Gap : le parquet classe sans suite les poursuites contre un bénévole qui avait secouru une migrante enceinte

Le parquet de Gap a décidé de classer sans suite la procédure engagée à l'encontre d'un bénévole qui avait secouru des migrants nigérians, dont une femme enceinte en mars dernier.

Benoît Ducos, ancien pisteur secouriste, effectuait une maraude au col de Montgenèvre quand il a secouru les migrants venant de passer la frontière italienne.
Benoît Ducos, ancien pisteur secouriste, effectuait une maraude au col de Montgenèvre quand il a secouru les migrants venant de passer la frontière italienne. © Justin MOUREZ/PHOTOPQR/LE DAUPHINE/MAXPPP
Benoît Ducos ne sera pas poursuivi en justice. Le 10 mars dernier, l'ancien pisteur secouriste avait porté secours à des migrants lors d'une maraude au col de Montgenèvre. Parmi eux une famille de migrants nigérians, Daniel et Marchela, enceinte de huit mois et demi, et leurs deux enfants Isabelle âgée de 2 ans et Mickael 5 ans. La jeune mère avait accouché d'un garçon à l'hôpital de Briançon. Poursuivi pour les "chefs d'aide à l'entrée et à la circulation d'un étranger en situation irrégulière", le bénévole avait été convoqué devant la police aux frontières (PAF) le 14 mars, suscitant une forte mobilisation de solidarité.  


Infraction insuffisamment caractérisée


Près de huit mois après, le parquet de Gap a annoncé ce vendredi qu'il avait décidé de classer la procédure sans suite.
"Après un examen approfondi, j'ai décidé le 27 octobre 2018 de la classer sans suite au motif "infraction insuffisamment caractérisée" pour le délit d'aide à l'entrée (les investigations n'ayant pas permis de déterminer si M. Ducos avait ou non participé directement ou indirectement à l'organisation du passage illégal de la frontière de ces personnes dans des conditions particulièrement périlleuses), et au motif "immunité humanitaire" pour l'aide à la circulation d'étrangers en situation irrégulière compte tenu de l'absence de contrepartie et des conditions météorologiques dangereuses pour ces personnes nécessitant de leur porter secours,

en particulier pour la femme enceinte qui a déclaré aux enquêteurs avec son conjoint avoir pris ce risque déraisonnable pour ne pas accoucher en Italie où elle craignait que ses enfants lui soient retirés par les autorités italiennes 


indique le procureur Raphaël Balland dans son communiqué.
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