"Ceux qui nous font face aujourd'hui ont bien des raisons de nous craindre", le mouvement Mossa Palatina officiellement lancé à Ajaccio

Le mouvement Mossa Palatina, suite de l'association Palatinu, a été officiellement lancé, ce samedi, au palais des congrès d'Ajaccio. Les membres du parti ont clairement affiché leur intention de peser sur le terrain électoral corse, avec en ligne de mire un objectif annoncé : faire tomber la majorité territoriale.

Plus d'une heure de discours, et nombre de reproches adressés à la majorité territoriale : Nicolas Battini n'a pas mâché ses mots, à l'occasion du lancement officiel du mouvement Mossa Palatina, qu'il préside, ce samedi 9 mars.

Une prise de parole au cours de laquelle le doctorant en langue et culture corse, - et ancien responsable du pôle idées au sein de Femu a Corsica -, a notamment ciblé à plusieurs reprises celui qu'il considère comme son unique adversaire, le président de l'exécutif insulaire, raillant un "Saint Gilles [Simeoni, ndlr] de Lozzi, protecteur des wokes et des immigrés, pourfendeur des xénophobes et des ennemis du bien".

Défendre "l'identité corse"

Un nouveau parti qui entend combattre un "ennemi tricéphale", assure son président : le jacobinisme, le wokisme, et l'islamise. Des termes répetés comme un leitmotiv dans les diverses allocutions qui se sont succédé sur la scène du palais des congrès d'Ajaccio. Avec comme axe principal de lutte, notamment, "l'immigration", "un danger pour la Corse comme pour le reste de l'occident démocratique", estime Nicolas Battini.

"Nous pensons que toutes les immigrations, dès lors qu'elles franchissent un seuil, sont dangereuses pour la consistance culturelle et les profondeurs identitaires du peuple d'accueil", précise-t-il, ajoutant ne pas nécessaire établir "de hiérarchie" en question de migrations, mais relevant néanmoins "que la question de l'islamisme est principalement posée par une immigration particulière". 

Toutes les immigrations, dès lors qu'elles franchissent un seuil, sont dangereuses pour la consistance culturelle et les profondeurs identitaires du peuple d'accueil

Vice-président de Mossa Palatina, Paul Marchione abonde de son côté son intention de défendre "les thèmes qui ont été abordés au fondement du nationalisme corse, c’est-à-dire, tout simplement, la défense de l'identité corse. Et comme nous la sentons menacée, nous souhaitons la défendre. En ce sens, nous sommes fondamentalement nationalistes."

Une défense et un combat directement issu de son héritage personnel, poursuit-il, "puisque je suis issu de cette mouvance nationaliste, avant même l'existence de Mossa Palatina. Pour moi, c'est totalement cohérent, et cela rejoint les luttes du nationalisme depuis la fin du XIXe siècle."

L'ambition de peser sur l'échiquier politique insulaire

Plus qu'un simple nouveau mouvement politique, les membres de Mossa Palatina ont surtout affirmé leur intention de peser sur l'échiquier politique. Et ce, en présentant un candidat pour chacune des élections.

"Nos ambitions consisteront précisément à faire exister d'un point de vue électoral les aspirations populaires auxquelles notre discours correspond, tranche Nicolas Battini. Et par là même, d'exercer une pression continue et régulière sur la totalité du champ politique pour faire valoir la légitimité et la nécessité d'intégrer le discours que nous portons dans les politiques publiques."

Nous disposons aujourd'hui d'une base populaire et d'une base militante tout à fait conséquente, extrêmement jeune et dynamique.

Le président de Mossa Palatina en est convaincu : aujourd'hui, Gilles Simeoni, "et un certain nombre de cadres dans l'autonomisme et dans le nationalisme en général, sont parfaitement conscients que le discours [que le mouvement porte, ndlr] correspond à une large tendance, une large aspiration de la base nationaliste non seulement militante, mais aussi électorale."

Raison pour laquelle, toujours selon Nicolas Battini, "ils s'inquiètent tous beaucoup. Et je pense que ceux qui nous font face aujourd'hui ont en effet bien des raisons de nous craindre." Il insiste : "Nous disposons aujourd'hui d'une base populaire et d'une base militante tout à fait conséquente, extrêmement jeune et dynamique. Il est évident que cela se traduira d'un point de vue électoral."

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"Ceux qui nous font face aujourd'hui ont bien des raisons de nous craindre", le mouvement Mossa Palatina officiellement lancé à Ajaccio ©Stéphane Poli, Mathias Landry, Lisa Gamonet

Plus de 400 personnes ont fait le déplacement ce samedi pour assister au lancement de Mossa Palatina. Dans la foule, une très large majorité d'inconnus de la scène politique insulaire, mis à part Olivier Battestini, ancien candidat aux législatives du parti Reconquête! d'Eric Zemmour.

"Je suis à la fois avec Zemmour et à la fois avec Nicolas Battini, pour la bonne raison que ce combat, c'est peut-être le dernier que nous allons devoir mener. Les civilisations sont mortelles, et nous assistons peut-être à la fin de notre civilisation", alerte celui-ci.

Vers un soutien à Reconquête ?

Reste que malgré les ambitions électorales affichées, Mossa Palatina ne sera représenté par aucun candidat pour le scrutin des Européennes, en juin prochain. Si le parti n'apportera aucun soutien officiel, son président a néanmoins fait part de sa bienveillance à l'égard de la candidature de Marion Maréchal, tête de liste des troupes de Reconquête, en assistant notamment récemment à l'un de ses meetings.

Une participation sur laquelle Nicolas Battini s'est par ailleurs expliqué, ce lundi 11 mars, indiquant une présence "pleinement assumée et revendiquée".

"Ouverte sur la question de l'autonomie, favorable à la défense de la langue corse, partisane de la préférence régionale à l'emploi et au logement, comme elle le déclara publiquement en décembre dernier, elle est à nos yeux une amie de la Corse et de son peuple. Elle le sera tant qu'elle maintiendra cette ligne", indique Nicolas Battini, précisant que les reproches d'autres nationalistes "nous laissent de marbre. Nous en rions volontiers."