Monaco relaxe Adamov, accusé de blanchiment

La justice monégasque relaxe l'ancien ministre russe de l'énergie atomique, accusé de blanchiment d'argent

Par Karine Jérama avec AFP

La justice monégasque vient de prononcer "la relaxe" de l'ex-ministre russe de l'Energie

atomique Evgueni Adamov, accusé d'avoir blanchi dans des banques de Monaco

(entre 1999 et 2002) de l'argent occidental destiné à renforcer la sécurité des

centrales nucléaires.

Début juin, M. Adamov avait comparu par vidéo-conférence - à l'abri depuis Moscou

- devant le tribunal correctionnel de Monaco. "Je n'ai jamais volé ni un kopek ni un dollar", avait-il alors clamé.

Un substitut du procureur avait requis 30 mois de prison ferme pour l'ancien ministre,

ainsi que pour son associé américain Mark Kaushanski. Deux femmes de nationalité

russe qui encouraient 18 mois de prison ont également été relaxées, tout comme

M. Kaushanski.

L'accusation avait estimé qu'il y avait "suffisamment d'éléments pour retenir

le délit de blanchiment, les circonstances ayant été établies par l'instruction

judiciaire menée à Monaco".

"J'étudie la motivation du tribunal pour savoir si je fais appel", a déclaré mardi

à l'AFP le procureur de Monaco, Jean-Pierre Dréno.

Ministre de l'Energie atomique de 1998 à 2001 sous la présidence de Boris Eltsine,

M. Adamov est accusé par les Etats-Unis d'avoir détourné plus de neuf millions

de dollars versés par Washington pour améliorer la sécurité de sites nucléaires

en Russie à la suite de l'accident de Tchernobyl (1986).

En 2005, il avait été arrêté en Suisse à la demande de la justice américaine qui

le poursuivait pour escroquerie, recel, blanchiment d'argent et fraude fiscale.

Redoutant que l'ex-ministre ne révèle des secrets nucléaires en cas de jugement

aux Etats-Unis, la Russie avait obtenu son extradition en l'accusant à son tour

d'avoir détourné environ 17 millions de dollars lorsqu'il était ministre.

Moscou l'avait condamné à une peine de plus de 5 ans de prison ferme pour escroquerie

et abus de pouvoir, finalement réduite à quatre ans avec sursis, de sorte qu'il

avait recouvré très rapidement sa liberté.

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