Hautes-Alpes : rencontre (imprévue) entre le maire d'un village et un loup

Loup inconnu (qui n'était pas à Saint-Pierre-Avez ce matin) / © CC / Google images
Loup inconnu (qui n'était pas à Saint-Pierre-Avez ce matin) / © CC / Google images

Ce jeudi matin, monsieur le maire de Saint-Pierre-Avez part dans la colline à la recherche de brebis égarées. 110 bêtes se sont perdues récemment. Soudain, une brebis blessée surgit en trombe. Elle est suivie d'un loup. Le maire et le loup échangent un regard... inoubliable... glaçant.

Par Nathalie Deumier

Alain Laugier est maire de Saint-Pierre-Avez, dans les Hautes-Alpes. A 67 ans, il connaît très bien ses montagnes. Enfin... pas si bien que ça puisque ce matin il a vécu sa première rencontre avec un loup. Plusieurs heures après, il ne s'en est toujours pas remis.


La rencontre


110 brebis d'un éleveur du village, sur 310, se sont égarées ces derniers jours. Certaines reviennent toutes seules et le maire en retrouve 60 en marchant aux alentours de l'élevage. Ce jeudi matin, Alain Laugier repart à la recherche des bêtes, accompagné de sa chienne Border Collie. Il a la capacité de "sentir la brebis". Soudain, au détour d'un arbre, une brebis déboule en courant aussi vite que possible. Elle est blessée au cou et perd beaucoup de sang. Derrière elle, un loup stoppe nette sa course. Il fixe l'homme, toutes dents dehors, la gueule ensanglantée, fait un tour à 90 degrés puis se volatilise littéralement. La chienne, qui aboie beaucoup d'habitude, est tétanisée. Le maire ne porte pas de couteau sur lui, juste des jumelles. Il sait utiliser ses mains et ses pieds mais face à l'animal, il se fige, abasourdi.
 
Illustration de loup / © CC / Google Images
Illustration de loup / © CC / Google Images

Un chien-loup peut-être ?


Et voilà que notre homme doute de sa rencontre. C'est peut-être un chien-loup ? Ou un chien tout court ? Un canidé, en tout cas, ça, il en est sûr. Ni poisson rouge ni aigle royal. Mais il est difficile d'affirmer qu'il s'agit d'un loup. Vu l'effet produit par son regard, on peut imaginer que l'animal est bien sauvage. Et qu'il sait se faire menaçant.
 

Enquête et prélèvements


Des prélèvements ont été réalisés sur la brebis blessée. Des gardes de l'ONCFS, l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage interviennent pour ça. Ils étudient les caractéristiques de l'attaque du troupeau, et font des relevés pour analyser les traces du prédateur. Malheureusement, les gardes ont conseillé à l'éleveur de tuer la brebis, qui ne peut survivre à ses blessures. De son côté, l'éleveur a envoyé des échantillons à un laboratoire allemand pour déterminer de façon sûre s'il s'agit d'un loup.
 

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