Salmonelle : un éleveur de poules face à la crise

Denis Surgey est inquiet pour la poursuite de son travail dans des conditions pérennes. / © Denis Surgey - DR
Denis Surgey est inquiet pour la poursuite de son travail dans des conditions pérennes. / © Denis Surgey - DR

Un résultat d'analyse montrant la présence de salmonelle et c'est toute son exploitation qui est menacée. Denis Surgey, producteur bio de volailles à Saint-Saturnin-les-Apt (Vaucluse) va devoir trouver une solution. Il est inquiet pour la pérennité de son travail. La solidarité s'organise.
 

Par Sidonie Canetto

Denis Surgey, éleveur de volailles à Saint-Saturnin-les-Apt, a pratiqué un auto-test le 23 septembre dernier dans son exploitation d'élevage de volailles, comme le recommande la règlementation.

Ces tests sont obligatoires et doivent être pratiqués toutes les 8 semaines.

Le 3 octobre dernier, le résulat tombe : positif à la salmonelle. Un résultat couperet pour Denis Surgey qui comprend ce que cela veut dire pour lui, son élevage et son avenir.

Que va-t-il se passer ?

Ce producteur de volailles bio travaille en AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture de Proximité) avec un panel de 400 clients.

La réglementation sanitaire prévoit par un arrêté de 2013, en cas de contrôle positif, l'abattage de toutes les volailles et la mise en place d'un vide sanitaire.

Denis Surgey a réussi a sauver son élevage actuel et obtenir l'autorisation de pouvoir vendre les volailles adultes.

L'éléveur lance un SOS 

Aussitôt le résultat communiqué par les services vétérinaires du Vaucluse, il écrit un courrier à ses adhérents pour les informer de la situation et leur proposer d'acheter une volaille supplémentaire si le coeur leur en dit, histoire de ne pas avoir les abattre.
La solidarité a fonctionné à plein régime et toutes les volailles sont commandées.

Survivre 6 mois sans revenus

L'inquiètude de Denis réside sur la mise en place du vide sanitaire. Ce protocole doit durer un mois à compter du départ de la dernière volaille et avant le nouveau test pour s'assurer de la disparition des traces de salmonelle.

Il faut savoir qu'après le vide sanitaire, et l'autorisation de remise en production des volailles, un poussin va mettre 4 à 5 mois pour atteindre une taille correcte pour la vente.

Cela implique pour Denis un arrêt de son exploitation de 6 mois. 6 mois sans revenus mais des charges mensuelles et des frais qu'il va falloir honorer malgré le manque à gagner. Il n'a droit a aucune indemnité. 

Petits exploitants menacés

Si Denis Surgey reste plutôt confiant quant à l'écoulement de ses volailles actuelles grâce à l'élan de solidarité qui s'est mis en place, il reste inquiet pour la suite.

S'il arrive à se remettre à flot après ces 6 mois qui se profilent, il n'est pas à l'abri d'autres tests positifs dans le temps. C'est tout son travail qui est en danger.

La réglementation auparavant autorisait à procéder à un 2e test pour confirmer ou infirmer la présence de salmonelle. Or depuis 2018, ce deuxième test a été supprimé.

Un coup dur pour les petits exploitants qui n'arrivent pas ou peu à se remettre d'une interruption de travail de 6 mois.

" C'est paradoxal, en agriculture l'accent est mis sur la qualité, le local et le sain, mais avec cette légisalation, les petites exploitations comme la mienne sont condamnées avec la supresion du second test." regrette Denis Surgey.

En 2017, Denis Surgey s'était déjà mobilisé au sein du collectif "Sauve qui poule" contre les mesures de biodiversité imposées aux petites exploitatoins au moment de la grippe aviaire. 

 

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