Retour aux sources pour la Comex

Après avoir conquis les mers du monde, la Comex redevient une petite entreprise.

Par Régions

En se désengageant, à la mi-novembre, de Cybernétix SA, une filiale spécialisée dans la création de robots, la Compagnie maritime d'expertise (Comex) est redevenue une petite entreprise, comme à ses débuts.

Cinquante ans d'histoire et une palanquée de records: la Comex, un temps leader mondial des travaux sous-marins, a multiplié les innovations technologiques, défriché les métiers de la plongée profonde, mais sans parvenir à vraiment pérenniser ses conquêtes sur le plan industriel.

De 190 millions à 4 millions d'euros de CA

Cet "artisan de luxe" génère 4 millions d'euros de chiffre d'affaires avec "un corps d'élite de 40 salariés", souligne Michèle Fructus, directrice générale de la société et fille du fondateur. On est loin du temps de la splendeur, dans les années 1980, époque où Comex Services, la division spécialisée dans le pétrole offshore, possédait une trentaine de filiales internationales et dégageait 1,25 milliard de francs (190 millions d'euros) de chiffre d'affaires.

 

La Comex a souvent été sollicitée pour des missions complexes, comme en 2004 après le crash d'un Boeing en mer à Charm el-Cheikh (Egypte) pour rechercher les morceaux de l'avion.


Henri-Germain Delauze

L'épopée de cette société marseillaise est indissociable de l'histoire de son
président fondateur, Henri-Germain Delauze: dans les années 1950, jeune ingénieur des ponts et chaussées, il découvre la plongée durant son service militaire à Madagascar. Après un passage dans l'équipe du commandant Cousteau, il fonde la Compagnie en 1961.

Le pétrole offshore dans les années 70

Dans les années 1970, l'appétit pour le pétrole offshore va accélérer la croissance de la Comex. La holding ouvre des filiales sur tous les champs pétrolifères de la planète. "On nous posait un problème, on concevait une solution", raconte Mme Fructus. En 1964, la Comex met au point des caissons hyperbares pour éviter les accidents de décompression, puis développe "les tours de plongée", sortes d'ascenseurs qui
permettent "des plongées en saturation" très profondes. Mais "les fluctuations des cours du brut nous ont obligés à nous diversifier",
explique Mme Fructus.

Le nucléaire dans les années 90

Ainsi, début 1990, Comex SA va adapter son savoir-faire à "d'autres milieux hostiles". Comex Nucléaire est créée, après un appel d'offres, pour intervenir sur le circuit primaire d'une centrale. De même, Cybernétix est montée avec des partenaires pour concevoir et réaliser des robots. En 2001, M. Delauze décide de vendre Comex Nucléaire à son principal actionnaire, Onet. La cession cet automne des parts de Cybernétix referme ce chapitre de la diversification.

En 1992, dans les caissons du centre d'essais à Marseille, le record du monde de plongée simulée est établi à -701 mètres.

 

2 divisions aujourd'hui

Aujourd'hui, le savoir-faire est toujours là, mais la holding familiale Comex SA ne chapeaute plus que deux petites divisions. Le département ingénierie des milieux extrêmes est dédié à la fabrication de caissons
hyperbares, pour l'armée ou les hôpitaux, et de machines spéciales, comme ce "tank" qui permet à l'horloger suisse Rolex de tester ses modèles Deepsea à -4.800 mètres. Le département des opérations maritimes est doté de deux bateaux "à positionnement dynamique", capables de rester immobiles au-dessus des zones de plongée. Plusieurs
projets sont dans les cartons, notamment l'imagerie 3D des fonds marins.

Les dirigeants de la Comex souhaitent revenir aux métiers des origines: l'exploration
subaquatique et les défis technologiques.

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