La détresse des éleveurs face aux attaques de loups en série sur le plateau d'Emparis

Les éleveurs des Hautes-Alpes sont découragés de retrouver leurs brebis égorgées ou blessées par les loups. / © Marie-Cécile Pic
Les éleveurs des Hautes-Alpes sont découragés de retrouver leurs brebis égorgées ou blessées par les loups. / © Marie-Cécile Pic

En ce début d'été, les attaques de loups se multiplient autour du plateau d'Emparis, dans les Hautes-Alpes. Les éleveurs se sentent désemparés et impuissants face au prédateur qui décime leurs troupeaux.

Par Annie Vergnenegre

Jumelles autour du cou, Michèle et Bernard Sionnet observent un ballet macabre au-dessus du plateau de l'Emparis. Cet été, les attaques de loups se sont multipliées. "Ce sont les vautours qui nous font découvrir les dégâts, raconte l'éleveur, mais quand on découvre c'est trop tard, on ne peut rien y faire".

Michèle n'ose plus laisser ses brebis aller librement dans les alpages. Les bêtes sont parquées dans des enclos de fortune. "Ça nous fait peine, dit-elle impuissante. Le soir on vient les voir, les unes boitent, les autres, elles "buquent" comme on dit, elles boudent, elles souffrent en elles-mêmes, elles vont finir par crever...

Ce sont toujours les plus belles, on dirait que le loup trie les brebis.

Les éleveurs sont découragés. Certains envisagent d'arrêter leur activité. Bernard Sionnet s'accroche à cette vie qu'il a choisie : "J'ai fait ça par passion. Le troupeau, ça fait un peu partie de la famille." 

On est indemnisés, mais à la limite, le pognon on en a rien a foutre ! je veux mes bêtes.

"Nos alpages, c'est sacré. C'est l'été que nos bêtes sont bien et qu'elles prennent de la valeur. Et on est en train de foutre en l'air des systèmes qui marchent bien pour un indésirable qu'on veut rendre compatible avec l'agneau, renchérit l'adjoint au maire de La Grave Roland Jacob. Lafontaine avait raison avant nous, avant l'administration surtout". 

Dans les massifs haut-alpins, chaque attaque renforce l'incompréhension des éleveurs. Et la colère monte. En 2018, 3 674 attaques ont été recensées en France.

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