• L'actu en vidéos
  • SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS

Les homosexuels vont pouvoir donner leur sang dès le printemps 2016

Les homosexuels vont pouvoir donner leur sang à partir du printemps 2016 et sous certaines conditions, la "fin d'une discrimination et d'un tabou", selon le gouvernement, / © GEORGES GOBET / AFP
Les homosexuels vont pouvoir donner leur sang à partir du printemps 2016 et sous certaines conditions, la "fin d'une discrimination et d'un tabou", selon le gouvernement, / © GEORGES GOBET / AFP

Les homosexuels vont pouvoir donner leur sang à partir du printemps 2016, "fin d'une discrimination et d'un tabou", selon le gouvernement, mais les conditions posées, notamment l'abstinence d'un an, font grincer des dents certaines associations.

Par @annelehars

L'exclusion permanente des dons du sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes avait été instituée en 1983 en raison des risques du sida.

"Donner son sang est un acte de générosité, de citoyenneté, qui ne peut être conditionné à une orientation sexuelle. Dans le respect de la sécurité absolue des patients, c'est aujourd'hui un tabou, une discrimination qui sont levés", a déclaré la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en présentant mercredi ces mesures aux associations de défense des homosexuels.


La ministre s'était engagée dès 2012 à revenir sur cette interdiction, conformément à la promesse faite par François Hollande avant la présidentielle.
Pour garantir la sécurité des receveurs, le changement se fera "par étapes", a-t-elle précisé. La première, au printemps 2016, marquera "la fin de l'exclusion permanente des homosexuels du don".


A partir de cette date, le "don de sang total" - la forme la plus courante où toutes les composantes du sang (cellules et plasma) sont prélevées - sera ouvert aux hommes qui n'auront pas eu de relations homosexuelles depuis douze mois, après un questionnaire et un entretien.

"Cette décision garantit la sécurité du don du sang", a souligné Marisol Touraine pour "rassurer les receveurs".

10 à 15 donneurs sont diagnostiqués séropositifs chaque année

Dans le système actuel, dix à quinze donneurs sont diagnostiqués séropositifs chaque année, soit un risque "résiduel" de l'ordre de 1 pour 3.500.000 dons. Mais le dernier cas de contamination d'un receveur date d'il y a 13 ans. Les hommes qui, au cours des 4 derniers mois, n'ont pas eu de relation homosexuelle ou ont eu un seul partenaire, pourront donner leur plasma (partie liquide du sang qui sert notamment en chirurgie), comme c'est le cas pour les hétérosexuels. Le plasma sera mis en quarantaine pendant deux mois et demi environ pour s'assurer de son innocuité.

Deuxième étape en 2017

Ce dispositif permettra, en outre, de mener une étude sur ces nouveaux donneurs. Si l'absence de risques est confirmée, les règles du don pour les homosexuels (ou les hommes ayant eu au moins un rapport avec un autre homme), se rapprocheront en 2017 de celles appliquées aux autres donneurs, selon le ministère. 
La fin de l'exclusion des homosexuels permettra d'avoir 21.000 donneurs supplémentaires, soit 37.000 dons de plus (sur la base de trois dons en moyenne par an et par donneur), selon M. Vallet.
En 2014, 1,6 million de personnes ont donné leur sang en France.

Les conditions de la décision incomprises

Les associations ont salué cette "avancée", mais la plupart déplorent que les conditions du don ne soient pas les mêmes pour tous, notamment l'abstinence pendant 12 mois exigée des seuls homosexuels.

"Etre gay n'est pas un risque, être hétérosexuel n'est pas un risque. Le seul risque, ce sont les comportements", a réagi Jean-Luc Roméro, président d'Elus locaux contre le Sida (ECLS) qui dénonce "une vision toujours marquée par une stigmatisation des homosexuels".

Son point de vue est largement partagé par SOS Homophobie, la Fédération LGBT (lesbiennes-gays-bisexuels et trans) ou encore l'association de lutte contre le sida Act Up.
D'autres associations contre l'Inter-LGBT ou Aides sont plus prudentes, estimant qu'il ne faut pas aller trop vite.

"Il faut avancer avec prudence (...) l'enjeu est du côté des receveurs", dit Coline Mey, de Aides, tandis que  l'Inter LGTB s'est déclaré "satisfait du scénario" présenté par la ministre.



En optant pour un délai de 12 mois, la France "s'aligne sur la plupart des pays" qui ont abandonné le système d'exclusion des homosexuels, a fait valoir Marisol Touraine, citant notamment les Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Australie.

Quelques réactions aux conditions décidées sur les réseaux sociaux :


 

Sur le même sujet

Le Dr Guevara explique la portée de cette modélisation numérique

Les + Lus