Coronavirus : trop de cas de Covid-19, après l'Allemagne, la Suisse classe désormais la Corse en zone à risque

La Corse a été déclarée "zone à risque" par l’Allemagne et la Suisse en raison de la recrudescence de cas de Covid. Une hausse nationale qui va obliger la France à "prendre des décisions difficiles", selon le Conseil scientifique.

Illustration. Arrivée en bateau à Bastia (Haute-Corse).
Illustration. Arrivée en bateau à Bastia (Haute-Corse). © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Après l'Allemagne le 10 septembre, c'est désormais au tour de la Suisse, ce vendredi 11 septembre, de déclarer la Corse comme une "zone à risque" en raison du nombre important de cas d'infections au nouveau coronavirus.

Les touristes suisses revenant de Corse devront ainsi impérativement se soumettre à une quarantaine de 10 jours. Les allemands ayant séjourné sur l'île de beauté sont contraints, de leur côté, à se soumettre à un test de dépistage et demeurer en quarantaine en l'attente des résultats.

Outre la Corse, cinq régions françaises ont été déclarées "zones à risque" par Berlin : l'Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes.

Le gouvernement suisse place de son côté neuf régions en "risque élevé" : le Centre-Val de Loire, la Corse, les Hauts-de-France, l'Ile de France, la Normandie, la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie, les Pays de la Loire et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que huit territoires d'outre-mer.

En cause, une recrudescence importe des cas de Covid-19 en France. "On a un nombre de nouvelles infections en France qui dépasse déjà aujourd'hui ce qu'il y avait en mars-avril. C'est une situation à prendre au sérieux", a indiqué le ministre de la Santé suisse, Alain Berset, en conférence de presse. 

Si les zones frontalières ont été volontairement exclues du système de quarantaine, "cela n'exclut pas qu'elles puissent y figurer en cas de "hot spot"", précise le ministre. 
 

Des décisions difficiles à prendre dans les huit à dix jours

Jean-François Felfraissy, président du Conseil scientifique

En France, la hausse importante du nombre de cas de contamination au coronavirus au cours des dernières semaines est également prise très au sérieux.

Mercredi 9 septembre, le  président du conseil scientifique qui s’exprimait devant le Sénat, a indiqué que le gouvernement français allait "être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles dans les huit à dix jours maximum", qualifiant d'"inquiétant" le niveau de l'épidémie de Covid-19 dans le pays.

8.000 nouveaux cas en France en 24 heures

Plus de 8.000 nouveaux cas de Covid-19 ont été comptabilisés en France mercredi. Un chiffre supérieur à celui des deux derniers jours, même s’il faut noter que le nombre de patients entrés en réanimation est en baisse, selon les données de la Direction générale de la santé (DGS).

Le conseil scientifique et moi-même sommes persuadés qu’il ne faut pas revenir à un confinement

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique

Ce jeudi sur RTL, le professeur Jean-François Delfraissy a précisé : "Le conseil scientifique et moi-même sommes persuadés qu’il ne faut pas revenir à un confinement. les enjeux ne sont pas que sanitaires, ils sont également sociétaux et économiques. Donc le choix ne sera pas uniquement sanitaire. Mais on voit également que depuis plusieurs semaines le virus recommence à circuler de façon inquiétante. Les chiffres montrent que le système de soins, en particulier le nombre de lits de réa, va être bousculé à partir de la mi-octobre ou début octobre dans certaines régions".

Or toujours selon le président du conseil scientifique, le temps presse. "Toutes mesures prises par le politique met trois semaines avant d’avoir un retentissement ; une décision prise maintenant aura des effets bénéfiques début octobre. Donc plus on attend, plus il y aura un emballement du virus".

Visites interdites dans les hôpitaux de Corse

Cette hausse de cas est aussi constatée en Corse, comme en atteste les chiffres de l’ARS : on dénombre 157 cas positifs au cours des trois derniers jours, ce qui porte le total de personnes testées et contaminées, au dernier bilan du 10 septembre, à 975 depuis le 1er juillet.

Cette hausse a valu à la Corse d'être classée zone rouge depuis le 5 septembre. Un classement qui a des conséquences sur la vie quotidienne des insulaires : outre la fermeture des bars à minuit, en vigueur depuis lundi, les visites sont désormais interdites dans les hpôpitaux d'Ajaccio et de Bastia.

"Certaines visites restent autorisées, comme par exemple en maternité, mais c'est uniquement au cas par cas, précise le directeur de l'hôpital de Bastia Jean-Michel Defour, car nous devons portéger les personnes fragiles".

Hausse forte en Paca

Sur le continent, cette  recrudescence particulièrement inquiétante en région PACA, avec 539 personnes hospitalisées (+ 143 au cours des dernières 24 heures).

Maintien du chômage partiel

Le gouvernement se refuse en tout cas très clairement à envisager l'hypothèse d'un reconfinementt du pays.

Ainsi, les salariés du privé contraints de garder leurs enfants en raison de la fermeture de leur crèche, école ou collège et qui seront dans l'impossibilité de télétravailler pourront encore bénéficier du chômage partiel, ce que Jean-Baptiste Lemoyne a confirmé jeudi à Bonifacio (Corse-du-Sud).

"Le chômage partiel, on va le poursuivre jusqu'à l'été prochain. On ne vous lâchera pas !", a assuré le secrétaire d'etat au Tourisme à une assemblée de professionnels du tourisme.

Il faut dire que le secteur ne cache pas ses grandes inquiétudes quant à l'avenir de l'économie insulaire. Inquiétudes soulignées avec force par la Chambre de commerce et d'industrie qui estime que plus de 3.000 entreprises insulaires seraient au bord du dépôt de bilan et que 6.000 emplois sont menacés dans l'île suite à la crise sanitaire de la Covid-19. La CCI de Corse a chiffré son plan de relance à 2,5 milliards d'euros.

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