectif : instaurer un "agenda positif"  et mettre de côté les sujets de discorde, comme l'immigration ou le terrorisme. 

Faire consensus, au-delà des divisions politiques, et donner rapidement vie aux projets retenus, c'est la condition du succès, selon la chef de file tunisienne, Ouided Bouchamaoui.

Le Sommet des deux rives, ce sera le thème de Dimanche en politique, en direct de Marseille, dimanche 23 juin à 11h30 sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'azur. 

 

A lire aussi

Sur le même sujet

test live depuis SI Video

Les + Lus