Exposition au Mucem : Jean Giono, un poète pacifiste né dans le fracas de la guerre

L'exposition du MuCem de Marseille retrace ombres et lumières de Jean Giono, hanté par le fracas de la guerre. / © Malik Karouche FTV
L'exposition du MuCem de Marseille retrace ombres et lumières de Jean Giono, hanté par le fracas de la guerre. / © Malik Karouche FTV

A la veille du cinquantenaire de la disparition de Jean Giono, le Mucem célèbre l'écrivain manosquin, à travers près de 300 oeuvres et documents. Une rétrospective loin de l'image d'Epinal du romancier provençal, à découvrir jusqu'au 17 février 2020.

 

Par Annie Vergnenegre

Le grand public connaît surtout de lui ses classiques Colline, Le Hussard sur le toit, Regain, Le Déserteur... 

Dans l'enfer de Verdun

Né à Manosque, dans les Alpes de Haute-Provence, Giono quitte l'école à 16 ans pour travailler aux côtés de son père cordonnier. Fin 14, il est mobilisé. A 20 ans, il découvre les horreurs de Verdun.

Cette période de sa vie ouvre l'exposition du Mucem avec l'installation noire de Jean-Jacques Lebel, "La révolte contre l'ignoble" qui plonge le visiteur dans l'enfer d'une guerre qui tua 10 millions de soldats. 

L'écrivain Giono est né dans les tranchées

souligne la commissaire de l'exposition, Emmanuelle Lambert. "On ne peut pas comprendre son oeuvre si l'on ne tient pas compte de son expérience de la guerre".

Giono tente de "s'extirper de cette noirceur par la poésie, la création et la nature", raconte l'auteure de "Giono furioso".
Cette expérience traumatisante fera de lui un pacifiste convaincu. En 1938, il a cette phrase : "Je préfère être un Allemand vivant qu'un Français mort". 

Un agitateur pacifique

"Il a plus une image d'agitateur qu'il n'est un agitateur" décryte Jacques Mény, président Association de Amis de Jean Giono. Mais cet agitateur pacifiste il faut le faire taire et on va trouver un bon prétexte pour le mettre au fort Saint Nicolas pendant deux mois et on sera bien obligé de le relâcher puisqu'on a rien à lui reprocher". 

En septembre 44, Jean Giono est arrêté pour une oeuvre de fiction publiée dans un journal antisémite et un reportage sur lui dans un magazinz nazi, mais il est blanchi par des juifs et des résisitants qu'il a caché pendant la guerre.

"Cette tâche-là est restée sur son nom et perdure jusqu'à aujourd'hui", souligne la commissaire de l'exposition.

Après la guerre Jean Giono retrouve Manosque, où il vivra jusqu'à sa mort en 1970, entouré de livres, de peintures et de films.
 

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