Pourquoi un parent défend une crèche illégale

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Écrit par Muriel GENSSE

Un père exprime sa colère après l'intervention de la police pour fermer la crèche marseillaise où était sa fille.

M. X savait que la crèche du 1er arrondissement de Marseille n'était pas légale, que les normes de sécurité n'étaient pas respectées, que les enfants étaient un peu serrés, mais sa fille de 2 ans était encadrée par des "femmes remarquables", et il n'avait pas trouvé d'autres solutions. 

"Nous n'avions pas d'autres solutions "

M. X explique qu"une infirmière et 2 assistantes maternelles s'occupaient quotidiennement des enfants, une quinzaine par jour, dans un appartement composé d'une pièce principale de 30 m carré, d'une cuisine, d'une pièce-dortoir de 20 m carré et d'une cours intérieure de de 30 m carré. Tous les parents -des catégories sociaux professionnelles CSP +- savaient que les normes légales n'étaient pas respectées, mais les enfants y étaient très bien traités et heureux". "Les frais s'élevaient à 17 euros par jour et nous avions la liberté de venir quand on voulait". "Nous n'avions pas d'autres solutions". 

"Un système clientélisme à Marseille"

"En septembre 2009, 3 mois avant la naissance de ma fille, j'ai fait une demande d'inscription en crèche. J'étais le 200e sur la liste, 2 ans d'attente" poursuit M. X."Il existe un véritable système clientélisme à Marseille pour obtenir une place. Des parents arrivés 2 ans après moi ont pu en trouver une"."J'ai donc engagé une assistante maternelle, 5 jours par semaine, 8 heures par jour. Cela revenait à 850 euros par mois, même avec les aides et les avantages fiscaux. Un situation financière trop difficile. Des amis m'ont parlé du bd Roosevelt et ma fille y est entrée en juin 2011". 

"La police s'est trompée de cible"

M. X veut rajouter que "mercredi 27 juin à 10h30 dans l'appartement situé au rez-de-chaussée du cours Roosevelt dans le 1er arrondissement de Marseille, l'intervention de la police a été violente et agressive devant des bébés et des enfants de 6 mois à 3 ans". L'un des fonctionnaires aurait dit à l'une des employées de la crèche "toi la chinoise tu vas aller en prison". M. X ajoute que "les services de la Protection maternelle et infantile étaient au courant de la situation depuis des années et avaient proposé à la responsable du lieu, de le transformer en crèche officielle".

"L'Etat ne joue pas son rôle dans le domaine de la petite enfance. Au lieu de punir, il devrait trouver des solutions" conclut-il.