La classe politique corse attend des actes après les annonces du Premier ministre Jean Castex sur la décentralisation

Les élus corses, qui sont globalement favorables à la "nouvelle étape de la décentralisation" annoncée par Jean Castex, espèrent que les annonces du Premier ministre seront suivies de faits.
Illustration. Le Premier ministre a annoncé l'organisation d'une consultation avec les partis politiques et les élus locaux sur le maintien des élections régionales et départementales.
Illustration. Le Premier ministre a annoncé l'organisation d'une consultation avec les partis politiques et les élus locaux sur le maintien des élections régionales et départementales. © Xinhua News Agency/Newscom/MaxPPP
Jean Castex a dévoilé son jeu. À l’occasion de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, mercredi, le Premier ministre a présenté les nombreuses mesures qui vont accompagner la fin du quinquennat. Parmi elles, il a annoncé "une nouvelle étape de la décentralisation" en affirmant qu’un "droit à la différenciation" des territoires serait consacrée dans une loi organique. Il souhaite également "une évolution profonde de l'organisation interne de l'Etat", avec un "binôme maire-préfet plus cohérent et plus efficace".

En Corse, qui dispose d’un statut particulier, les annonces de Jean Castex ont fait réagir. Jean-Jacques Ferrara, député Les Républicains de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud, est favorable à la décentralisation mais a voté contre la confiance au Premier ministre. "Je n’ai guère d’illusion, c’est court. Il nous reste peu de temps, avec les élections sénatoriales puis territoriales avec les départementales, et le début de la campagne présidentielle. Il ne faut pas se leurrer."

"Il faut donner de la liberté et de la respiration aux territoires" - Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l’Avvene à l’assemblée de Corse


L’opposition à l’assemblée de Corse s’est réjouie de la distinction entre décentralisation et déconcentration exprimée par Jean Castex. "Le préfet de région doit être un interlocuteur privilégié, y compris du président de la Collectivité de Corse, explique Jean-Charles Orsucci, conseiller territorial Andà Per Dumane. Il ne faut pas opposer les choses, les deux mouvements sont indispensables. Déconcentration, décentralisation, davantage de pouvoir à la Collectivité de corse et au préfet de région."

Pour Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l’Avvene à l’Assemblée de Corse, "cette disposition nous agrée". Et d’ajouter : "Nous verrons au moment de la déclinaison de l’offre si le compte y est. Je suis un régionaliste convaincu, je pense qu’il faut donner de la liberté et de la respiration aux territoires."

Côté Femu a Corsica, le contenu de la loi organique sera étudié scrupuleusement. Jean-Félix Acquaviva, député de la 2ème circonscription de Haute-Corse, et Michel Castellani, député de la 1ère circonscription, se sont abstenus lors du vote de confiance. "Nous espérons que ce sera suivi de faits tangibles, de dialogue avec les élus de la Corse et de traductions dans les six mois à venir. Il a 600 jours, notamment pour le projet de loi organique sur la décentralisation", déclare Jean-Félix Acquaviva.

Pour le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, la loi de plein exercice passe "au minimum par une loi organique, et sans doute de façon quasi-certaine par une révision constitutionnelle". Il espère que le nouveau gouvernement conduit par Jean Castex aura la volonté "d’aller sur ce chemin", en soulignant qu’il n’y a pour l’instant eu "aucun signe politique vers la Corse".

Coté Corsica Libera et PNC (Parti de la nation corse), les déclarations de Jean Castex ne suscitent pas d’enthousiasme particulier. Le député de la 2e circonscription de Corse-du-Sud Paul-André Colombani a voté contre la confiance au Premier ministre.
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