Drive, ventes flash, call center, les nouvelles méthodes marketing des trafiquants de drogue

Le 16 janvier, un réseau utilisant le Drive a été démantelé à la cité Bassens à Marseille. / © police 13
Le 16 janvier, un réseau utilisant le Drive a été démantelé à la cité Bassens à Marseille. / © police 13

Le marketing appliqué à la vente de drogue, c’est la tendance surprenante révélée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) dans son dernier bulletin. Les trafiquants se mettent au drive, offres promotionnelles, call center et dark web, pour attirer leurs clients.

Par Annie Vergnenegre

Le marché de la drogue a beaucoup évolué ces dernières années. Les trafiquants ont dû adapter leurs pratiques à de nouveaux modes de consommation. C’est le cas à Marseille, où la recrudescence de la violence et les règlements de compte dissuadent de plus en plus de clients à s’aventurer dans certains quartiers de revente pour s’approvisionner. D’autant plus avec une présence policière renforcée liée aux Zones de Sécurité Prioritaire (ZSP) et à l’état d’urgence

SMS et livreurs à domicile

Faisant leur la célèbre maxime, « si tu ne viens pas Lagardère, Lagardère viendra à toi », aujourd’hui pour vendre leur came, les dealers doivent se rapprocher de leurs clients. Les clients ne vont plus acheter la drogue, c’est la drogue qui va à eux. Dans ce contexte, le téléphone portable est devenu un outil clé du trafic, note l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), qui explique :

"le démantèlement des points de vente a poussé les dealers à aller à la rencontre des clients en prenant contact par SMS".

Dans certaines villes, se sont mis en place des Cocaïne Call centers, "où les commandes s’effectuent par SMS et sont honorées par des livreurs à domicile"» comme des pizzas. A la différence, qu’ici bien sûr, "le cloisonnement est de mise, souligne l’OFDT, le client contacte un commanditaire qui charge de la livraison un de ses coursiers disponibles  et  régulièrement différents, dont le client n’a pas les coordonnées".  "Sur les 40 cités marseillaises les plus conernées par les trafics de drogues, note encore l’observatoire, une dizaine revend à la fois du cannabis et de la cocaïne."

Surtout prisé pour la vente de cocaïne, cette méthode est désormais tout aussi bien utilisée pour la MDMA, l’herbe de cannabis ou le crack.

Relance et promo

D’après l’OFDT, face à un marché devenu très concurrentiel, certains trafiquants n’hésitent pas à relancer leurs clients par texto ou à proposer des offres promotionnelles du type :

" Jusqu’à minuit, 1 gramme blanc acheté, 0,2 gramme offert ; 1 gramme brun acheté, 0,5 gramme offert » ou encore « 60 euros le gramme et 70 euros les 2 grammes".

Drive

Autre pratique qui s’étend pour répondre aux hésitations des clients à venir sur les lieux de revente, le Drive comme à l’hypermarché. A Marseille, un trafic Drive a été récemment démantelé dans la cité Bassens.

L’OFDT confirme cette tendance : "Ce sont des emplacements en général adossés à une cité où les clients peuvent s’approvisionner sans sortir de leur véhicule, La transaction semble plus sécurisée aux yeux des usagers, et cette organisation permet aux trafiquants des cités de garder leur clientèle".

Dark web

A la pointe des technologies, les dealers se diversifient aussi en recourant au « dark web » (la partie du web non référencé consacrée à des activités illégales) pour s’adresser à des clients les plus aisés économiquement qui souhaitent rester à l’écart des réseaux de rue.  Même si on note une montée en puissance, ce mode d’achat par internet reste "l’apanage de quelques-uns", souligne l’OFDT, car il exige de "planifier sa consommation, de disposer d’un matériel informatique et de maîtriser un minimum de connaissances pour accéder aux sites de vente" tout en sachant "se protéger des risques d’escroqueries".

Do it yourself

Enfin, l’OFDT note dans ses nouvelles tendances du marché de la drogue, un certain essor chez les consommateurs du  « do it yoursef » ou fabrication artisanale de produits dérivés du cannabis, dans quelques villes comme  Marseille. L’OFDT note "l’intérêt de certains usagers pour des discussions autour des méthodes d’auto-fabrication" et autres recettes et des pratiques qui se développent grâce notamment à des sites internet.

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