Guérini lâche son frère et ses collaborateurs

© AFP - GERARD JULIEN
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Les avocats ont déposé une demande de "dépaysement" du dossier d'instruction.

Par Xavier COLLOMBIER

Le Président du Conseil Général et ses avocats ont attendu quelques jours pour finalement déposer auprès de la Cour d'Appel une requête en dessaisissement du tribunal de grande instance de Marseille.

Pour Jean-Noël Guérini, mis en examen pour "prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs" dans l'affaire des marchés publics présumés frauduleux des Bouches-du-Rhône :" Le secret de l'instruction ne cesse d'être violé".

Seul à être mis en examen pour association de malfaiteurs dans ce dossier, d'après Patrick Maisonneuve l'un des deux avocats du Sénateur socialiste, JN Guérini voudrait également déposer une requête en annulation de sa mise en examen.

Les motivations de JN Guérini

                                copyright Le Parisien/OCorsan

Au lendemain de sa mise en examen, à nos confrères du  Parisien, JN Guérini expliquait ses motivations: "La justice marseillaise n’est pas du tout sereine. Je conteste avec fermeté tous les motifs de ma mise en examen qui relève d’une décision politique. Le scénario était écrit à l’avance. J’en ai eu la preuve en rentrant dans le bureau du juge : quatre questions pas plus m’ont été posées.. Mes avocats vont déposer lundi ou mardi des requêtes en nullité. Je ne demande pas à échapper à la justice. Mais je veux simplement que mes droits soient respectés."

Selon le Canard il lâche son frère

Selon le Carnard Enchaîné, de mercredi, qui a eu accès au PV de l'audition de Jean-Noêl Guérini chez les juges, le président du Conseil Général aurait condamné son frère pour "ses fantaisies téléphoniques", ses "façons d'être" et son "comportement intrusifs" dans les affaires dans les affaires internes du Pavillon bleu.

                 Copyrights Philippe Laurenson/Reuters

                

Toute la presse a encore en mémoire les PV des écoutes téléphoniques, repris par l'hebdomadaire Marianne, entre Jean-Noël et Alexandre, le fameux "Dibarassa a duto", ce "débarasse tout" en corse dans le texte.

Au Parisien JN Guérini expliquait, au lendemain de son audition chez le juge: "J’ai reçu une lettre anonyme m’avertissant qu’une enquête allait être diligentée contre mon frère. Qu’est ce que je fais? J’ai agi comme un frère. Je lui ai conseillé de nettoyer un peu son bureau, ses dossiers. Sans plus."

Le Canard va plus loin, en affirmant que le Sénateur socialiste aurait lâché deux de ses proches collaborateurs au Conseil général. Il aurait réfuté avoir donné des instructions à son directeur de cabinet, Rémy Bargès, mis en examen par le juge pour avoir ordonné la destruction de disques durs d'ordinateurs.

JN Guérini affirmerait au juge qu'il "ne rentre jamais dans le détail des subventions", selon lui seul sa conseillère Béatrix Billes est la seule responsable en matière d'attribution de subventions aux communes et aux agglomérations. En clair, toujours selon le Sénateur, c'est elle qui serait responsable d'un éventuel soutien à l'une des entreprises de "Monsieur frère" sur un marché de traitement de déchets.

Un nouveau système de défense qui fait dire à une source judiciaire proche de l'affaire, citée par le  Figaro : «Cette nouvelle stratégie est totalement invraisemblable, explique une source judiciaire proche de l'affaire. Après s'être isolé du reste du PS, Guérini s'isole de ses proches, nie tout en bloc et pense que la justice va croire que tout a été fait derrière son dos».

Cette stratégie politiquement parlant a toutes les allures du sauve qui peut.

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