VIDÉO. Pourquoi il ne faut surtout pas donner à manger aux marmottes ?

En cette période estivale, les marmottes peuvent être victimes du tourisme de masse. Les spécialistes tentent d'alerter sur le mauvais comportement des randonneurs qui nourrissent ces petits rongeurs, les prennent en photo et les effraient.

Vous avez sûrement dû voir cette photo de marmotte en train de manger un petit biscuit voire des chips, porté à la bouche par un ou une touriste. Et bien, derrière cela, il y a des conséquences néfastes importantes pour ce petit rongeur des montagnes.

France 3 Provence-Alpes vous explique, avec l'aide d'experts, pourquoi donner à manger aux marmottes est tout sauf une bonne idée.

Nécessaire pour survivre à l'hiver

Nombreux sont les touristes qui donnent le reste de leur pique-nique aux marmottes, qui se laissent approcher. Un reste de sandwich, la moitié d'une chips. Les experts alertent. Ce sont des "mauvaises graisses" pour ces mammifères à quatre pattes. Feuilles, racines, tiges et fleurs constituent l’essentiel de leurs repas. Il lui arrive parfois de devenir carnivore, lorsque larves, vers, criquets et sauterelles sont abondants ou quand elle a la chance de trouver un nid.

Dominique Gauthier, vétérinaire spécialisé dans la faune et la flore à Gap, explique à France 3 Provence-Alpes que ces animaux ont un régime "herbivore". C'est-à-dire qu'ils ne peuvent se nourrir que de fleurs ou d'herbe. Or, donner un petit bout de biscuit chocolaté ne fait pas partie de son régime.

"Ça empêche le bon métabolisme et le bon stockage de réserves", rajoute le médecin. Seulement, ces "réserves" sont nécessaires pour aider ces animaux à survivre à l'hiver pendant "5 ou 6 mois".

Le danger est alors bien présent. Certains de ces rongeurs ne passent parfois "pas l'hiver", car ils manquent d'énergie, selon Sandra Bérénice Michel, photoreporteur et réalisatrice en cinéma animalier.

Risque de diabète

En donnant trop de sucre et d'aliments non-conformes à ces marmottes, elles peuvent aussi devenir "diabétiques", selon les propos de tous les chercheurs rencontrés.

J'ai trouvé des bonbons au caramel, des chocolats. Ce matin, j'ai ramassé un kilo de carottes. Ça me révulse !

nous confie avec colère Christian Rias, biologiste au CNRS à la retraite.

Cet habitant de Chabanon, station de ski des Alpes-de-Haute-Provence, s'est passionné pour ces mammifères à pattes courtes. Au fil des années, il a recensé le nombre de marmottes présentes dans sa commune. Il précise que, cette année, "le taux de mortalité est de 55 % à Chabanon. Il était de 45 %, il y a 7 ou 8 ans".

Et pour la moitié de ces pertes, il accuse le "diabète".

Une perte de pelage

Et si vous pensiez que ces comportements ne touchaient que le stockage de graisse de ces bêtes, c'est une erreur. Cela va jusqu'au pelage. En étant malnutries, les marmottes ont des "poils en mauvais état". "Elles vont du mal à supporter l'hiver" et le froid si elles manquent de pelage, soutient Sandra Bérénice Michel.

Certaines souffrent "d'eczéma", d'après le vétérinaire Dominique Gauthier, les conduisant à perdre leurs poils.

Ne pas la déranger

Pour tous les spécialistes, "il ne faut pas déranger" ces petits rongeurs. Pour Sandra Bérénice Michel, les visiteurs, ceux qui font des randonnées, "veulent avoir leur photo en gros plan", où l'on peut apercevoir le petit museau et le doux pelage d'une marmotte, "pour faire du buzz".

Le problème selon la photoreporteure, c'est que ces animaux sont "effrayés". Conséquence à cela, "elles se cachent" et ne vont donc pas chercher de quoi se nourrir. Pire encore, elles vont "s'habituer, vont s'approcher des humains et ne plus avoir conscience des risques des autres prédateurs".

Christian Rias alerte aussi sur le fait qu'il ne faut "absolument pas courir vers elles" et précise que les "bébés marmottes sont les plus fragiles". "Si on leur fait peur, cela peut leur provoquer un arrêt cardiaque."

De la sensibilisation dans les parcs

Emmanuel Gastaud est chargé de mission au Parc national du Mercantour. Pour lui, il y a quelques "bons gestes à savoir" lorsque l'on visite le Mercantour, situé sur les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence. Cela s'applique également à tous les sentiers sur lesquels ces rongeurs ont adopté comme lieu d’habitation.

Il ne faut pas l'appeler et garder une distance de sécurité. Il faut juste observer. Dès qu'un animal nous regarde, c'est qu'il y a un risque de dérangement.

Emmanuel Gastaud est chargé de mission au Parc national du Mercantour.

Il fait d'ailleurs de la sensibilisation dans son parc pour les visiteurs. Des panneaux signalétiques sont installés sur le site, indiquant quelques consignes à respecter pour cohabiter de la meilleure manière possible avec nos amis les animaux.

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