Centraco-Codolet : 1 mort dans l'explosion du four

Publié le Mis à jour le
Écrit par Afp

Un accident a fait un mort et quatre blessés lundi dans l'installation nucléaire Centraco de Codolet.

L'explosion d'un four servant à recycler des déchets faiblement radioactifs a fait lundi un mort et quatre blessés, dont un grave, dans l'installation nucléaire Centraco de Codolet, proche du site de Marcoule (Gard).

"Selon les premières informations, il s'agit d'une explosion d'un four servant à fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité", a indiqué l'ASN, qui a activé son centre d'urgence à la suite de l'accident, survenu en fin de matinée.

Pas de fuite radioactive, pas d'évacuation ni de confinement

Ministère de l'Energie

L'explosion d'un four lundi dans l'installation nucléaire Centraco de Codolet (Gard), dans un centre de traitement de déchets d'une filiale d'EDF, proche du site de Marcoule, "n'a pas occasionné de fuite radioactive", a indiqué une porte-parole du ministère de l'Energie.

Ministère de l'Intérieur

"Aucune mesure de confinement ou d'évacuation" des salariés n'a été nécessaire sur le site nucléaire de Marcoule. Les blessés "n'ont pas été contaminés" et la personne décédée est "morte dans l'explosion".

Nathalie Kosciuscko-Morizet sur place

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciuscko-Morizet était attendue lundi après-midi sur le site nucléaire de Centraco à Codolet, proche du site de Marcoule.

Les réactions

 - Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste: "En ce qui concerne Marcoule. Nous ne savons pas encore ce qui s'est passé. Je n'ai pas l'habitude d'utiliser des faits que je connais mal (...) mais cela pose le problème absolu de la transparence et du contrôle". "Partout où il y a des matières nucléaires, il devrait y avoir contrôle, il devrait y avoir transparence (...) Je pense ce soir au salarié décédé, à celui

qui est gravement blessé".

 - Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste: "je demande au gouvernement, notamment au ministre de l'Intérieur de communiquer en temps réel les informations en sa possession sur les circonstances de cet accident et de dire la vérité sur les risques éventuels encourus. L'urgence doit être à la protection des employés du site et des habitants et à l'information de tous".

 - Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche: "j'appelle à rompre avec les logiques financières et marchandes qui conduisent les décideurs du nucléaire à dégrader les conditions de maintenance et de sûreté. Une véritable sécurité passe par la remise en cause de l'externalisation et de la filialisation et le retour à une maîtrise à 100 % publique du secteur de l'énergie. Face à l'opacité qui entoure les choix nucléaires de la France, j'appelle au lancement d'un débat public suivi d'un référendum, pour remettre à plat les choix énergétiques et du nucléaire".

 - Parti de Gauche: "il faut sortir du nucléaire ! D'autres choix énergétiques sont possibles, on ne peut plus attendre (...) Combien de temps les gouvernants, politiques et lobbies vont continuer à rester sourds et aveugles aux dangers de cette filière (...) Combien d'accidents, d'explosions, de drames humains avant d'engager la transition énergétique et de demander enfin au peuple s'il est prêt à prendre ces risques ?".

 - Nouveau Parti anticapitaliste: "la sortie du nucléaire, seule solution face aux risques de catastrophe (...) Il faut désormais une rupture radicale avec les politiques énergétiques actuelles qui permette d'envisager une sortie rapide du nucléaire. Le NPA propose d'ailleurs au débat public un plan de sortie du nucléaire en 10 ans".

- Le gouvernement italien :

L'accident, qui a fait un mort et quatre blessés lundi dans une installation nucléaire du sud de la France, a fait l'objet d'une "surveillance constante" de Rome, et montre que l'Italie n'est pas à l'abri des conséquences d'un accident, a indiqué le gouvernement.



 

Carte des zones à risques en cas d'accident nucléaire

  Le communiqué de l'Observatoire du nucléaire

- Même s'il n'y a pas de fuite radioactive (ce qui reste à prouver), cet accident prouve à nouveau que le risque nucléaire est permanent

- Le sites nucléaires géants (Marcoule, Cadarache, Tricastin, La Hague, etc) sont susceptibles de scénarios à "effet domino"

Alors que les conséquences des catastrophes nucléaires de Tchernobyl (26 avril 1986) et de Fukushima (11 mars 2011) n'en finissent plus de s'aggraver, les promoteurs de l'atome prétendent qu'il faut oublier ces drames, que "les enseignements en ont été tirés", et que "la France est à l'abri d'une telle catastrophe".

L'accident survenu à Marcoule (Gard) de ce jour vient au contraire rappeler que, à cause de l'industrie nucléaire française, l'Europe entière vit avec une épée de Damoclès.

D'ores et déjà, l'accident de Marcoule est très grave puisqu'on dénombre au moins un mort. Qui plus est, les risques de fuite radioactive sont réels et des mesures indépendantes doivent être faites : il est impossible de faire confiance à EDF, à Areva, au CEA, et généralement aux autorités françaises dont l'obsession est de protéger l'industrie nucléaire quoi qu'il arrive.

Par ailleurs, même si l'évènement reste limité, il vient néanmoins rappeler qu'une catastrophe nucléaire va probablement survenir bientôt en France, le danger étant d'ailleurs démultiplié par le vieillissement des installations.

Enfin, il faut rappeler que les sites nucléaires géants comme ceux de Marcoule (Gard), Cadarache (Bouches-du-Rhône), Tricastin (Drôme/Vaucluse), ou La Hague (Manche) contiennent de nombreuses installations susceptibles de catastrophes à "effet domino" : un accident dans une installation peut se propager aux autres. Il convient donc de ne pas se laisser abuser par les déclarations officielles prétendant que tel évènement a eu lieu "dans la partie non nucléaire du site"...

Il faut rappeler que la seule option pour assurer la sûreté nucléaire est de mettre un terme au plus vite aux activités de cette industrie par nature irresponsable. Sortir du nucléaire en moins de 10 ans est un impératif, en moins de 5 ans serait le plus sensé...

Voir le site de l'Observatoire du nucléaire

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