Le militant pro-migrants de Briançon Pierre Mumber relaxé en appel à Grenoble

Pierre Mumber lors de l'audience en appel le 24 octobre 2018 à Grenoble. / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Pierre Mumber lors de l'audience en appel le 24 octobre 2018 à Grenoble. / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

L'accompagnateur en montagne des Hautes-Alpes avait été condamné en première instance à 3 mois de prison avec sursis pour avoir porté assistance à des migrants lors d'une maraude près de la frontière italienne au cours de l'hiver 2018. 

Par AV avec AFP

En première instance, le 10 janvier dernier, le tribunal correctionnel de Gap avait condamné Pierre Mumber à 3 mois de prison avec sursis pour "aide à l'entrée irrégulière d'étrangers". La justice lui reprochait également de les avoir "aidés à se soustraire" à un contrôle de police, un fait qu'il contestait.

Des images de la télévision italienne visionnées

Le procès en appel s'est tenu le 24 octobre à Grenoble. Lors de l'audience, les magistrats ont visionné des images de la télévision tournées lors de la maraude au col de Montgenèvre, qui contredisent
la version policière.

"Les mentions des procès-verbaux apparaissent au vu des images visionnées particulièrement dénuées de véracité", a estimé la cour d'appel, allant à l'encontre de l'interprétation de l'avocat général qui avait requis la confirmation de la peine à l'encontre du gérant de gîte de 55 ans au casier judiciaire vierge.

La cour ajoute qu'"aucun élément ne permet de forger la conviction que Pierre Mumber est intervenu directement pour empêcher les policiers d'appréhender les étrangers en situation irrégulière, ces difficultés d'interpellation tenant manifestement plus aux moyens en présence qu'à l'obstruction alléguée".
  
Selon la cour, les éléments de téléphonie ne permettent pas davantage de démontrer que Pierre Mumber a accompagné les migrants lorsqu'ils ont franchi la frontière.

Le militant soulagé mais amer

Pierre Mumber a fait part de son "soulagement" à l'AFP

C'était tellement incohérent! C'est difficile de se sentir incriminé sur des faits faux.

"Je garde une sorte d'incompréhension et un peu de dégoût par rapport au fait que des policiers se permettent de provoquer ce genre de situation (...) alors que les maraudeurs apportent juste une aide humanitaire qui n'a rien d'illégal", a-t-il encore commenté. 

  
    
 

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