Quatre et trois ans de prison pour menace de mort par SMS sur un avocat de Marseille

L'avocat Pierre Bruno a reçu un SMS de menaces de mort à la veille d'un procès pour trafic de cocaïne. / © France 3 Provence-Alpes
L'avocat Pierre Bruno a reçu un SMS de menaces de mort à la veille d'un procès pour trafic de cocaïne. / © France 3 Provence-Alpes

"On te tue toi et ta famille" dit le SMS. Deux Marseillais et un Toulonnais ont été jugés hier à Marseille pour l'envoi de ce texto de menaces de mort à l'encontre d'un avocat, la veille d'un procès pour trafic de cocaïne. L'un a écopé de quatre ans de prison, les deux autres de trois ans de prison.

Par KB avec AFP

Un homme a été condamné à 4 ans de prison et deux autres à trois ans, mardi par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir menacé de mort, par SMS, un avocat juste avant un procès. A l'ouverture d'un procès pour trafic de cocaïne, le 1er juillet 2016, Me Pierre Bruno, l'avocat du principal prévenu, Gérard Clar, 62 ans, avait informé le tribunal de l'existence d'une enquête ouverte 15 jours avant pour menaces de mort par SMS :  

Si tu défends encore Gérard Clar ou si tu le fais sortir en provisoire, on te tue toi et ta famille. A lui, tu peux dire qu'on le tuera même dans le (fourgon) cellulaire..."


indiquait le sms anonyme.

Deux Marseillais et un Toulonnais


Le procès avait eu lieu sous haute tension et avec des mesures exceptionnelles de sécurité après que le tribunal correctionnel eut refusé de le reporter. Gérard Clar a été condamné à neuf ans de prison le 10 juillet, puis 10 ans après avoir fait appel. L'enquête sur les menaces de mort avait désigné trois hommes, deux Marseillais, Akli Comashie, 24 ans et Miguel Gomis, 21 ans, qui ne connaissaient pas Gérard Clar et un Toulonnais Marwan Faiza, 24 ans qui avait rencontré celui qu'il nomme "l'ancien", à la prison de la Farlède, à Toulon.  
De la prison ferme pour un SMS de menaces de mort
"On te tue toi et ta famille" dit le SMS. Deux Marseillais et un Toulonnais ont été jugés hier à Marseille pour l'envoi de ce texto de menaces de mort à l'encontre d'un avocat, la veille d'un procès pour trafic de cocaïne. L'un a écopé de quatre ans de prison, les deux autres de trois ans de prison. - Jean-François Giorgetti

Il dit ignorer le destinataire de son SMS


A l'audience, les deux Marseillais ont reconnu leur rôle dans l'envoi du SMS. "C'est moi qui ai pris l'initiative" a indiqué Akli Comashie. Mais s'il a compris que "le message était chaud", il en ignorait le destinataire et la gravité.

C'est un texto, dans ma tête un texto c'est rien".


Miguel Gomis, auquel appartenait le portable n'était lui non plus "pas au courant". Une femme lui avait donné le message, écrit sur un papier et les deux garçons l'avaient retranscrit par SMS, ont-il soutenu.

"Des jeunes immatures et sans cervelle"


Marwan Faizaz qui se trouvait en liberté conditionnelle au moment des faits a pour sa part nié toute responsabilité dans l'envoi du SMS de menaces. L'accusation a vu dans Gérard Clar, qui n'a pas porté plainte, le commanditaire des menaces, qui le visaient également. Si son procès avait été ajourné au delà du 15 août, il aurait été automatiquement remis en liberté en raison des délais de comparution fixés par le code pénal. "Il y avait une seule personne qui bénéficierait d'un renvoi, c'est M. Clar", a fait valoir le procureur adjoint André Ribes. "Quant à Gomis il sait très bien ce qu'il est en train de faire". Pour l'avocat de ce dernier, Alain Lhote, il s'agit de "deux jeunes gens immatures et sans cervelle manipulés par des délinquants aguerris qui ont tenté un coup d'état judiciaire dont Pierre Bruno a été la victime collatérale". Marwan Faizaz a été reconnu coupable d'avoir joué les intermédiaires.

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