Covid19 en Corse : "n'écoutez pas les Fake News, la sécurité des gens est en jeu", la parole aux soignants

Frappé de plein fouet par la première vague de l'épidémie de coronavirus, le service de réanimation du centre hospitalier d'Ajaccio traverse actuellement la seconde avec un peu plus de sérénité. Néanmoins, les professionnels appellent à la plus grande vigilance. Témoignages. 
Alors que le centre hospitalier d'Ajaccio traverse la seconde vague de coronavirus, des soignants du service de réanimation témoignent.
Alors que le centre hospitalier d'Ajaccio traverse la seconde vague de coronavirus, des soignants du service de réanimation témoignent. © Pascal Pochard-Casabianca / AFP
Ils sont en première ligne depuis un an. En cette fin novembre, le service de réanimation du centre hospitalier d'Ajaccio traverse la seconde vague de l'épidémie de coronavirus. 

Si elle n'a pas été aussi forte qu'annoncée, "l'inquiétude est latente", déclare Karine Galleyn, cadre de santé. " Dès qu'un patient arrive, on a toujours ce petit stress et ce questionnement, car ça montre qu'il y a toujours la possibilité d'être touché. On prend les précautions qu'il faut, sans arrêt, tous les jours."Une inquiétude d'autant plus forte que le gouvernement a annoncé un allègement du confinement le 28 novembre dernier. "C'est nécessaire, mais les gens doivent être conscients que l'on doit encore faire attention", prévient Marjorie Celli, infirmière. 

"Il faut nous croire"

Après 16 ans de carrière en réanimation, Marjorie Celli est particulièrement touchée par les Fake News. "Il faut arrêter, ça va à l'encontre de la sécurité des gens", lâche-t-elle. 

Dans son viseur, certaines prises de position dans les médias et les réseaux sociaux. "Lorsque l'on lit ou entend : 'Je sais de source sûre que la réa est vide', alors qu'on n'arrête pas, ça fait mal."

C'est inadmissible d'entendre ces Fake News. Comment des gens qui ne sont pas médecins peuvent diagnostiquer un non covid. On attend que l'on nous croie, nous les petites mains qui sommes auprès des patients.

Marjorie Celli, infirmière en réanimation au centre hospitalier d'Ajaccio.

Alors pour que tout un chacun appréhende sa vérité, la vérité, elle décrit son quotidien. Ces patients sans antécédents particulier qu'elle intube, qu'elle endort en leur serrant la main, dont elle voit les poumons se dégrader en quelques semaines et qui parfois meurent. 

"Par respect pour ces personnes, c'est inadmissible d'entendre ces Fake News. Comment des gens qui ne sont pas médecins peuvent diagnostiquer un non covid. On attend que l'on nous croie, nous les petites mains qui sommes auprès des patients", complète-t-elle la voix tremblante. 

"Les hôpitaux peuvent vite être saturés"

L'équipe est unanime, la maladie touche tout le monde. "C'est quelque chose qu'on n'avait jamais vu, qu'on n'avait jamais vécu, ici, nous voyons arriver des patients, jeunes comme personnes âgées, arriver dans des états critiques", alerte Sébastien Luvari, aide-soignant en réanimation.

On est une île, on n'a pas énormément d'hôpitaux donc ça peut vite être saturé et très compliqué.

Karine Galleyn, cadre de santé au centre hospitalier d'Ajaccio.

Afin d'éviter une troisième vague, les professionnels de santé appellent à continuer de respecter les gestes barrières. "On est une île, on n'a pas énormément d'hôpitaux donc ça peut vite être saturé et très compliqué", reprend Karine Galleyn. 

Depuis le début de l'épidémie, la Corse a enregistré 133 décès liés au Covid19, 49 sont survenus depuis le 13 septembre. 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société