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Gap : le procès des “3 de Briançon” est reporté en novembre

2 des 3 militants, à leur sortie du palais de justice. A gauche, Théo Buckmaster (Belgo-Suisse.) A droite, Bastien Shauffer, (Suisse). / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
2 des 3 militants, à leur sortie du palais de justice. A gauche, Théo Buckmaster (Belgo-Suisse.) A droite, Bastien Shauffer, (Suisse). / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Ce jeudi matin, le tribunal correctionnel de Gap a renvoyé au 8 novembre le procès fond des trois militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à entrer en France le 22 avril dernier. La question de constitutionnalité autour du principe de fraternité est en cours d'examen.

Par AFP / Nathalie Deumier

Ce jeudi matin, à Gap, les plaidoiries au sein du tribunal correctionnel ont été longuement nourries de références historiques à la Résistance. A l'extérieur du palais de justice, 300 personnes sont venues soutenir ceux qu'on appelle les "3 de Briançon". Le procès sur le fond des trois militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à entrer en France a été reporté au 8 novembre. 

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer


Le 22 avril, ces 3 militants ont facilité l'entrée d'une vingtaine de migrants sur le sol français. Le contrôle judiciaire d'Eleonora Laterza, étudiante italienne de 27 ans, Bastien Stauffer, étudiant suisse de 26 ans et Théo Buckmaster, belgo-suisse de 23 ans, a été levé au terme de l'audience. Motivant le renvoi, la question prioritaire de constitutionnalité sur le "délit de solidarité", formule utilisée par les défenseurs des migrants pour qualifier les faits qui leur sont reprochés, doit encore être tranchée par le Conseil constitutionnel. Les sages ont jusqu'à début août pour se prononcer. L'avocat de la jeune Italienne, Maître Philippe Chaudon, a indiqué au début du procès qu'il ne soulèverait pas cette question, selon le souhait de sa cliente, anarchiste, qui n'accorde pas sa confiance à une décision du Conseil constitutionnel.

Environ 300 personnes réunies devant le palais de justice de Gap / © Aurélien Casanova / France 3 Provence-Alpes
Environ 300 personnes réunies devant le palais de justice de Gap / © Aurélien Casanova / France 3 Provence-Alpes


"Eux c'est nous"


A leur sortie, les trois prévenus ont été accueillis par les applaudissements de leurs soutiens  aux cris de "A bas les flics et les frontières !" Ils avaient brandi des pancartes annonçant "31-05-2018 - je suis un (e) délinquant (e) solidaire en bande organisée" ou "liberté pour les trois de Briançon". Des banderoles clamaient "solidarité = délit", "Eux, c'est nous",  "SOS Alpes solidaires".

© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

C'est le 22 avril, aux côtés d'une centaine de militants, que le trio avait participé à une marche et franchi la frontière italo-française avec une vingtaine de migrants au-dessus de Briançon. Une action qui répondait au "blocage", la veille, d'un col frontalier voisin par une centaine de membres du groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire, hostile à l'entrée de réfugiés.

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