C'est un nouvel arrivant, très présent en cette période de confinement, l'Ibis falcinelle.

Dans le Parc ornithologique du Pont de Gau, situé aux Saintes-Maries-de-la-Mer, son directeur Frédéric Lamouroux profite aujourd'hui du calme pour observer cet oiseau aux côtés des flamants roses.

"L'Ibis falcinelle s'est développé en Carmargue il y a une dizaine d'années mais on le voyait très peu, c'est une espèce comme le héron souvent à l'écart, mais pas en ce moment", indique Frédéric Lamouroux.

Souvent à l'écart en raison de la présence de visiteurs, l'oiseau marron, roux, doré, au bec arqué vers le sol sort désormais quotidiennement.

Niché sur les branches d'un arbre ou barbotant dans l'eau camarguaise, l'oiseau, un temps menacé, y a trouvé sa place.

"Les conditions d'observation sont optimales. C'est paradoxal, mais on a la chance de faire ce boulot sur site pendant le confinement", admet Frédéric Lamouroux.

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L'oiseau très présent en Camargue. Parc Ornithologique du Pont de Gau

Une espèce un temps menacée

En 2006, l'Ibis falcinelle a failli disparaître en France. 14 couples étaient recensés. En 2020, 1.800 couples ont été répertoriés sur le territoire.

"La population n'est pas encore restaurée complètement, mais grâce à la protection dont elle a bénéficié, elle ne s'est pas éteinte. C'est notamment dans la zone de la réserve naturelle du Scamandre, en Camargue Gardoise que l'oiseau a refait surface", explique Frédéric Larrey, naturaliste marseillais.
L'oiseau profite également de nombreuses petites écrevisses dans les eaux camarguaises pour s'alimenter.

"Ils ont de la nourriture en masse et vivent avec d'autres oiseaux nicheurs. Ils se surveillent mutuellement face au danger", explique Frédéric Larrey.

D'autres oiseaux plus présents

Deux autres espèces sont plus visibles depuis trois semaines : le héron et le passereau des roselières.

Comme l'Ibis falcinelle, ces oiseaux préfèrent en temps normal rester à l'écart, mais la baisse de la fréquentation humaine les fait sortir.

"En général, les tirs de fusil et les visiteurs leur font peur. Là, ils ont moins besoin de s'éloigner pour être tranquilles, donc on peut mieux les observer", admet Frédéric Larrey.

Le nombre de flamants roses est aussi plus important dans le parc ornithologique du Pont de Gau.

2.500 flamants roses mais pas plus de naissances

Alors qu'habituellement on en dénombre environ 1.500 en avril, les employés du parc en ont déjà relevé près de 2.500 lors du dernier comptage fin mars.

Mais cette multiplication des flamants roses ne devrait pas avoir d'incidence directe sur les naissances à venir, contrairement à ce qui a pu être rapporté.
 

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"Le confinement n'a pas d'impact sur le flamant rose qui n'est pas dérangé par l'humain. Et même s'il y en a plus, c'est pas pour autant qu'on aura plus de naissances par la suite", rapporte Frédéric Lamouroux.

"Il y a 70% de nouveaux individus chaque jour. Les flamants gravitent entre la Camargue, Hyères, l'Italie et l'Espagne pour aller vers des zones plus tranquilles avec une meilleure alimentation pour eux. L'augmentation de l'espèce s'observe, elle, sur plusieurs années", déclare Frédéric Larrey.

Le confinement propice à de belles observations

Dans le Parc national des Calanques, à Marseille, la nature reprend également ses droits.

Deux rorquals communs ont pu être observés la semaine dernière, moins dérangés par le trafic maritime. 

Les agents du parc en patrouille en mer ont ainsi noté une densité et une fréquence d'animaux inhabituelles dans les zones interdites à la pêche. Fous de Bassan, hérons cendrés, dauphins en ont aussi profité pour sortir au coeur du parc national.