SNCM: le patron de Baja Ferries veut reprendre toutes les lignes

Le patron de la société américaine Baja Ferries, candidate à la reprise de la SNCM placée en redressement judiciaire, a assuré jeudi vouloir reprendre l'intégralité de ses lignes et pouvoir ainsi sauver 800 des quelque 1.500 emplois en CDI de la compagnie.

"Je ne comprends pas comment on peut parler de démantèlement quand justement une offre comme la nôtre va permettre de faire une offre pour les quatre lignes de la DSP (délégation de service public pour assurer la continuité territoriale avec la Corse) et les lignes du Maghreb", a déclaré Daniel Berrebi.

"On va pouvoir faire une offre pour un projet nouveau qui va sauver 800 emplois et qui va permettre de faire de Marseille à nouveau un fleuron du transport de ferries en Méditerranée", a-t-il poursuivi, se disant "intéressé uniquement par le tout" et non par des lots: "C'est la seule façon de faire repartir une excellente compagnie avec des cadres et des marins qui connaissent bien leur métier".

"Je pense qu'il y aura plusieurs autres propositions le jour du dépôt des offres", a encore jugé Daniel Berrebi.

Extrait du journal du 18/12/14, entretien avec Daniel Berrebi, patron de la société américaine Baja Ferries, candidate à la reprise de la SNCM, interrogé par Alain Verdi


Mercredi, le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a annoncé que Bruxelles avait donné son feu vert au transfert "en plusieurs lots" de la délégation de service public dans le cadre de la reprise de la SNCM. Cette décision a ravivé à Marseille les craintes d'un démantèlement de la compagnie maritime, placée en redressement judiciaire le 28 novembre.

L'autre enjeu du placement en redressement judiciaire de la compagnie est la possibilité de ne pas rembourser plusieurs centaines de millions d'euros d'aides indûment perçues selon les autorités européennes.

Pour obtenir l'annulation de ces pénalités, l'Etat, actionnaire à 25% de la compagnie maritime, a soutenu son placement en redressement judiciaire, provoqué début novembre par l'actionnaire majoritaire (à 66%), Transdev, qui a exigé avec sa maison-mère Veolia le remboursement de 117 millions d'euros de créances.

Avant le dénouement des tractations entre Paris et Bruxelles, la direction de la SNCM évoquait "cinq ou six" repreneurs potentiels. Chroniquement déficitaire, la SNCM emploie environ 2.000 salariés, dont 1.500 en CDI, et fait vivre de nombreux sous-traitants sur le port de Marseille.