Toulon : Le porte-avions Charles-de-Gaulle engagé contre l'Etat islamique

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Écrit par Olivia Malongo avec AFP
Le Charles-de-Gaulle ce lundi matin au nord de Bahreïn.
Le Charles-de-Gaulle ce lundi matin au nord de Bahreïn. © ECPAD

Quatre premiers avions de chasse Rafale ont décollé ce lundi matin du Charles-de-Gaulle qui croise au nord de Bahrein. Le porte-avions est désormais engagé dans la guerre contre l'Etat islamique. Le fleuron de la marine française avait quitté la base navale de Toulon le 13 janvier dernier. 

La France a engagé lundi son porte-avions Charles-de-Gaulle dans les opérations de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak, marquant sa détermination à combattre la menace jihadiste, sept semaines après les attentats de Paris.

Cette menace, le terrorisme jihadiste, voudrait atteindre nos ressortissants, nos intérêts, nos valeurs. En réponse, la France sera d'une fermeté totale"


a déclaré le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en donnant le coup d'envoi des opérations à bord du porte-avions, fleuron de la Marine nationale.

Quatre rafales ont décollé ce lundi

Quatre premiers avions de chasse Rafale ont décollé en début de matinée du Charles-de-Gaulle, qui croise à 120 milles nautiques (200 kilomètres) au nord de Bahreïn dans le Golfe, en direction de l'Irak. Ils ont rejoint leurs objectifs en une heure et demi de vol environ, soit deux fois moins que depuis la base d'Al-Dhafra (Emirats arabes unis), utilisée par l'armée de l'air française.

Une mission de cinq mois

Le Charles de Gaulle, parti le 13 janvier de Toulon (sud de la France) pour une mission d'environ cinq mois, sera engagé pendant huit semaines dans le Golfe, au côté du porte-avions USS Carl Vinson, dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, a précisé M. Le Drian. Le porte-avions poursuivra ensuite sa route vers l'Inde. Avec douze Rafale et neuf Super Étendard modernisés embarqués, il va nettement renforcer le dispositif français dans la région, qui comptait jusqu'à présent neuf Rafale aux Emirats et six Mirage 2000D en Jordanie.

Un des principaux pays contributeurs de la coalition

Depuis la mi-septembre 2014, les avions de chasse français ont effectué une centaine de missions de reconnaissance et autant de missions de frappes en Irak, en appui des forces irakiennes et des peshmergas kurdes qui combattent l'EI sur le terrain, indique-t-on dans l'entourage du ministre. La France est ainsi, avec l'Australie, l'un des principaux contributeurs militaires de la coalition de 32 pays partenaires contre l'EI, loin toutefois derrière les Etats-Unis qui réalisent le gros des opérations.  La coalition a mené depuis août 2014 plus de 2.000 frappes en Irak et en Syrie. Les chasseurs français interviennent côté irakien uniquement, Paris estimant qu'un engagement en Syrie pourrait renforcer le régime de Bachar al-Assad face aux rebelles et aux islamistes.

2 000 hommes à bord

La campagne de bombardements vise à ralentir l'EI dans sa course, en détruisant dépôts de munitions, véhicules et puits de pétrole, force de frappe financière du groupe jihadiste.

L'appui aérien (...) de nos alliés irakien et kurde a permis d'endiguer la dynamique de conquête territoriale de (l'EI) et de stabiliser les lignes de front. C'était notre premier objectif et nous l'avons atteint"


a estimé M. Le Drian.

Pas de combattants au sol

Parallèlement, les pays de la coalition, qui excluent l'envoi de combattants au sol, ont engagé des missions de conseil et d'entraînement auprès de l'armée irakienne afin de l'aider à se reconstituer après sa débandade de l'été dernier. L'état-major américain espère ainsi que les forces irakiennes seront en mesure de lancer une offensive terrestre sur la ville stratégique de Mossoul (nord) en avril-mai, avant le ramadan et les grandes chaleurs de l'été. Pour les épauler, les Etats-Unis ont déployé 1.830 conseillers sur le terrain.

Un sous-marin nucléaire d'attaque

La France a dépêché de son côté une cinquantaine de conseillers, notamment auprès de l'état-major à Bagdad, auxquels s'ajoutent quelques dizaines d'hommes des forces spéciales. Le Charles-de-Gaulle, véritable base aérienne flottante, est accompagné d'un sous-marin nucléaire d'attaque, d'une frégate de défense anti-aérienne (Chevalier Paul) et d'une autre anti sous-marine (le bâtiment britannique Kent), ainsi que d'un pétrolier ravitailleur, soit quelque 2.700 marins embarqués, dont 2.000 pour le seul porte-avions.

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