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Procès tableaux volés : Peines 2 à 9 ans de prison

Après un délibéré de 3H30, la cour est allée en deçà des réquisitions de l'avocat général (3 à 15 ans de réclusion)

Par Yves LEBARATOUX (avec AFP)

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Aix : Procès tableaux : 3 à 15 ans requis

3 à 15 ans de réclusion ont été requis à Aix-en-Provence au procès des auteurs présumés du casse du siècle, ce vol de tableaux de maîtres en août 2007 au Musée Chéret de Nice. Verdict attendu aujourd'hui, en fin d'après-midi

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Aix : Procès des tableaux de maîtres volés à Nice

Le procès des six protagonistes d'un vol express, en août 2007, de quatre tableaux de maître au musée des Beaux-Arts de Nice, retrouvés 10 mois plus tard à Marseille avec le concours du FBI, a débuté ce matin devant les assises à Aix-en-Provence

Les cinq hommes ayant reconnu le vol en août 2007 de quatre tableaux de maître
au musée des Beaux-Arts de Nice ont été condamnés par la cour d'assises
des Bouches-du-Rhône à des peines allant de deux à neuf ans de prison.

5ème et dernier jour du procès; verdict : De deux à neuf ans de prison :  

Les cinq hommes ayant reconnu le vol en août 2007 de quatre tableaux de maître
au musée des Beaux-Arts de Nice ont été condamnés par la cour d'assises
des Bouches-du-Rhône à des peines allant de deux à neuf ans de prison.
Après un délibéré de 3H30, la cour, présidée par Jean-Luc Tournier, est allée en deçà des réquisitions de l'avocat général, Marc Gouton, qui avait requis de trois à quinze ans de réclusion.

Pierre-Noël Dumarais, 64 ans, présenté comme l'organisateur de l'opération, a été condamné à la peine la plus lourde.
Son "co-pilote" de 59 ans, Patrick Chelelekian, a écopé d'une peine de huit ans d'emprisonnement. Il lui est reproché d'avoir déclenché l'affaire en faisant état d'une commande de tableaux par des acheteurs américains, dont il avait eu vent par une de ses connaissances, Bernard Ternus, actuellement détenu à Miami.
Leurs complices, qui comparaissaient libres, ont été condamnés, à quatre ans de prison pour Lionel Ritter, décrit comme "le parfait homme de main", à trois ans pour Patrice Lhomme, "en première ligne dans les négociations" selon l'avocat général, et à deux ans pour Grégory Moullec, le seul à ne pas retourner en détention.

Jugés depuis lundi pour vol avec arme en bande organisée et association de malfaiteurs, les accusés ont reconnu à l'audience, avoir dérobé le dimanche 5 août 2007 vers 13 heures deux Bruegel, un Monet et un Sisley au musée Jules Chéret, tout en niant avoir été armés, contrairement aux témoignages des employés.
 

4ème jour du procès :  De 3 à 15 ans de prison requis :   

Des peines allant de trois à quinze ans de prison ont été requises.

Contre Pierre-Noël Dumarais, 64 ans, l'homme qui a organisé l'opération, l'avocat général Marc Gouton a réclamé la peine la plus lourde.
Contre son "co-pilote" de 59 ans, Patrick Chelelekian, il a demandé douze ans de réclusion, lui reprochant d'avoir déclenché l'affaire en faisant état d'unecommande de tableaux par des acheteurs américains, dont il avait eu vent par une de ses connaissances, Bernard Ternus, actuellement détenu à Miami.

De trois à huit ans d'emprisonnement ont été requis contre leurs complices : Patrice Lhomme, "en première ligne dans les négociations", Lionel Ritter, présenté comme "le parfait homme de main", et Grégory Moullec, "la dernière roue du carrosse".


3ème jour du procès : une traque digne d'Hollywood :
Agents infiltrés, FBI, faux narco-trafiquants, rendez-vous sur un yacht à Miami avec filles en bikini... Les enquêteurs ont sorti le grand jeu pour traquer et faire tomber les auteurs du vol de tableaux au musée des Beaux-Arts de Nice le 5 août 2007, selon leur récit aux assises à Aix.
Si les policiers français avaient été mis sur la piste d'un des malfaiteurs, c'est un renseignement du FBI qui a fait véritablement avancer les investigations début janvier 2008.
"Un malfaiteur leur proposait quatre tableaux qui pouvaient correspondre aux tableaux du musée Chéret", relate à la barre le lieutenant Catherine Jaunâtre, à l'époque chef de groupe à l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), qui coordonnait l'enquête.
Le contact avait été noué par l'agent américain Robert Wittman ("Bob") dans le cadre d'une opération menée pour récupérer des oeuvres volées au musée Gardner de Boston en mars 1990, dont un Vermeer et un Rembrandt.
Pour fixer les termes de la transaction, rendez-vous est pris à Barcelone en janvier 2008 entre les braqueurs et les faux acheteurs, en l'occurrence "Bob" et des agents de Miami jouant le rôle de narco-trafiquants colombiens.
"Nous avions rendez-vous dans un hôtel grand luxe, nous avions loué une suite, j'ai fait connaissance de Bob qui était accompagné des Colombiens, deux types à la face patibulaire, genre Scarface", a raconté l'un des accusés, Patrick Chelelekian.
"On m'a installé en face de la climatisation, j'ai appris plus tard qu'une caméra y était cachée", dit-il, avant de lancer : "Tous les jours, ça me travaille, c'est indigeste, j'arrive pas à comprendre comment j'ai pu être mené par le bout du nez du début à la fin".
A partir de cette date, "tout s'est accéléré", poursuit Mme Jaunâtre. Un des complices de Chelelekian, Patrice Lhomme, part à Miami en avril de la même année pour rencontrer de nouveau les faux acheteurs.

Une entrevue sur un yacht avec filles en bikini, "qui suscite bien des fantasmes", a ironisé le président de la cour, Jean-Luc Tournier, en référence à la version hollywoodienne de l'affaire que livre Robert Wittman dans "Inestimable" (paru en avril 2011 aux éditions Sonatine).
Face à des malfaiteurs "extrêmement prudents" - "ils faisaient plusieurs tours de rond-point pour être sûrs de ne pas être suivis, s'arrêtaient à une intersection de manière inopinée, se donnaient rendez-vous dans des parkings" - l'OCBC fait "une demande d'infiltration française".
Entre alors en jeu l'agent "Bernie" qui, se présentant comme le financier suisse des Colombiens, fixe le rendez-vous décisif du 4 juin 2008 sur la Corniche de Marseille,
où seront arrêtés les protagonistes du dossier et récupérés les Bruegel, Monet et Sisley dérobés à Nice.
Marc Ferrarone, adjoint du Service interministériel d'assistance technique (Siat) habilité à faire de telles missions, a relevé le côté "extrêmement professionnel" des accusés, loin de l'image d'amateurs non violents qu'ils tentent de renvoyer depuis le début du procès.
Interrogé sur la présence sur lui d'une grenade et d'une arme le jour de son interpellation, Pierre-Noël Dumarais, présenté comme le chef de la bande, s'est justifié : "j'avais rendez-vous avec des narco-trafiquants colombiens, ils n'ont pas la réputation d'être tendres ! La grenade, c'est une arme de dissuasion, ma petite bombe atomique à moi".
 

2ème jour du procès : La sécurité du musée des Beaux-Arts en question :
Un enquêteur a fait part de son étonnement face aux failles du dispositif de sécurité du musée des Beaux-Arts de Nice. "On a été relativement surpris par le manque de moyens de surveillance" -ni alarme ni caméra à l'intérieur- "et le nombre de personnel limité" pour un musée de cette envergure, a déclaré à la barre Daniel Schuler, commandant de police à la PJ de Nice, chargé de l'enquête de flagrance.
"Les toiles étaient accrochées au mur de manière rudimentaire", a-t-il ajouté, notant "une inadéquation entre les moyens mis en oeuvre et la valeur des tableaux".

Dans ce musée situé sur les hauteurs de Nice, il a fallu moins de cinq minutes aux braqueurs pour dérober, le 5 août 2007, deux huiles sur bois signées Jan Bruegel, "Allégorie de l'eau" et "Allégorie de la terre", propriétés de la ville de Nice, et deux oeuvres provenant du musée d'Orsay, "Falaises près de Dieppe" de Claude Monet et "Allée de peupliers de Moret" d'Alfred Sisley.
"Etonnamment", selon le policier, ces deux dernières toiles ne faisaient l'objet d'aucune surveillance particulière, alors qu'elles avaient déjà été dérobées en septembre 1998, dans les mêmes locaux. Pour ces faits, le conservateur de l'époque avait été condamné.
C'est en ayant eu vent de cette affaire que Pierre-Noël Dumarais, l'organisateur de l'opération, avait jeté son dévolu sur ces tableaux en particulier.

Quant aux employés, les investigations ont fait apparaître une ambiance dilettante : un des gardiens "fumait de la moquette", selon les termes d'un accusé bien renseigné, et "avait pris l'habitude de se faire livrer sa consommation personnelle au musée", un autre s'était fait porter malade pour "passer la journée au billard".
"Ce personnel n'était pas des plus performants", a résumé le président de la cour d'assises, Jean-Luc Tournier.

Pour Me Adrien Verrier, avocat de la ville de Nice qui s'est constituée partie civile, "le musée respectait les normes de sécurité en vigueur", même si le dispositif "a été considérablement amélioré depuis".
Jugés pour vol avec arme en bande organisée et association de malfaiteurs, les cinq accusés encourent de 30 ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité.

1er jour du procès : Les accusés disent avoir été manipulés par le FBI :

Les auteurs du vol de quatre tableaux de maître au musée des Beaux-Arts de Nice, en août 2007, ont tenu au premier jour de leur procès à Aix-en-Provence, à renvoyer l'image de malfaiteurs non violents, tombés dans un piège du FBI.

Derrière la vitre du box des accusés, Pierre-Noël Dumarais, 64 ans, l'organisateur de l'opération, cherche d'emblée à minimiser son passé judiciaire, lourd de huit condamnations entre 1971 et 1994. "Il a 20 ans, le casier, il est presque obsolète",
sourit le sexagénaire, dit "Le Niçois", allure soignée et cheveux grisonnants.
"Opportuniste, mais assez droit, respectueux de la vie humaine", dit-il de lui-même, quand le président de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Tournier, lui demande de se décrire.
"C'est d'ailleurs pour cela que je voulais moi-même préparer le vol de Nice, pour éviter tout dégât collatéral", affirme-t-il. Comme ses complices, il nie avoir été armé, en dépit des déclarations des employés du musée Jules Chéret.
"Le Niçois", diplômé d'un Deug de droit obtenu en détention, a peu travaillé dans sa vie (à peine plus d'un an), préférant "cueillir les billets sur les arbres", mais "sans violence et sans arme", insiste-t-il, semblant oublier au passage le hold-up d'une banque.
"J'étais si peu armé que la banque ne s'est pas portée partie civile", rétorque-t-il au président : "avoir une arme, ce n'est pas obligatoirement s'en servir".
Et de conclure avec aplomb : "je ne serais pas ici si je n'avais pas été aiguillonné par le FBI pour aller voler les tableaux" en ce dimanche 5 août: deux Bruegel, un Monet et un Sisley, estimés à 20 millions d'euros.
Un avis partagé par son complice, Patrick Chelelekian, aussi appelé "L'Arménien", rencontré "sur les terrains de boule de Bandol et Sanary" (Var).
Un temps coiffeur pour femmes, puis gérant d'un hôtel dans la région parisienne, cet homme de 59 ans, incarcéré à Toulon, avait été impliqué avant les faits dans des affaires de stupéfiants. Ancien "accro à la cocaïne", il se qualifie lui aussi de "non violent", ayant "en horreur le sang et la brutalité", et dit "regretter de s'être laisser entraîner" dans cette aventure, rapporte l'enquêteur de personnalité.

Pour son avocat, Me Lionel Moroni, "le vol a été provoqué involontairement par le FBI" qui lançait des offres d'achat pour tenter de retrouver des oeuvres volées au musée Gardner de Boston en mars 1990, dont un Vermeer et un Rembrandt.
Au coeur de l'affaire, le célèbre agent américain Robert Wittman, spécialisé dans le trafic d'art, qui livre un récit romancé de l'affaire dans "Inestimable" (paru en avril 2011 aux Editions Sonatine), un pavé de 400 pages qui s'exposait lundi sur les tables du prétoire. Il a été cité à comparaître par Me Moroni, mais ne pourra vraisemblablement pas être entendu.
Autre grand absent, l'homme qui a mis en contact les malfaiteurs français avec l'agent infiltré du FBI pour monnayer les tableaux: Bernard Ternus, originaire de Bandol et installé à Miami depuis 2007.
C'est lors de la transaction finale que les cinq voleurs seront arrêtés et les oeuvres récupérées, le 4 juin 2008 à Marseille et sa région, peu avant l'interpellation de Ternus en Floride.
Condamné en septembre 2008 aux Etats-Unis à cinq ans et deux mois de prison pour sa participation à la négociation, ce dernier est détenu à Miami. Poursuivi pour complicité de vol et association de malfaiteurs, il n'est pas présent au procès, son cas faisant l'objet d'une ordonnance de disjonction.

Les trois autres accusés, Patrice Lhomme, 46 ans, Grégory Moullec, 41 ans, et Lionel Ritter, 39 ans, qui comparaissent libres, sont présentés comme de "simples manutentionnaires".

Rappel des faits :

Derrière la vitre du box des accusés, Pierre-Noël Dumarais, 64 ans, et Patrick Chelelekian, 59 ans, présentés comme les organisateurs de l'opération. Leurs complices, Patrice Lhomme, 46 ans, Grégory Moullec, 41 ans, et Lionel Ritter, 39 ans, comparaissent libres.

Le dimanche 5 août, vers 13 heures, les cinq hommes se présentent à l'entrée du musée Jules Chéret, neutralisent les gardiens et repartent avec quatre toiles d'une valeur inestimable : deux huiles sur bois signées Jan Bruegel, dit Bruegel "de Velours" (1568-1625), "Allégorie de l'eau" et "Allégorie de la terre", propriétés de la ville de Nice, et deux tableaux provenant du musée d'Orsay, "Falaises près de Dieppe", de Claude Monet (1840-1926), et "Allée de peupliers de Moret", d'Alfred Sisley (1839-1899).
En tout, l'opération des braqueurs, réalisée avec une facilité déconcertante, est bouclée en cinq minutes à peine.

A l'origine de l'affaire, un sixième homme, Bernard Ternus, originaire de Bandol (Var) et installé à Miami depuis 2007. C'est lui qui avait fait savoir que des acheteurs américains étaient intéressés par des tableaux de maître.
En réalité, il s'agissait du FBI - notamment du célèbre agent Robert Wittman qui livre un récit de l'affaire dans "Inestimable" (paru en avril 2011 aux Editions Sonatine) -, qui tentait ainsi de retrouver des oeuvres volées au musée Gardner de Boston en mars 1990, dont un Vermeer et un Rembrandt.

Une fois les toiles niçoises subtilisées, Ternus intervient pour les écouler au prix de trois millions d'euros. C'est lors de la transaction finale que ses complices sont arrêtés et les tableaux récupérés, le 4 juin 2008, à Marseille et dans sa région. Ternus est interpellé dans la foulée en Floride.
Condamné en septembre 2008 aux Etats-Unis à cinq ans et deux mois de prison pour sa participation à la négociation, il est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Miami et n'est pas présent à Aix-en-Provence.

Poursuivi pour complicité de vol et association de malfaiteurs, son cas fait l'objet d'une ordonnance de disjonction.
Verdict attendu vendredi.

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