Marseille : réservations obligatoires dans le parc national des calanques pour limiter la surfréquentation

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Écrit par Laura Cadeau .

Ce dispositif inédit sera testé les week-ends des 25 et 26 juin ainsi que des 2 et 3 juillet prochains avant une mise en place quotidienne du 9 juillet au 21 août. Un quota de visiteurs instauré sur la calanque de Sugiton uniquement.

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À l’été 2020, à la sortie du premier confinement et avec des restrictions de voyage à l’étranger dues à la Covid-19, une armada de vacanciers avait débarqué dans le sud de la France.

Le parc national des calanques et ses 53 000 hectares en bord de Méditerranée s’était alors retrouvé envahi par trois millions de personnes. Une hausse inédite face aux années précédentes durant lesquelles on comptabilisait deux millions de visiteurs par an.   

Après cet épisode de surfréquentation, le parc a réagi en fermant l’accès aux voitures dans un premier temps. Il a investi plusieurs milliers d’euros pour installer des barrières ou aménager des parkings. Les véhicules automobiles ne peuvent donc plus accéder aux calanques les week-ends et jours fériés à partir du 9 avril, et tous les jours à partir du 1er juin.

Au Cap Croisette et à En Vau, la matérialisation du chemin à prendre permet ensuite aux gens de ne plus divaguer en dehors du sentier.  

Un permis de visite expérimenté cet été 

À l’aube de l’été 2022, toujours marqué par la volonté de préserver son site, le parc adopte une stratégie supplémentaire pour limiter les accès. Cette fois, il s’adresse directement aux piétons.  

Mais comment interdire l’accès libre à un parc, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et qui s’étend sur les communes de Marseille, de Cassis et de la Ciotat ? 

En réalité, seule la calanque de Sugiton est concernée par ce dispositif. 72 à 48 heures avant leur visite visite, les randonneurs devront réserver sur une application que le site officiel du parc dévoilera courant mai.

Un dispositif qui sera testé le dernier week-end de juin et le premier de juillet avant une mise en place quotidienne du 9 juillet au 21 août. Le but ? Protéger, avant tout, la nature et la biodiversité ; les sols et les plantes ayant été dégradés par les piétinements à répétition. 

La préservation de l'environnement comme objectif principal 

"Sugiton est la plus impactée de toutes les calanques naturelles", s'inquiète Didier Réault, le président du parc mais aussi conseiller départemental Les Républicains. "Aujourd'hui, nous avons la chance de bénéficier d'un programme de préservation de la flore du littoral face à la divagation des gens sur les espèces protégées." 

"Life habitats calanques" est en effet le premier programme européen visant le Parc national des calanques. Lancé pour 5 ans, il s’élève à près de 4 millions d’euros.

Parmi les actions mises en place pour restaurer plus de 92 hectares de littoral (dont des sites emblématiques comme Callelongue, Marseilleveyre et Morgiou) : la plantation de plus de 4.000 astragales de Marseille et de plantains subulés.

"On ne peut pas permettre que chacun piétine ce qui a été remis en état, sans compter aussi l’impact sur les herbiers de posidonie. C’est tout l’écosystème qui est victime de la sur fréquentation touristique, pas seulement à l’instant mais dans les jours qui suivent", ajoute Didier Réault.  

Un contrôle physique dans la calanque de Sugiton 

Le président du parc souhaite ainsi tirer les conclusions de cette expérimentation pour savoir s’il reconduit le dispositif l’année prochaine, avec la volonté d’accueillir mais de limiter. "Certains jours, nous sommes à 2.500 personnes et nous aimerions baisser entre 400 et 600 visiteurs au quotidien” ,explique Didier Réault, tout en précisant que les jauges seront définies mi-mai.  

Comment ça fonctionne sur place ? À Luminy, l’entrée principale, un poste d’information demandera aux passants s’ils ont leur réservation. En cas d’oubli, il leur sera impossible de passer la journée dans la calanque. Plus loin, au col de Sugiton, un deuxième poste sera là, pour les informer avant un contrôle d’accès physique en bas de la calanque où, là, une société de sécurité vérifiera leur permis de visite.  

Même chose en mer : le contrôle, plus difficile, se fera de manière inopinée avec des contrôleurs mobiles pour s’assurer que les plaisanciers ne débarquent pas, sont bien mouillés dans un lieu approprié ou ne sont pas ancrés sur la posidonie.  

C'est prochainement que le parc national des calanques lancera sa campagne de communication autour de ce fameux permis de visite.  

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