Vaucluse : le coup de gueule des agriculteurs devant la permanence du député LREM, Adrien Morenas

Une dizaine d’agriculteurs ont organisé mercredi une action devant la permanence du député LREM de la 3ème circonscription du Vaucluse, à l'orée d'une journée de manifestation dans toute la France, pour faire monter la pression sur des négociations commerciales avec la grande distribution.

27/11/2019 - Action des agriculteurs devant la permanence du député LREM, Adrien Morenas, à Carpentras (Vaucluse)
27/11/2019 - Action des agriculteurs devant la permanence du député LREM, Adrien Morenas, à Carpentras (Vaucluse) © F. PORET / FTV
En combinaison maculée de peinture rouge, la dizaine d'agriculteurs membres de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont dénoncé "l'agonie de l'agriculture" à Carpentras, devant la permanence d'Adrien Morenas. 

"# sauve ton paysan, "L’État nous tue", "Un gouvernement en marche arrière", les manifestants ont déployé des banderoles pour dénoncer la politique du gouvernement. Ils ont également déposé un cercueil avec pour épithaphe "-8000 / 2020 Tu étais belle, forte et fière. Aujourd'hui tu ne l'es plus". 

Une action similaire a été menée devant les permanences des députés d'Avignon, Cavaillon et Orange. "Tout ce que fait l'Etat aujourd'hui ne fait pas avancer l'agriculture", dénoncent les agriculteurs en référence à la loi dite Egalim.

⚰️ Journée de deuil pour l'agriculture vauclusienne ! 📢 -8000 ...

Publiée par FDSEA de Vaucluse sur Mercredi 27 novembre 2019
Issue des Etats généraux de l'alimentation et mise en place en début d'année, cette loi était censée ramener du revenu dans les cours des fermes en rééquilibrant les relations commerciales, mais jusqu'ici les agriculteurs disent ne pas vraiment voir de différence.

Les manifestants veulent mettre la pression sur la grande distribution et ses fournisseurs, alors que viennent de commencer les négociations commerciales annuelles qui fixent les prix pour un an.

"Quand on peut voir certains commerces qui ont mis leurs affiches au milieu de tous leurs rayons en disant que les agriculteurs avaient fait augmenter le prix de certaines denrées (…) pour au final avoir une meilleure concurrence de prix, comment voulez-vous que l'on ait bonne presse."

L'arrêté anti-pesticides dans la ligne de mire 

Les agriculteurs dénoncent également le projet d'arrêté anti-pesticides du gouvernement, jugé "hors des réalités". 

Depuis le 18 mai et un arrêté pris par le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) pour bannir les pesticides, plus d’une centaine de communes ont pris des décisions similaires, dont Revest-des-Brousses dans les Alpes-de-Haute-Provence ou Gignac-la-Nerthe, dans les Bouches-du-Rhône. Certaines ont été retoquées par la justice,d 'autres confirmées. 

"On marche sur la tête, les agriculteurs étaient là avant les aménagements qui sont faits et ça va être à nous à encore grignoter sur notre revenu, c'est impossible", dénonce Sophie Vache, présidente de la FDSEA du Vaucluse.

"On voit toujours que l'agriculteur qui pollue, qui a un tracteur, qui a un appareil de traitement et c'est un empoisonneur. Les traitements ça fait partie de l'acte de produire". 

Le gouvernement a promis de tenir compte des résultats d’une consultation publique menée en septembre, avant de publier les textes définitifs pour une entrée en application de l'arrêté au 1er janvier.

Dans un rapport paru le 10 novembre, une mission parlementaire a estimé que la suppression du glyphosate aurait un coût élevé pour les agriculteurs.
 
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