Port de Porto-Vecchio : Où en sont les travaux ?

Après avoir défrayé la chronique, l'extension du port de Porto-Vecchio est en cours. L'important chantier est actuellement dans sa phase la plus importante depuis que les travaux ont débuté il y a près de deux ans.

Cela fait vingt mois que camions, barges et ouvriers d'entreprises spécialisées sont à l'œuvre sur le port de Porto-Vecchio. En mer et sur terre, le chantier de l'extension de la structure portuaire semble avoir trouvé son rythme, après un démarrage retardé.

Autorisés en 2015, les travaux n'ont commencé qu'en avril 2022. Une date butoir après que la commune avait obtenu une prorogation des autorisations de deux ans en 2020. 

D'une durée maximale de 8 ans, le chantier devrait être livré "à l'horizon 2027" indique-t-on du côté des autorités municipales.  

Le projet initial, d'un montant de 106 millions d'euros - dont 52 millions financés par des emprunts - a été revisité. Le coût total pourrait atteindre les 130 millions.

Après avoir reçu 20 millions d'euros de l'Etat en 2021, la Ville, qui est maître d'ouvrage, espère une rallonge de 10 millions d'euros, via le PTIC (Plan de transformation, d'innovation et d'investissement pour la Corse).

Au terme des travaux, la capacité d'accueil du port sera plus que doublée, passant de 380 à plus de 800 anneaux, dont 95% réservés à la petite et moyenne plaisance. À terre, 700 places de parking sont également prévues.  

Nos équipes se sont rendues sur le chantier où entreprises et services de la Ville doivent respecter à la fois le calendrier ainsi que les contraintes environnementales et financières.

Le reportage de Marie-France Giuliani, Jean-Philippe Mattei et Ophélia Felipe : 

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. ©M.-F. Giuliani - J.-Ph. Mattei - O. Felipe

Ingénieur de formation et chargé de mission à la mairie de Porto-Vecchio, Julien Galichet supervise les travaux pour le maître d'œuvre. Il fait le point sur le chantier.

France 3 Corse : Quelles sont les opérations en cours actuellement sur le chantier ?  

Julien Galichet : Actuellement, nous avons trois opérations en cours : la première consiste à réaliser la cale de mise à l'eau qui sera opérationnelle d'ici le mois de mars prochain. De l'autre côté, grâce à une barge, on va réaliser un quai sur pieux. Les pieux seront livrés dans les jours à venir. Puis, un peu plus loin, une autre barge va nous permettre de réaliser le déroctage, c’est-à-dire le minage maritime.

Le déroctage nécessite une réglementation particulière ?

Oui, tout à fait. Comme il s'agit de manipuler des explosifs, il faut évidemment répondre à un certain nombre d'exigences réglementaires. D’un point de vue environnemental, il s’agit de préserver la faune autour du tir. Nous avons également installé un filet antimatériaux. Il permet de contenir l'ensemble des matières en suspension qui pourraient arriver pendant le terrassement maritime. Cela reste donc dans la zone confinée et cela évite de déposer de la matière sur les herbiers, ce qui empêcherait leur photosynthèse.

Le chantier est dans sa phase la plus importante depuis qu'il a débuté au printemps 2022. Combien de personnes travaillent dessus ? Qu’est-ce que cela représente en termes de coûts ? 

C’est effectivement la phase la plus importante depuis le début des travaux. Nous venons de la commencer et cela va monter en puissance. Aujourd'hui, nous avons une vingtaine d’ouvriers qui travaillent sur site. Plusieurs entreprises locales sont mobilisées : Ciabrini, Natali et Agostini. Il y a aussi les sociétés Océlian et Terélian qui sont des filiales du groupe Vinci.

Cette tranche-là du chantier coûte environ 40 millions d’euros. Sur un an et demi, cela représente plusieurs centaines de milliers d’euros investis par jour en travaux publics. Cette phase de travaux en appelle d’autres qui seront tout aussi conséquentes avec le couplage avec les aménagements terrestres. 

Concernant le quai nord, quand sera-t-il terminé ?  

Très probablement à l'automne prochain, avec une interruption des travaux entre le 15 juin et le 15 septembre. On va terrasser un terre-plein et on va donc retirer tous les rochers, toute la terre qui est ici pour la réemployer à l'intérieur du casier de dépôt nord, et construire ensuite les futurs bâtiments. 

Malgré les difficultés que l'on peut rencontrer sur un tel chantier, le port peut-il être livré dans les temps ?  

La principale difficulté réside dans la gestion de toutes les entreprises en même temps. Que ce soit sur la partie maritime et sur la partie terrestre, il faut tout faire pour que cela s’imbrique parfaitement et que l'on puisse délivrer l'ensemble du port, dans sa configuration finale, à l'horizon 2027. À ce stade, on n'a pas de retard. On maîtrise à la fois les coûts et la qualité de la construction.