Hôpitaux de Marseille: les syndicats dénoncent les conditions de travail

Plusieurs syndicats de l'Assistance publique des Hôpitaux de Marseille (APHM) ont exprimé leur inquiétude jeudi face à la situation des hôpitaux de la cité phocéenne, et dénoncé un traitement du personnel "complètement opposé à la qualité des soins".

Hôpital de la Timone à Marseille
Hôpital de la Timone à Marseille © Maxppp.
Plusieurs syndicats de l'Assistance publique des Hôpitaux de Marseille (APHM) ont exprimé leur inquiétude jeudi face à la situation des hôpitaux de la cité phocéenne, et dénoncé un traitement du personnel "complètement opposé à la qualité des soins". Les représentants de FO, de la CGT et de la coordination nationale infirmière (CNI) ont annoncé, en protestation, qu'elles se retiraient des instances officielles "sauf celles qui concernent directement le personnel", lors d'une conférence de presse.

Gestion épinglée en 2014 et 2015


Le groupement d'hôpitaux publics, l'un des plus gros de France avec 4 établissements et 13.000 agents, connaît des crises récurrentes ces dernières années. Sa gestion a été épinglée à deux reprises, en 2014 et 2015, par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Jeudi, les syndicats ont déploré la dégradation des conditions de travail, liées
notamment aux suppressions de postes, qui se répercutent sur la qualité des soins.

On assiste en masse à des postes supprimés, à des primes supprimées aux agents, à des mutualisations de plannings sur plusieurs services",


a dit Danièle Ceccaldi de la CGT.

200 lits supprimés


"Quasiment tous les services sont en sous-effectif", assure-t-elle. Les syndicats, qui se plaignent d'une absence de dialogue avec la direction, craignent de nouvelles coupes dans le personnel, a-t-elle poursuivi: "On va supprimer 200 lits, ça veut dire 400 postes supprimés". "On demande à ces agents de continuer (leur travail) de la même façon" alors qu'ils
n'ont plus les moyens humains
", a déclaré Audrey Jolibois de FO.

On a demandé à une infirmière de prendre en charge un patient alors qu'elle avait déjà deux urgences vitales",


raconte-t-elle.

Personnels démotivés


"On voit des personnels complètement démotivés qui ont l'impression qu'on ne s'intéresse pas à eux, et ils ont raison", a ajouté Mme Ceccaldi. "Le contrat de retour à l'équilibre
financier est complètement opposé à la qualité des soins
", a estimé de son côté Eric Audouy de la CNI.

La direction a répondu que l'AP-HM poursuivait "un important effort de redressement qui passe à la fois par une amélioration de sa trajectoire financière et par un ambitieux projet stratégique". Un projet d'établissement 2017-2021 est "en cours d'élaboration", a-t-elle dit. 

Ce projet prévoit "des dispositifs de soutien aux agents et aux équipes tant pour l'amélioration des conditions de travail que pour l'évolution des parcours professionnels"
et ses dispositions sont "largement concertées" avec les syndicats, selon la direction. En mars 2014, le directeur de l'AP-HM avait démissionné, remplacé par Catherine
Geindre. Un contrat de retour l'équilibre financier a été signé avec l'Agence régionale de santé (ARS), fin 2014.
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