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Salon du Cheval : après les hippodromes, il y a une seconde vie possible pour les chevaux de course

Déborah Leroy et Vison Spécial, cheval de course reconverti dans l'Extrême Western Race. / © Annie Vergnenègre France 3 Provence Alpes
Déborah Leroy et Vison Spécial, cheval de course reconverti dans l'Extrême Western Race. / © Annie Vergnenègre France 3 Provence Alpes

Au-delà des Pistes s’efforce de promouvoir la reconversion des chevaux réformés des courses. L’association a présenté au salon du cheval de Paris quelques-uns de ses ambassadeurs, des chevaux qui mènent une nouvelle vie en concours complet, équitation éthologique, western ou Horse Ball.

Par Annie Vergnenegre

Entre Clémence Chaumat et Sunny Bruère, c’est une histoire de coup de foudre. Quand la cavalière professionnelle a découvert ce cheval à l'Ecurie Seconde chance, il venait de quitter les pelouses des champs de course.

Pas assez rapide

Le cheval n’avait que 5 ans. Sa carrière était finie. Pas assez rapide. Huit ans plus tard, le couple se présente devant le public, dans la carrière Show du Salon du cheval de Paris pour une démonstration de saut. Sunny Bruère est un symbole d’espoir pour de nombreux chevaux de course qui ne gagnent pas. Avec Clémence, il a remporté de très belles victoires en Concours Complet International. "Je voulais un cheval gris, grand, avec de belles allures, à petit budget, confie la cavalière, il m'a plu parce qu'il a du caractère et un grand coeur".

Revoir le facebook Live de la démonstration au salon du Cheval de Paris :

Depuis 2016, Au-delà des Pistes œuvre pour la reconversion des chevaux de course. 

Donner du temps

C’est un cheval très polyvalent et d’une grande adaptabilité, note Aliette Forien présidente de l’association. Pendant la reconversion, on cherche la discipline où il peut se révéler, le saut, le polo, le Horse Ball, l’équitation western ou éthologique.

La reconversion peut prendre du temps, car le cheval de course vit dans un grande routine, il sort tous les jours à la même heure, au même endroit, monté par le même cavalier,

le changement est pour lui source de grand stress. Il est important qu’il soit pris en charge par des structures spécialisées,

ajoute Aliette Forien. Il en existe 16 agrées réparties sur toute la France. 

Réformés à tous les âges

L’Ecurie Seconde Chance a ouvert la voie de la reconversion il y a 10 ans. Son fondateur, Sylvain Martin " sort " 250 à à 300 chevaux de course réformés par an. "On en a à tous les âges, mais le plus souvent, ils ont 3-4 ans.

Notre client type est un cavalier de loisir qui a un bon niveau d’équitation, qui a un seul cheval et qui le monte 3 à 4 jours par semaine, et qui va faire 2 ou 3 petits concours par an,

et nous avons aussi des clients de balade, ou des cavaliers de compétition, cela illustre bien la polyvalence des chevaux de course," résume-t-il.
Le cheval de Clémence Chaumat, Sunny Bruère, exemple d'une reconversion réussie après les courses / © Annie Vergnenègre France 3 Provence Alpes
Le cheval de Clémence Chaumat, Sunny Bruère, exemple d'une reconversion réussie après les courses / © Annie Vergnenègre France 3 Provence Alpes
Pour autant un cheval de course réformé n’est pas mettre entre toutes les mains, en tout ca, pas tout de suite.

Des "avions de chasse"

"Ce sont des avions de chasse, il leur faut les pilotes qui vont avec", affirme Christophe Désormeaux des Ecuries de Brandeau spécialisées dans la reconversion des chevaux de course pour le Horse Ball. "On gagne beaucoup de temps à l’entraînement en prenant des chevaux de course, explique-t-il, ils ont l’habitude de galoper ensemble, de se pousser, ils ont une base cardiaque pour faire du sport, l’habitude des transports, du bruit, et des applaudissements".

Pour moi le cheval de horse ball idéal, c’est Jappeloup,

affirme Christophe Désormeaux.

Athlètes mais pas fragiles

Pour Alix Neyraud, vétérinaire équin, prendre un Pur-Sang réformé, c’est offrir un athlète issu de l’excellence de l’élevage français. "Pour la plupart, ils quittent les courses parce qu’ils ne vont pas assez vite, souligne-t-elle. Or en France, on a une qualité d’élevage exceptionnelle pour les chevaux de course,

ces poulains ont eu tout ce qu’il faut pour faire une croissance harmonieuse,

alimentation de bonne qualité, un suivi de maréchalerie pour les aplombs soient parfaits. On pousse leur physique au maximum quand ils sont jeunes et c’est vrai qu’ils ont plus de pathologies que chez les chevaux de sport mais ce travail solidifie leur squelette en construction et leur musculature, ce qui les rend plus résistants."

Eviter la boucherie

Pour peu qu’on lui en laisse le temps, le cheval de course réformé peut donc s’épanouir dans une autre discipline, loin des pistes de Steeple-chase. Mais ce n'est pas encore le cas pour tous. "Pour les juments, il n’y a pas trop de problème, elles deviendront poulinières, constate Aliette Forien, mais pour les hongres et les mâles c'est différent…. Même s’il il y en a de moins en moins, on voudrait que plus aucun cheval ne parte à la boucherie".

 

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