Un port turc pourrait être choisi pour démanteler le Concordia

Ile du Giglio, 26 février 2014 / © AFP PHOTO / FILIPPO MONTEFORTE
Ile du Giglio, 26 février 2014 / © AFP PHOTO / FILIPPO MONTEFORTE

La Turquie pourrait emporter le marché pour démanteler le paquebot de croisières Concordia qui avait fait naufrage en janvier 2012 sur la côte italienne de l'île toscane du Giglio provoquant la mort de 32 personnes, a annoncé le 17 avril dernier  le chef de la protection civile italienne.

Par Jean Crozier avec AFP

Plusieurs ports italiens sont en lice pour désosser le navire naufragé, aux côtés de sites en Grande-Bretagne, France, Norvège et Turquie.

Alors que la Norvège a fait l'offre la plus avantageuse, les autorités italiennes l'ont écartée car le navire devrait parcourir une longue distance, avec le risque qu'il n'arrive pas entier à destination.

"La solution turque coûterait 40 millions de dollars (29 millions d'euros)", alors qu'un démantèlement dans les ports italiens de Civitavecchia, Piombino ou Gênes serait bien plus coûteux, a déclaré devant le Parlement le chef de la protection civile Franco Gabrielli.


Selon ce dernier, qui est aussi le commissaire gouvernemental à la tête du projet, Civitavecchia a proposé de prendre en charge l'opération "pour 200 millions d'euros, un montant totalement hors des prix du marché".


Un monstre de 300 mètres de long et plus de 60 m de large

Piombino, où l'agrandissement du port est en cours pour devenir un site de démolition des navires militaires, ne sera pas prêt à temps.

Le mastodonte, redressé en septembre lors d'une opération inédite par son envergure, est encore plus gigantesque que lorsqu'il naviguait.

Muni d'une armature de caissons, installés sur ses flancs pour le faire flotter, il mesurera 300 mètres de long et plus de 60 m de large.

Autre grosse difficulté: son tirant d'eau, car sa partie immergée aura une profondeur d'environ 18,5 mètres contre 8 dans une situation
normale.

Même si les autorités "espèrent que ce soit un port italien qui l'emporte", la Turquie risque d'être la meilleure option, selon M. Gabrielli, également parce
que c'est le groupe Costa Croisières (contrôlé par l'Américain Carnival) qui va payer l'addition après avoir déjà déboursé plus de 1,1 milliard d'euros pour renflouerle navire.

"Nous n'avons pas démantelé de bateaux en Italie depuis 25 ans, nos navires militaires sont mis à la casse en Turquie", a-t-il ajouté.

La décision finale pour le choix du port devrait être prise début mai, selon M. Gabrielli.


Calendrier compliqué 

Mais le groupe Costa a jugé improbable que le remorquage du Concordia, encore stationné devant l'île touristique du Giglio, ait lieu en juin, comme prévu.

"Le calendrier est compliqué, nous faisons tout pour respecter les délais fixés mais dire que ce sera chose faite d'ici à juin est vraiment hasardeux", a déclaré l'ingénieur Franco Porcellacchia, en charge du projet pour Costa.


Selon lui, il faudra "sept jours" pour vider les caissons et faire flotter le navire, "la phase la plus délicate", et il faudrait que le port, très actif tout l'été, soit interdit à la circulation pendant cette période.

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