Assemblée de Corse : l'eau, une démarche globale

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. Ce vendredi 17 décembre, l’Assemblée de Corse voté le SDAGE, le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux entre 2022 et 2027. Tous les groupes y sont favorables, hormis Core in Fronte qui n’a pas pris part au vote.

La gestion de l’eau entre 2022 et 2027 en Corse a été votée ce vendredi 17 décembre à l’Assemblée de Corse. Voilà maintenant 12 ans que la Collectivité de Corse dispose d’un SDAGE (schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux). Un outil réglementaire devenu capital tant pour orienter la gestion de l’eau à l’échelle du bassin hydrographique (la Corse), que pour sa portée politique et juridique.

Pour les six ans à venir, le SDAGE élaboré par le Comité de Bassin et présenté par Gilles Giovannangeli, le président de l’Office d’Equipement Hydraulique de la Corse, s’articule en plusieurs orientations fondamentales. De l’anticipation et l’adaptation au changement climatique à la lutte contre les pollutions, le schéma ratisse large, mais ne se limite pas aux orientations générales. "Il y a une volonté d’inscrire l’eau dans une démarche globale de développement en prenant mieux en compte les relations entre la politique de l’eau et l’aménagement du territoire ou même le tourisme surtout sur le littoral, évoque Gilles Giovannangeli lors de la présentation des son rapport. Le SDAGE se déclinera en 163 mesures territorialisées grâce à la mise en œuvre de PTGE", les Projets de Territoire pour la Gestion de l’Eau. "Le but est aussi d’aider les communes, communautés de communes et EPCI à mettre en place leurs mesures notamment de traitement et d’épuration des eaux" poursuit-il avant d’ajouter que les SDAGE doit être un projet collectif.

"Nous sommes sceptiques sur les moyens financiers"

À droite on partage ce constat, mais Marie-Thérèse Mariotti craint que les problématiques connues sous les précédentes moutures du SDAGE, soient retrouvées pour les prochaines années. "Nous validons les orientations […]  Mais il y a peu de moyens humains associés et peu de visibilités. Comment cela va se traduire, est-ce qu’une collectivité va encore devoir suivre le parcours du combattant ?". À cela s’ajoute l’inquiétude sur la partie économique. "Nous souscrivons bien évidemment, mais nous sommes sceptiques sur les moyens financiers".

Saveriu Luciani, l’ancien président de l’OEHC réaffirme que c’est le SDAGE auquel il a contribué qui a été voté ce jour, concluant "nous votons ce SDAGE, il doit être celui du peuple corse". Une position que partage Paul-Félix Benedetti, mais pour lui le bémol est la gouvernance "la Corse a un comité de bassin depuis 2003, et la CdC a confié son secrétariat donc sa gestion, à l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse. Je considère qu’aujourd’hui on doit reprendre la main".

C’est à ce titre que le chef de file de Core in Fronte a décidé de ne pas prendre part au vote. Le SDAGE a finalement obtenu logiquement l’unanimité et l’exécutif pourra compter sur l’approbation de la droite et des autres autonomistes d’Avanzemu. Pas de surprise donc mais une bonne nouvelle, mitigée par les craintes de la territorialisation du plan, qui pose souvent problème aux plus petites échelles, alors que les initiatives et mesures se font de plus en plus nombreuses.