Prothèses PIP:retrait recommandé à titre préventif

Le ministère a recommandé "à titre préventif et sans caractère d'urgence",le retrait des prothèses mammaires PIP

Par Marc Civallero avec AFP

Quelque 30.000 femmes en France se sont fait implanter des prothèses mammaires

de marque PIP, dont certaines sont remplies d'un gel de silicone non médical, qui entraîne des risques accrus de fuite et de rupture de l'enveloppe de la prothèse.

Les frais liés à cette explantation, incluant l'hospitalisation, sont pris encharge par l'assurance maladie. S'agissant de femmes relevant d'une chirurgie reconstructrice(après cancer du sein), la pose d'une nouvelle prothèse est également remboursée. Lorsqu'il s'agit d'une opération à visée esthétique - la grande majorité des cas - la pose de nouvelles prothèses est à la charge de la patiente. "A titre préventif et sans caractère d'urgence, (le ministre de la Santé Xavier Bertrand et la secrétaire d'Etat Nora Berra) souhaitent que l'explantation des prothèses, même sans signe clinique de détérioration de l'implant, soit proposée aux femmes concernées", indique le ministère dans un communiqué. Les ministres renforcent ainsi les recommandations déjà émises en septembre 2010 par l'Agence des produits de santé (Afssaps). Ils demandent aux femmes porteuses d'une prothèse mammaire de vérifier la marque de cette prothèse et aux porteuses de prothèses de marque Poly implant prothèse (PIP) de consulter leur chirurgien. "A cette occasion, une explantation préventive même sans signe clinique de détérioration de l'implant leur sera proposée", indiquent-ils. "Si elles ne souhaitent pas d'explantation, elles doivent bénéficier d'un suivi par échographie mammaire et axillaire tous les 6 mois". Les ministres rappellent que "toute rupture, toute suspicion de rupture ou de suintement d'une prothèse doit conduire à son explantation ainsi qu'à celle de la seconde prothèse", comme le recommandait déjà l'Afssaps. Pas de risque accru de cancer L'avis scientifique rendu jeudi soir au gouvernement par l'Institut national du

cancer (INCa) montre qu'il "n'y a pas à ce jour de risque accru de cancer chez les femmes porteuses de prothèses de marque PIP en comparaison aux autres prothèses".

Un total de 8 cas de cancers a été signalé chez des femmes ayant eu des prothèses PIP, sans toutefois qu'aucun lien de causalité n'ait été établi. "Devant l'absence d'éléments nouveaux concernant le gel non conforme ou de données cliniques nouvelles sur des complications spécifiques, les experts considèrent ne pas disposer de preuves suffisantes pour proposer le retrait systématique de ces implants à titre préventif", a estimé l'expertise collective coordonnée par l'INCa Néanmoins, souligne le ministère, "les risques bien établis liés à ces prothèses sont les ruptures et le pouvoir irritant du gel pouvant conduire à des réactions inflammatoires, rendant difficile l'explantation (retrait)". Le ministère de la Santé rappelle qu'il est demandé aux chirurgiens plasticiens libéraux "de ne pas pratiquer de dépassements d'honoraires pour effectuer ces actes". Une conférence de presse est organisée vendredi à 10h30 au ministère de la Santé, en présence notamment du Directeur général de la santé Jean-Yves Grall et de la présidente de l'INCa Agnès Buzyn.

Selon AFP

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